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Comment Ursula von der Leyen et la Commission européenne ont d'abord approuvé tacitement la sortie du nucléaire et la condamnent aujourd'hui comme une erreur fatale

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Publié le : 11 mars 2026 / Mis à jour le : 10 avril 2026 – Auteur : Konrad Wolfenstein

Comment Ursula von der Leyen et la Commission européenne ont d'abord approuvé tacitement la sortie du nucléaire et la condamnent aujourd'hui comme une erreur fatale

Comment Ursula von der Leyen et la Commission européenne ont d'abord approuvé tacitement la sortie du nucléaire, avant de la condamner comme une erreur fatale – Image : Xpert.Digital

Une leçon historique d'hypocrisie politique, d'incertitude réglementaire et d'auto-sabotage industriel

Le retour à l'énergie nucléaire : le rêve vert de l'Europe est-il voué à l'échec face à une dure réalité ?

Longtemps considéré comme un exemple brillant d'une Europe climatiquement neutre, alimentée par l'éolien, le solaire, l'hydrogène et une stricte efficacité énergétique, le Pacte vert pour l'Europe a vu son nucléaire apparaître comme une relique politique au niveau européen, son abandon progressif dans les principaux États membres faisant l'objet d'un consensus tacite. Or, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, opère aujourd'hui un revirement de politique énergétique sans précédent : lors du Sommet mondial sur le nucléaire à Paris, elle a qualifié, à la surprise générale, l'abandon antérieur du nucléaire d'« erreur stratégique » et annoncé des millions d'euros de subventions pour de nouveaux réacteurs. Ce regain d'intérêt soudain pour le nucléaire est-il une correction nécessaire face à la crise énergétique mondiale et aux objectifs climatiques ambitieux ? Ou assistons-nous plutôt à la manœuvre opportuniste d'une femme politique qui adapte son programme à l'évolution du contexte politique ? Cette analyse approfondie examine les données économiques concrètes qui sous-tendent ce nouvel engouement pour le nucléaire, révèle des dépendances dangereuses à l'égard de l'uranium russe et évalue de manière critique le coût réel de la transition énergétique européenne.

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Le revirement nucléaire d'Ursula von der Leyen : une analyse économique du paradoxe de la transition énergétique européenne

Quand l'architecte du Green Deal sape ses propres fondements

Le 10 mars 2026, lors du Sommet mondial de l'énergie nucléaire à Boulogne-Billancourt, près de Paris, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prononcé des paroles impensables quelques années auparavant. Elle a déclaré que l'abandon du nucléaire avait été une erreur stratégique et que l'Europe avait tourné le dos à une source d'électricité fiable, abordable et à faibles émissions. Alors qu'en 1990, un tiers de l'électricité européenne provenait du nucléaire, ce chiffre est aujourd'hui tombé à un peu moins de 15 %. L'UE n'est ni productrice de pétrole ni de gaz, a-t-elle affirmé, et l'Europe souhaite participer à la renaissance mondiale de l'énergie nucléaire. Parallèlement, elle a annoncé 200 millions d'euros de garanties contre les risques pour les investisseurs privés dans les nouvelles technologies nucléaires, ainsi qu'une stratégie européenne pour les petits réacteurs modulaires (PRM), dont la mise en service est prévue pour le début des années 2030.

Ces déclarations marquent une rupture fondamentale avec la communication sur la politique énergétique menée par Ursula von der Leyen depuis sa prise de fonctions à la présidence de la Commission en décembre 2019. Ce changement de cap soulève de nombreuses questions, non seulement sur l'avenir de la politique énergétique européenne, mais surtout sur la crédibilité politique de la dirigeante la plus influente de l'Union européenne. Cette analyse retrace le parcours de Bruxelles en matière de politique énergétique, examine les réalités économiques qui sous-tendent le renouveau du nucléaire et s'interroge sur la pertinence de ce changement de cap : repose-t-il sur une réévaluation factuelle ou relève-t-il simplement d'un opportunisme politique ?.

Le Pacte vert de 2019 : l’alunissage de l’Europe sans moteurs nucléaires

Lorsqu'Ursula von der Leyen a présenté le Pacte vert pour l'Europe au Parlement européen le 11 décembre 2019, onze jours seulement après son entrée en fonction, elle l'a comparé à un véritable alunissage pour l'Europe. Ce programme ambitieux visait à faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre d'ici 2050, à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 à 55 % d'ici 2030 par rapport à 1990 et à instaurer une taxe carbone globale aux frontières. Il s'articulait autour de la neutralité climatique, d'une ambition accrue, d'un prix du carbone effectif, d'une vague de rénovations, de la mobilité durable et d'une économie circulaire.

Ce qui a particulièrement brillé dans le discours fondateur du Pacte vert et dans les documents officiels ultérieurs de la Commission, c'est l'absence de toute mention substantielle de l'énergie nucléaire en tant qu'élément stratégique de la décarbonation de l'Europe. La Commission a, au contraire, mis l'accent sur les investissements dans l'innovation, les technologies propres et les infrastructures vertes, principalement l'éolien, le solaire, le stockage, l'efficacité énergétique et la mobilité propre. Le résumé officiel du Pacte vert évoque une économie moderne, économe en ressources et compétitive, dont la transformation de l'approvisionnement énergétique, des transports et de l'industrie vise à rendre l'Europe plus durable. L'énergie nucléaire n'y est tout simplement pas mentionnée comme une technologie clé.

Dans les documents officiels du Pacte vert pour l'Europe, l'énergie nucléaire était mentionnée, au mieux, de manière neutre sur le plan technologique, comme faisant partie intégrante du bouquet énergétique existant des États membres, sans soutien politique ni stratégie claire pour en faire un pilier central de la décarbonation européenne. La section consacrée à l'énergie propre et sûre privilégiait la réduction de la consommation d'énergies fossiles, le développement des énergies renouvelables et l'accélération des procédures d'autorisation. Même le plan REPowerEU de 2022, qui visait à réduire drastiquement la dépendance aux importations d'énergies fossiles en réponse à l'agression russe en Ukraine, mettait l'accent sur les économies d'énergie, la diversification des approvisionnements et l'adoption accélérée des énergies renouvelables. L'énergie nucléaire n'y occupait pas non plus une place prépondérante.

Sur le plan politique, la Commission a envoyé un signal clair : la voie verte de l’Europe repose sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. La réduction progressive du nucléaire dans plusieurs États membres, notamment en Allemagne, n’a pas été remise en question. Au contraire, toute la stratégie de communication du Pacte vert laissait entendre que la neutralité climatique pouvait être atteinte grâce aux éoliennes, aux pompes à chaleur et aux panneaux solaires, sans que Bruxelles ait à défendre activement l’énergie nucléaire ni même à la présenter comme indispensable.

L'ombre persistante de Fukushima et le parcours particulier de l'Allemagne

Pour saisir toute l'ampleur du changement de politique actuel, il est essentiel de comprendre l'histoire de la politique nucléaire européenne. La catastrophe nucléaire de Fukushima, survenue le 11 mars 2011, a profondément bouleversé le paysage énergétique européen, même si son impact a été très variable. Au niveau de l'UE, la réaction immédiate a été la mise en œuvre de tests de résistance pour l'ensemble des 143 centrales nucléaires de l'Union européenne. Le commissaire européen à l'Énergie de l'époque, Günther Oettinger, a convoqué une réunion d'urgence avec les ministres de l'Énergie et les autorités de régulation quelques jours plus tard, qui a abouti à un accord unanime sur la réalisation d'examens de sûreté à l'échelle européenne.

Ces tests de résistance, cependant, étaient volontaires et principalement informatisés, ce qui leur a valu de vives critiques de la part des écologistes. Le test de résistance de l'UE a permis, pour la première fois, un examen à l'échelle de l'UE de toutes les centrales nucléaires sur la base de critères communs, mais il n'a jamais constitué une stratégie de sortie du nucléaire à l'échelle européenne. La sortie effective du nucléaire est restée une décision nationale, principalement allemande.

L'Allemagne avait déjà opté pour la sortie du nucléaire en 2002 sous le gouvernement Schröder (rouge-vert), avant de revenir sur cette décision sous la coalition Merkel (noir-jaune), puis de l'accélérer après la catastrophe de Fukushima en 2011. Les trois dernières centrales nucléaires allemandes – Emsland, Isar 2 et Neckarwestheim II – ont été mises à l'arrêt le 15 avril 2023. D'une capacité installée d'environ 4 gigawatts, elles couvraient jusqu'à récemment environ 7 % de la demande en électricité du pays. En raison de la crise énergétique déclenchée par l'invasion soviétique de l'Europe, leur durée de vie avait déjà été prolongée de plusieurs mois au-delà de la date d'arrêt initialement prévue en 2022.

D'après des études sérieuses, l'impact économique de la sortie du nucléaire en Allemagne sur les prix de l'électricité a été nettement inférieur à ce qui est souvent avancé dans le débat public. Une analyse de l'Institut Leibniz de recherche économique de Halle a conclu que les prix de gros de l'électricité en 2023 auraient été inférieurs d'environ 1 à 8 % avec l'énergie nucléaire. Une modélisation réalisée par le cabinet d'analyse Prognos a quantifié cet effet à environ 0,3 à 0,4 centime de moins par kilowattheure, en tenant compte d'une prolongation hypothétique de la durée de vie des centrales nucléaires. Le prix de gros de l'électricité a même baissé significativement après la sortie du nucléaire, passant de 99,01 € par mégawattheure en avril 2023 à 55,01 € en avril 2024. D'autres facteurs, tels que la suppression de la surtaxe EEG, la réduction de la taxe sur l'électricité, une part importante d'énergies renouvelables et la baisse des prix du gaz, ont eu un effet modérateur plus important sur les prix que la sortie du nucléaire elle-même.

Bruxelles n'a jamais remis en question ouvertement cette exception allemande. Au contraire, le Pacte vert a été présenté comme une transition énergétique réalisable, y compris la sortie progressive du nucléaire par les différents pays, sans que la Commission ne défende activement l'énergie nucléaire. Il ne s'agissait pas d'un oubli, mais d'une manœuvre politique délibérée. Cela a permis à la Commission de présenter le Pacte vert comme un large consensus qui ne froissait ni les États pronucléaires comme la France, ni les pays en voie de sortie du nucléaire, comme l'Allemagne.

Le tournant taxonomique : un changement discret dans l'ensemble des règles

Le premier changement notable de la politique nucléaire européenne ne s'est pas produit sur la scène nationale, mais plutôt dans le cadre technique de la réglementation des marchés financiers. Le 2 février 2022, la Commission européenne a présenté un acte délégué classant les investissements dans les centrales nucléaires et à gaz comme respectueux du climat sous certaines conditions. Cette décision, prise dans le cadre de la taxonomie de l'UE, système de classification des produits financiers durables, a suscité une vive controverse politique.

Les centrales nucléaires devraient être considérées comme respectueuses du climat si un permis de construire est accordé d'ici 2045 et si le pays concerné présente un plan et les ressources financières nécessaires pour le stockage des déchets nucléaires. Le Parlement européen aurait pu infirmer la décision de la Commission, mais l'objection a été rejetée le 6 juillet 2022 par 278 voix contre 328, loin de la majorité absolue requise de 353 voix. Les règles de taxonomie sont donc entrées en vigueur le 1er janvier 2023.

Les réactions ont été très partagées. L'eurodéputé écologiste Michael Bloss a qualifié le projet d'absurde, le comparant à la tentative de transformer des frites en salade. Plus de 330 000 signatures ont été recueillies contre le projet. L'Autriche a même porté l'affaire devant le Tribunal de l'Union européenne, accusant Bruxelles d'écoblanchiment – ​​c'est-à-dire de qualifier de écologique une activité qui ne l'est pas. Cependant, le Tribunal a débouté Bruxelles en septembre 2025, statuant que la production d'énergie nucléaire n'émet pratiquement pas de gaz à effet de serre et qu'il n'existe actuellement aucune technologie alternative suffisante pour répondre à la demande énergétique de manière constante et fiable.

La décision relative à la taxonomie nucléaire a constitué la porte d'entrée institutionnelle de la rhétorique pro-nucléaire actuelle. Elle a créé le cadre réglementaire sur lequel a pu s'appuyer le revirement ultérieur d'Ursula von der Leyen. Il est à noter que la Commission a présenté ce changement de cap en 2022 principalement comme une mesure technique et financière, sans aborder ouvertement sa dimension politique. Il s'agissait d'une évolution discrète au sein du cadre réglementaire, et non d'une déclaration publique fracassante.

La crise énergétique comme catalyseur : quand l'idéologie rencontre la réalité

La crise énergétique de 2022-2023, déclenchée par la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine, a brutalement confronté la politique énergétique européenne à la réalité. La tourmente des marchés gaziers a fait grimper les prix de l'électricité à des niveaux historiques. Le prix de gros de l'électricité en Europe a temporairement dépassé 850 € par mégawattheure, avec une moyenne hebdomadaire atteignant 586 € par mégawattheure fin août 2022. Le prix moyen annuel pour 2022 s'est établi à 240 € par mégawattheure, soit huit fois plus qu'en 2020. Le taux d'inflation dans la zone euro a atteint son plus haut niveau depuis sa création en juillet 2022, à environ 8,9 %.

La crise a brutalement mis en lumière la vulnérabilité de l'Europe face à sa dépendance aux énergies fossiles importées. La diminution des approvisionnements en gaz russe a plongé l'Europe dans la récession et a engendré des tensions sociales et des conflits liés à la répartition des ressources. L'initiative REPowerEU, lancée par la Commission en mai 2022, a mobilisé jusqu'à 300 milliards d'euros pour mettre fin au plus vite à cette dépendance. Cependant, même dans le cadre de cette gestion de crise, l'accent a été mis sur les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la diversification des approvisionnements en gaz, et non sur le nucléaire.

Dans le même temps, la crise a démontré que le système énergétique français, largement dominé par le nucléaire, n'était en aucun cas à l'abri des perturbations. La moitié des centrales nucléaires françaises ont dû être temporairement mises à l'arrêt en 2022 en raison de problèmes de corrosion et de travaux de maintenance, entraînant une chute drastique de la production et transformant temporairement la France d'exportatrice d'électricité en importatrice. Ce n'est qu'en 2024 que la production d'énergie nucléaire de l'UE a de nouveau progressé, de 4,8 % par rapport à l'année précédente, grâce principalement à la remise en service du parc de centrales français.

La crise a profondément modifié le discours politique. La sécurité énergétique et la souveraineté d'approvisionnement sont devenues des enjeux majeurs, tandis que les arguments purement climatiques ont perdu de leur importance. Dans ce nouveau contexte, l'énergie nucléaire a pu être repositionnée comme une source d'énergie nationale, à faibles émissions de CO2 et capable de fournir une production de base – une opportunité que les partisans du nucléaire au sein de l'UE ont su exploiter sans relâche.

La réalité économique de la renaissance nucléaire

L’engagement d’Ursula von der Leyen en faveur de l’énergie nucléaire et son annonce d’une stratégie européenne concernant les petits réacteurs modulaires (SMR) doivent être évalués à l’aune de données économiques concrètes. Or, ces données dressent un tableau bien plus complexe que ne le laisse entendre le discours sur une renaissance du nucléaire.

La catastrophe de Flamanville, en France, constitue le signal d'alarme le plus frappant. Le réacteur EPR de Flamanville 3, dont la construction a débuté en 2007 et qui devait entrer en service en 2012, n'est devenu opérationnel qu'en décembre 2024, soit douze ans de retard. Les coûts ont explosé, passant d'une estimation initiale de 3,3 milliards d'euros à 23,7 milliards d'euros, selon la Cour des comptes, soit une multiplication par sept du budget. Pour dégager un bénéfice de 4 % sur l'ensemble de sa durée de vie de 60 ans, EDF devrait vendre l'électricité à plus de 12 centimes le kilowattheure, et dans le scénario le plus probable, à près de 14 centimes. À titre de comparaison, le prix de l'électricité industrielle en France était de 4,2 centimes le kilowattheure, mais devrait atteindre 7 centimes en 2026. La Cour des comptes a certifié que le projet présentait, au mieux, une rentabilité médiocre et, compte tenu de l'accumulation des risques et des contraintes, a demandé l'arrêt immédiat de tous les projets d'expansion du nucléaire d'Emmanuel Macron. EDF a désormais accumulé une dette colossale de plus de 50 milliards d'euros.

Des dépassements de coûts similaires sont constatés dans d'autres projets EPR. À Hinkley Point C, au Royaume-Uni, une perte de valeur d'environ 11 milliards d'euros a été enregistrée suite au retrait du co-actionnaire chinois, laissant EDF financer la majeure partie du projet seule. Ce phénomène est observé à l'échelle mondiale : les grandes centrales nucléaires conventionnelles subissent systématiquement des dépassements de coûts et de délais considérables.

Les petits réacteurs modulaires (PRM) sur lesquels Ursula von der Leyen concentre actuellement ses efforts relèvent encore largement du futur. Hormis les projets pilotes en Chine et en Russie, il n'existe pratiquement aucun PRM en exploitation commerciale dans le monde. Le projet de PRM le plus important en Occident, NuScale Power aux États-Unis, a dû revoir à la hausse ses estimations de coûts de production, passant de 58 à 119 dollars par mégawattheure – un doublement qui a finalement conduit à l'échec du projet. Les coûts de construction ont été revus à la hausse, passant de 3,6 milliards de dollars en 2017 à 6,1 milliards de dollars en 2020. La plupart des experts estiment que les premiers PRM en Europe ne seront pas opérationnels avant 2036-2040, et qu'un plus grand nombre de réacteurs d'une capacité totale supérieure à cinq gigawatts ne le seront pas avant 2045.

Les dernières éditions du Rapport mondial sur l'état de l'industrie nucléaire confirment ce scepticisme. Le nombre de réacteurs en exploitation dans le monde stagne depuis des années, tandis que la construction de nouvelles centrales est de plus en plus retardée et coûteuse. Seuls quelques nouveaux réacteurs sont raccordés au réseau chaque année, tandis que les unités plus anciennes sont définitivement mises hors service – aucun signe d'expansion mondiale dynamique n'est à l'horizon. Dans l'Union européenne, le nombre de réacteurs en exploitation est nettement inférieur aux pics précédents, et la part de l'énergie nucléaire dans le mix électrique diminue à long terme. Il est particulièrement frappant de constater que les réacteurs russes et chinois dominent les projets encore en construction dans le monde. Ainsi, la renaissance nucléaire à dominante occidentale que brandit Ursula von der Leyen reste avant tout un discours politique – la réalité économique et industrielle raconte une tout autre histoire.

En lien avec ceci :

  • Rapport mondial sur l'état de l'industrie nucléaire 2025
  • Système d'information sur les réacteurs nucléaires de l'AIEA (PRIS)
  • Association nucléaire mondiale, base de données sur les réacteurs
  • « Projets de nouveaux réacteurs dans le monde entier »

 

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Le revirement nucléaire d'Ursula von der Leyen : l'Europe troque-t-elle sa dépendance au gaz contre celle à l'uranium ?

Le véritable coût : énergies renouvelables contre nucléaire

Une analyse objective du coût actualisé de l'électricité (LCOE) révèle que les arguments économiques en faveur du nucléaire sont moins convaincants que ne le laissent entendre les discours politiques. Une étude menée par l'association européenne de l'énergie éolienne WindEurope et Hitachi Energy, comparant cinq scénarios différents pour le système électrique européen à l'horizon 2050, aboutit à une conclusion sans équivoque : un développement ambitieux des énergies renouvelables, incluant tous les investissements nécessaires dans les réseaux électriques, le stockage et l'électrification, constitue l'option la plus rentable. Les scénarios qui négligent un développement significatif des énergies renouvelables engendreront des surcoûts compris entre 487 et 860 milliards d'euros d'ici 2050. Un scénario privilégiant les énergies renouvelables est même 1 600 milliards d'euros moins cher qu'un scénario qui ne permettrait pas d'atteindre les objectifs climatiques.

Ces chiffres relativisent l'idée reçue selon laquelle la décarbonation de l'Europe serait inabordable sans le nucléaire. Les énergies renouvelables ont connu des baisses de coûts impressionnantes ces dernières années. Plus de 47 % de l'électricité européenne provient désormais de sources renouvelables. La capacité de production d'énergie solaire a plus que doublé depuis 2019, atteignant un record de 406 gigawatts, tandis que celle de l'énergie éolienne a augmenté de 234 gigawatts. Des chercheurs néerlandais de l'université d'Utrecht ont calculé que les énergies renouvelables, associées au stockage à court terme, pourraient couvrir environ 92,5 % de la demande européenne d'électricité à l'avenir, les 7,5 % restants pouvant potentiellement être satisfaits par l'hydrogène vert.

Cela ne signifie pas pour autant que l'énergie nucléaire ne puisse jouer aucun rôle dans un système énergétique diversifié. Pour des pays comme la France, où 67,3 % de l'électricité est d'origine nucléaire, ou la Slovaquie avec 61,6 %, une sortie brutale du nucléaire n'est ni réaliste ni judicieuse. Cependant, présenter l'énergie nucléaire comme une technologie indispensable, sans laquelle l'Europe ne peut atteindre ses objectifs climatiques, ne résiste pas à une analyse économique rigoureuse.

En lien avec ceci :

  • Les coûts de suivi liés à la production d'électricité sont les plus élevés pour les centrales nucléaires et les centrales au charbonProduction d'électricité à partir de l'énergie nucléaire et coûts qui en découlent

Le piège de la dépendance : du gaz russe à l'uranium russe

Un aspect particulièrement délicat du virage pro-nucléaire d'Ursula von der Leyen concerne la question de l'indépendance énergétique. Elle affirme que l'Europe doit réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées et que l'énergie nucléaire est une source d'énergie nationale. Or, cette vision occulte une réalité gênante : l'Europe importe environ 40 % de son uranium enrichi de Russie et de son proche allié, le Kazakhstan.

Cette dépendance dépasse largement le simple cadre du combustible. Rosatom, la société d'État russe, domine le marché nucléaire international. Dans l'UE, 41 des 133 centrales nucléaires sont de conception russe. Ces réacteurs à eau pressurisée nécessitent des barres de combustible hexagonales de fabrication russe, que les fabricants occidentaux n'ont jusqu'à présent pas été en mesure de remplacer sans compromettre leur fonctionnement. Il est révélateur que le secteur nucléaire soit resté indemne malgré les huit séries de sanctions imposées par l'UE à la Russie. Cinq jours après le début de l'invasion russe, une autorisation spéciale a même été accordée à un avion russe pour transporter du combustible nucléaire en Slovaquie.

La situation ne s'est pas améliorée depuis 2022, mais s'est au contraire aggravée. La France a perdu son principal fournisseur d'uranium, le Niger, après le coup d'État militaire de 2023, ce qui l'a contrainte à acheter indirectement de grandes quantités d'uranium à la Russie, notamment via l'Allemagne. L'idée que le développement du nucléaire puisse renforcer la souveraineté énergétique européenne sans s'attaquer simultanément à la dépendance vis-à-vis des services et produits nucléaires russes relève au mieux de la naïveté, au pire de l'hypocrisie.

La chronologie politique de l'opportunisme

L'évolution chronologique des positions d'Ursula von der Leyen en matière de politique énergétique révèle une tendance qui suggère un opportunisme politique plutôt qu'une réévaluation fondée sur des preuves.

De 2019 à 2021, la présidente de la Commission a présenté le Pacte vert comme une réussite en matière d'énergies renouvelables, où le nucléaire n'avait pas de rôle notable. L'accent était mis sur l'éolien, le solaire, l'hydrogène, les réseaux, le stockage et l'efficacité énergétique. Le Pacte vert européen était présenté comme la nouvelle stratégie de croissance, destinée à investir dans les énergies renouvelables et les algorithmes. Le Fonds pour une transition juste ciblait les régions charbonnières, et non la sortie du nucléaire.

À partir de 2022, un changement subtil s'est opéré dans la politique de classification, l'énergie nucléaire étant désormais considérée comme une technologie de transition durable. En février 2024, la Commission a lancé l'Alliance industrielle européenne pour les petits réacteurs modulaires (PRM), visant à accélérer leur développement et leur déploiement en Europe. Enfin, en mars 2026, la reconnaissance publique est tombée : la sortie du nucléaire était une erreur stratégique ; vive la renaissance de l'énergie nucléaire !.

Le chancelier Friedrich Merz a personnellement approuvé cette position, tandis que le ministre de l'Environnement, Carsten Schneider (SPD), a critiqué les projets de l'UE, les qualifiant de stratégie rétrograde dont l'élément central était l'octroi de nouvelles subventions aux centrales nucléaires. Les Verts allemands ont décrit ce revirement pro-nucléaire comme la décision la plus stupide que la Commission européenne puisse prendre. Ils ont fait valoir que la construction de nouvelles centrales nucléaires n'était pas une option réaliste en raison des longs délais, des coûts élevés et des risques incalculables.

L'aspect le plus frappant de cette chronologie est l'absence de fondement analytique cohérent. À aucun moment, Ursula von der Leyen n'a présenté d'analyse coûts-avantages systématique expliquant pourquoi la voie qu'elle saluait en 2019 comme le « premier pas de l'Europe sur la Lune » est soudainement considérée comme défaillante. Aucune étude officielle de la Commission ne démontre que les objectifs climatiques sont inatteignables sans un développement massif du nucléaire. Au contraire, le discours s'est adapté à l'évolution du contexte politique : lorsque les Verts étaient influents, l'accent était mis sur les énergies renouvelables ; lorsque les réalités géopolitiques et le virage conservateur en Europe ont réhabilité le nucléaire, celui-ci a été jugé indispensable.

Les importations d'électricité de l'Allemagne : les arguments des opposants et des partisans du nucléaire

Un argument fréquemment avancé dans le débat allemand est que l'Allemagne importe massivement de l'électricité nucléaire depuis la sortie du nucléaire, rendant ainsi cette décision absurde. Les données, cependant, dressent un tableau plus nuancé. En 2024, l'Allemagne était importatrice nette d'électricité, la France étant le principal fournisseur avec 12,9 térawattheures, suivie du Danemark avec 12,0 térawattheures. En 2025, la situation avait évolué : le Danemark prenait la tête avec 12,4 térawattheures, devant la France (11,2 térawattheures), suivie des Pays-Bas et de la Norvège. Le commerce net d'électricité en 2025 s'élevait à environ 22 térawattheures, favorisant les importations.

Le fait que l'Allemagne importe de l'électricité n'est pas en soi un signe d'échec, mais plutôt la preuve du bon fonctionnement du marché unique européen. Le Danemark produit lui-même une grande quantité d'énergie éolienne et s'approvisionne en énergie hydroélectrique et nucléaire grâce à des importations en provenance de Norvège et de Suède. Les importations d'électricité allemandes ne sont donc en aucun cas majoritairement d'origine nucléaire. Par ailleurs, la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité de l'UE s'élevait à 47 %, ce qui réfute l'affirmation selon laquelle l'approvisionnement en électricité de l'Europe serait menacé sans l'énergie nucléaire.

Il est vrai, cependant, que l'Allemagne a perdu sa position d'exportateur d'électricité suite à la sortie du nucléaire et que, dans certaines situations, comme une forte demande et une faible disponibilité d'énergies renouvelables, elle dépend des importations, dont une partie provient de centrales nucléaires françaises ou belges. Cet argument a une part de vérité, mais il faut le nuancer en tenant compte du fait que le marché européen de l'électricité dans son ensemble fonctionne bien et que la sécurité d'approvisionnement n'a jamais été sérieusement menacée.

L'AIE et la situation mondiale : entre vœux pieux et réalité

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) alimente le discours sur une renaissance du nucléaire, tout en émettant d'importantes réserves. Selon l'AIE, la production mondiale d'électricité nucléaire a atteint un nouveau sommet en 2025, grâce aux redémarrages de réacteurs au Japon, à l'augmentation de la production en France et aux nouvelles capacités installées en Chine et en Inde. L'AIE prévoit une croissance annuelle moyenne de la production d'électricité nucléaire de 2,8 % jusqu'en 2030. L'intérêt pour l'énergie nucléaire est à son plus haut niveau depuis le choc pétrolier des années 1970, et plus de 40 pays ambitionnent de développer leurs activités dans ce domaine.

L’AIE souligne toutefois deux problèmes fondamentaux. Premièrement, le développement de l’énergie nucléaire repose fortement sur les technologies et les ressources chinoises et russes, ce qui engendre un risque de dépendance future. La Chine accroît considérablement sa production, tandis que les pays producteurs d’énergie nucléaire traditionnels, comme les États-Unis et la France, sont confrontés à des dépassements de coûts et à des retards. Deuxièmement, la croissance mondiale de l’énergie nucléaire contraste avec la réalité : le nombre de réacteurs nucléaires dans le monde a en fait légèrement diminué. Début 2026, 404 centrales nucléaires étaient en service, soit cinq de moins qu’un an auparavant. Quatre nouvelles centrales ont été mises en service, tandis que sept ont été mises hors service.

La renaissance nucléaire si souvent vantée par Ursula von der Leyen relève davantage, à l'échelle mondiale, des déclarations d'intention que d'une réelle augmentation des capacités. L'Europe a tout ce qu'il faut pour remporter la course technologique dans le domaine de l'énergie nucléaire, a-t-elle déclaré à Paris, en évoquant le demi-million de travailleurs hautement qualifiés du secteur. Cependant, compte tenu de la catastrophe de Flamanville et de l'absence de projets de petits réacteurs modulaires (SMR) exploités commercialement en Europe, cet optimisme ressemble moins à une évaluation fondée sur des preuves qu'à un vœu pieux à visée politique.

La fracture européenne : 27 États membres, 27 opinions

La position pro-nucléaire d'Ursula von der Leyen ignore un fait fondamental de la politique énergétique européenne : il n'existe aucun consensus entre les 27 États membres. En 2024, douze pays de l'UE exploitaient des centrales nucléaires, tandis que quinze n'en exploitaient pas. L'Autriche et le Luxembourg ont non seulement contesté la classification nucléaire, mais rejettent également l'énergie nucléaire en principe. L'Allemagne a achevé sa sortie du nucléaire et, selon les exploitants, le démantèlement des centrales est pratiquement irréversible. Taïwan achèvera sa sortie du nucléaire en 2025. L'Italie est exempte d'énergie nucléaire depuis 1990.

De l'autre côté, on trouve la France, dont la production d'électricité brute est assurée par le nucléaire à hauteur de 67,3 %, la Slovaquie avec 61,6 %, et la Hongrie, la Bulgarie, la Belgique, la Finlande et la République tchèque avec des parts avoisinant les 40 %. La Pologne, la Roumanie et la République tchèque poursuivent leurs projets de nouvelles centrales nucléaires, notamment de petits réacteurs modulaires (SMR). Ces pays se félicitent de la nouvelle politique de Bruxelles, car elle légitime leurs décisions d'investissement nationales et leur donne accès aux financements européens.

La stratégie d'Ursula von der Leyen, qui consiste à financer à hauteur de 200 millions d'euros la réduction des risques pour les investisseurs nucléaires grâce aux fonds d'échange de quotas d'émission, peut paraître modeste en valeur absolue. Cependant, sa portée symbolique est considérable : elle indique que les fonds européens pour la protection du climat peuvent désormais être alloués à l'énergie nucléaire, modifiant ainsi en profondeur la nature du Pacte vert. Un programme axé sur les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique évolue vers une approche plus neutre sur le plan technologique, où l'énergie nucléaire se trouve placée sur un pied d'égalité avec l'éolien et le solaire.

Entre nécessité et hypocrisie : une évaluation

La question cruciale n'est pas de savoir si l'énergie nucléaire peut jouer un rôle dans le mix énergétique européen. Elle le peut, et certains États membres l'ont fait depuis des décennies. La question cruciale est de savoir si la présentation par Ursula von der Leyen de la sortie du nucléaire comme une erreur stratégique reflète une réévaluation sincère ou un acte d'opportunisme politique qui occulte sa propre responsabilité, partagée, dans la voie empruntée jusqu'à présent.

Les faits tendent à confirmer cette dernière hypothèse. En tant que présidente de la Commission, Ursula von der Leyen non seulement a omis d'inclure un volet pro-nucléaire dans le Pacte vert pour l'Europe, mais elle l'a activement promu comme une réussite en matière d'énergies renouvelables, où le nucléaire ne jouait aucun rôle stratégique. Elle n'a jamais publiquement qualifié de problématique la sortie progressive du nucléaire au niveau national tant que cela restait politiquement inopportun. Elle a présenté le plan REPowerEU sans une composante nucléaire significative, alors même que la crise énergétique aurait dû rendre évidente la prétendue nécessité de l'énergie nucléaire. Et aujourd'hui, elle présente le nucléaire comme la solution miracle sans aborder ouvertement les risques économiques considérables, les échéances irréalistes pour les petits réacteurs modulaires (SMR) et la dépendance persistante à l'égard de la technologie nucléaire et de l'uranium russes.

Le Green Deal a entériné politiquement la sortie du nucléaire en la présentant comme compatible avec l'objectif de neutralité climatique. Or, la même présidente de la Commission qualifie aujourd'hui précisément cette orientation d'erreur stratégique, sans expliquer pourquoi elle ne l'a pas corrigée en 2019, alors qu'elle en avait le pouvoir. Ce comportement ne relève pas de l'humilité intellectuelle d'un homme ou d'une femme politique qui tire les leçons de ses erreurs, mais plutôt de l'adaptabilité d'une politicienne avide de pouvoir qui ajuste son discours au gré des circonstances politiques.

La véritable question stratégique : la diversification plutôt que le dogmatisme

Au-delà de la question de la crédibilité politique, une question fondamentale se pose : comment l’Europe doit-elle façonner son avenir énergétique ? La réponse ne réside ni dans une adhésion dogmatique à la sortie du nucléaire, ni dans une renaissance nucléaire aveugle, mais dans une stratégie de diversification fondée sur des données probantes.

Les énergies renouvelables se sont révélées rentables, rapidement déployables et largement indépendantes des importations. Leurs coûts ont chuté de façon spectaculaire ces vingt dernières années et, selon les études disponibles, les scénarios fondés sur leur développement important constituent l'option la plus avantageuse économiquement pour le système électrique européen d'ici 2050. Cependant, elles présentent des faiblesses en matière de production de base et nécessitent des investissements massifs dans le stockage, les réseaux et les capacités de secours.

L'énergie nucléaire offre une capacité de production de base et une faible émission de CO2, mais souffre de dépassements systématiques de coûts et de délais pour les nouvelles constructions, de problèmes non résolus concernant le stockage final, d'une dépendance à l'égard des technologies et des combustibles russes, et du risque d'accidents majeurs. La technologie des petits réacteurs modulaires (SMR) est prometteuse, mais sa viabilité commerciale reste à prouver et elle ne sera pas disponible à grande échelle avant la fin des années 2030 au plus tôt.

Une politique énergétique européenne rationnelle reconnaîtrait que les centrales nucléaires existantes et sûres doivent continuer à fonctionner aussi longtemps que cela est justifié, que le développement massif des énergies renouvelables demeure la principale stratégie économiquement et stratégiquement supérieure, que la recherche sur les petits réacteurs modulaires (SMR) doit être encouragée mais non présentée comme une solution à court terme, et que la souveraineté énergétique exige une diversification de toutes les dépendances, y compris des chaînes d'approvisionnement nucléaires. Ce dont l'Europe n'a pas besoin, c'est d'une présidente de la Commission qui adapte son analyse stratégique aux conjonctures politiques tous les deux ou trois ans, sacrifiant ainsi la cohérence de ses propres politiques.

Le coût de l'incohérence

La véritable erreur stratégique d'Ursula von der Leyen n'a pas été la sortie du nucléaire, qu'elle n'a jamais activement poursuivie, mais l'incohérence de sa communication en matière de politique énergétique. Les investisseurs ont besoin de visibilité sur le long terme. Les entreprises industrielles ont besoin d'un cadre réglementaire fiable. Les citoyens ont besoin d'avoir confiance dans le fait que les décisions politiques reposent sur des faits et non sur l'opportunisme.

Quiconque présente le Pacte vert en 2019 comme un projet pharaonique fondé sur les énergies renouvelables, puis, en 2026, qualifie la sortie du nucléaire d'erreur stratégique sans résoudre les contradictions, sape précisément cette confiance. La transition énergétique européenne n'a pas besoin d'un nouveau dogme, pour ou contre le nucléaire. Elle a besoin d'une stratégie honnête, fondée sur des données probantes et cohérente à long terme, qui évalue avec lucidité toutes les options disponibles et ne soit pas dictée par le climat politique du moment. L'intervention d'Ursula von der Leyen à Paris était tout le contraire.

 

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