Taxe à 0 % sur l'électricité : pourquoi l'Allemagne se contente d'observer le modèle britannique – Une perte de 6,6 milliards d'euros
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Préférez Xpert.Digital sur GoogleⓘPublié le : 22 juillet 2026 / Mis à jour le : 22 juillet 2026 – Auteur : Konrad Wolfenstein

Taxe à 0 % sur l'électricité : pourquoi l'Allemagne se contente d'observer le modèle britannique – Un manque à gagner de 6,6 milliards d'euros – Image : Xpert.Digital
Jusqu'à 198 € d'économies : ce que la suppression de la taxe sur l'électricité signifierait pour nous
Choc des prix de l'électricité en Grande-Bretagne : l'Allemagne rate-t-elle une occasion historique ?
TVA à zéro pour cent sur l'électricité : une Segen pour les ménages, un désavantage pour l'industrie ?
La Grande-Bretagne montre l'exemple : le gouvernement britannique a tout simplement supprimé la TVA sur l'électricité domestique, soulageant ainsi des millions de citoyens. Un coup d'œil outre-Manche soulève inévitablement la question de savoir pourquoi les consommateurs allemands doivent encore payer un taux d'imposition de 19 % sur leurs factures d'énergie déjà élevées. Les calculs actuels montrent qu'une mesure similaire en Allemagne pourrait réduire drastiquement les factures d'électricité et faire économiser des milliards aux ménages ; pourtant, les responsables politiques hésitent. Notre analyse détaillée explique pourquoi un modèle à taux zéro serait un véritable Segen pour les particuliers, tandis que l'industrie allemande n'en tirerait que peu de bénéfices, et quels obstacles s'opposent à une telle réforme fiscale en Allemagne.
Exonération fiscale sur l'électricité : quelles conséquences le modèle britannique aurait-il pour l'Allemagne ?
La décision du nouveau gouvernement britannique de supprimer totalement la TVA sur l'électricité domestique met en lumière les failles de la politique allemande en matière de tarification de l'énergie et révèle l'ampleur des marges de manœuvre financières qui sommeillent en réalité dans le système fiscal national.
L'une des premières mesures prises par le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, a été la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur l'électricité domestique, la faisant passer de 5 % à 0 %. Cette mesure entrera en vigueur le 1er octobre 2026 et sera initialement appliquée jusqu'à fin mars 2027. Selon le gouvernement britannique, elle permettra de réduire la facture d'électricité annuelle d'un ménage moyen d'environ 45 £ (soit environ 53 €). Le manque à gagner fiscal d'environ 850 millions de livres sterling pour l'exercice en cours sera financé par l'abandon d'un projet controversé de carte d'identité numérique, dont le budget s'élevait à 1,8 milliard de livres sterling sur trois ans. Cette annonce a été délibérément programmée pour coïncider avec le prochain ajustement du plafond tarifaire de l'électricité au Royaume-Uni par l'Ofgem, l'autorité de régulation du secteur, afin que l'allègement fiscal ne soit pas annulé par une hausse simultanée de ce plafond. Cependant, certains observateurs évoquent déjà une possible augmentation du plafond tarifaire de plus de 3 %, ce qui pourrait réduire considérablement l'effet net de la réduction de la TVA.
La facture pour les ménages allemands en détail
Le comparateur Verivox a calculé l'impact d'une mesure similaire sur les consommateurs allemands, et les chiffres sont considérables. Si la TVA sur l'électricité était totalement supprimée en Allemagne, les ménages pourraient économiser environ 6,6 milliards d'euros par an, tandis que le prix moyen de l'électricité baisserait d'environ cinq centimes par kilowattheure, soit environ 16 %. Pour une famille consommant 4 000 kilowattheures par an, cela représenterait une économie d'environ 198 €, pour un couple consommant 2 800 kilowattheures, environ 139 €, et pour une personne seule consommant 1 500 kilowattheures, environ 74 €. À titre de comparaison, la TVA allemande sur l'électricité est actuellement au taux normal de 19 %, nettement supérieur au taux initial de 5 % au Royaume-Uni, ce qui démontre qu'une mesure identique aurait un impact en pourcentage considérablement plus important en Allemagne qu'au Royaume-Uni. Le gouvernement fédéral et les Länder devraient renoncer à environ 6,6 milliards d'euros de recettes fiscales – une somme qui semble difficilement envisageable politiquement compte tenu de la situation budgétaire déjà tendue.
Une alternative moins chère, mais moins performante
Verivox a calculé non seulement la suppression totale de la TVA, mais aussi une alternative nettement plus modérée : l’abaissement de la taxe allemande sur l’électricité au taux minimum européen. Cette mesure réduirait le prix de l’électricité d’environ deux centimes par kilowattheure, soit une économie d’environ 93 € pour une famille consommant 4 000 kilowattheures par an, 65 € pour un couple et 35 € pour une personne seule. Ces chiffres sont considérablement inférieurs à ceux du modèle britannique car, contrairement à la TVA, la taxe sur l’électricité n’est pas un pourcentage du prix total, mais un montant fixe par kilowattheure. Cela fait une différence significative pour les ménages, car une réduction de la TVA affecte tous les éléments du prix en pourcentage, tandis qu’une réduction de la seule taxe sur l’électricité ne réduit qu’une petite composante fixe du prix total. Par conséquent, quiconque souhaite obtenir le maximum d’allègements pour les consommateurs particuliers aura du mal à éviter une réforme de la TVA, même si c’est l’option la plus coûteuse sur le plan fiscal.
Comment le prix de l'électricité en Allemagne est-il réellement composé ?
Pour comprendre les implications d'une éventuelle réforme fiscale, il est utile d'examiner la structure des prix de l'électricité en Allemagne. Selon la dernière analyse des prix de l'électricité réalisée par l'Association allemande des industries de l'énergie et de l'eau (BDEW), le prix moyen de l'électricité pour les ménages en 2026 devrait avoisiner 37 centimes par kilowattheure, les coûts d'achat et de distribution représentant la part la plus importante (15,2 centimes). Les frais de réseau s'élèvent en moyenne à 9,3 centimes par kilowattheure, soit une baisse de 1,6 centime par rapport à l'année précédente, grâce aux subventions publiques accordées aux réseaux de transport. Les taxes, prélèvements et surtaxes pour les particuliers totalisent 12,6 centimes par kilowattheure, ce qui représente plus d'un tiers du prix total. Ceci illustre l'influence considérable de l'État sur les prix de l'électricité en Allemagne, comparativement à d'autres pays. Un coup d'œil à cette composition montre que, contrairement à la Grande-Bretagne, où la TVA sur l'électricité a déjà été considérablement réduite à 5 %, l'Allemagne, avec le taux normal de 19 %, se situe clairement dans le haut de l'échelle européenne, ce qui explique aussi pourquoi une réforme dans ce pays serait plus efficace, mais en même temps plus coûteuse sur le plan fiscal.
Pourquoi les entreprises tireraient peu de bénéfices d'une exonération de TVA
La différence cruciale entre les particuliers et les entreprises réside dans le système de TVA allemand lui-même, et c'est précisément là que naît souvent le malentendu lorsqu'on examine superficiellement le modèle britannique. Pour les entreprises assujetties à la TVA, la TVA figurant sur la facture d'électricité ne constitue pas une charge finale, mais simplement un élément répercuté. Grâce à la déduction de la TVA en amont, les entreprises peuvent récupérer auprès de l'administration fiscale l'intégralité de la TVA payée sur leur facture d'électricité ou la déduire de leur propre TVA due. Par conséquent, la suppression de la TVA sur l'électricité n'offrirait aucun avantage de trésorerie à une entreprise assujettie à la TVA, car elle n'est déjà pas soumise à cette charge fiscale grâce à la déduction de la TVA en amont. Le seul effet réel pour ces entreprises serait une légère amélioration de leur trésorerie, car une moindre part de la TVA en amont devrait être préfinancée – un effet à peine perceptible compte tenu des délais de remboursement généralement courts.
La situation est différente pour les groupes qui bénéficieraient réellement d'une exonération de TVA sur l'électricité, à savoir ceux qui ne sont pas éligibles à la déduction de la TVA en amont. Il s'agit notamment des petites entreprises qui profitent du régime des petites entreprises et ne peuvent donc pas déduire la TVA en amont, ainsi que de nombreuses organisations à but non lucratif, associations, églises et certains secteurs du secteur public, tels que les écoles ou les bâtiments administratifs, qui n'exercent aucune activité commerciale au sens de la TVA. Ce sont précisément ces groupes qui ont été explicitement pris en compte dans le modèle britannique, où les petites entreprises non assujetties à la TVA, les organismes de bienfaisance et les établissements de soins sont spécifiquement destinés à bénéficier de la réduction ou de la suppression de la taxe. Pour la grande majorité des entreprises industrielles et commerciales traditionnelles en Allemagne, qui sont éligibles à la déduction de la TVA en amont, l'effet direct d'une exonération de TVA sur l'électricité serait toutefois marginal.
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Les instruments de secours véritablement pertinents pour l'industrie
Alors que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est globalement neutre pour les entreprises, la taxe sur l'électricité joue un rôle tout à fait différent. Il s'agit d'une véritable taxe à la consommation, non récupérable par le biais de la déduction de la TVA en amont, et qui engendre donc des coûts de production. Pour le secteur manufacturier, la taxe sur l'électricité a déjà été ramenée au taux minimum européen de 0,50 € par mégawattheure le 1er janvier 2024, grâce à l'augmentation du montant de l'abattement prévu à l'article 9b de la loi relative à la taxe sur l'électricité, le faisant passer de 15,37 € à 20,00 € par mégawattheure. Cette mesure a considérablement réduit la charge fiscale effective des entreprises industrielles, tout en supprimant l'ancienne compensation pour les pics de consommation prévue à l'article 10 de ladite loi. Cette compensation est désormais intégrée au nouvel abattement plus élevé prévu à l'article 9b, ce qui allège également les démarches administratives pour les entreprises, la justification d'un système de gestion de l'énergie n'étant plus obligatoire.
Selon le gouvernement fédéral allemand, les pertes de recettes fiscales dues à l'ancien système d'égalisation des prix de l'électricité en période de pointe s'élevaient à environ 1,375 milliard d'euros en 2023, tandis que l'allègement total apporté par le nouveau paquet tarifaire sur l'électricité pour 2024 était estimé à environ 3,25 milliards d'euros, du seul fait de l'extension de l'article 9b. À cela s'ajoutent 1,3 milliard d'euros provenant du maintien de la compensation des prix de l'électricité et du super-plafond destiné aux entreprises particulièrement énergivores. Pour ces entreprises, qui évoluent sur le marché international, la compensation des prix de l'électricité dans le cadre du Fonds pour le climat et la transition et le super-plafond demeurent des leviers essentiels, car ils compensent précisément les coûts indirects liés aux émissions de CO2 du système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE). D'après le ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie, environ 350 entreprises particulièrement énergivores bénéficient de ce dispositif.
Selon l'analyse des prix de l'électricité du BDEW pour 2026, le prix moyen actuel de l'électricité pour les petites et moyennes entreprises industrielles est de 16,7 centimes par kilowattheure, soit une baisse de 0,9 centime par rapport à l'année précédente. Cette diminution s'explique en grande partie par la subvention gouvernementale des frais de réseau de transport. Pour les entreprises industrielles de taille moyenne dont la consommation annuelle se situe entre 20 et 70 millions de kilowattheures, le prix était de 15,9 centimes en 2025, tandis que pour les grandes entreprises industrielles dont la consommation annuelle se situe entre 70 et 150 millions de kilowattheures, il a légèrement augmenté pour atteindre 14,4 centimes. Ces chiffres montrent que les principaux postes de dépenses pour les entreprises industrielles résident moins dans la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) que dans les frais de réseau, les achats et les autres prélèvements. Par conséquent, les débats politiques relatifs aux allégements fiscaux pour les entreprises se concentrent logiquement sur ces instruments et non sur la TVA.
Pourquoi il est peu probable que l'Allemagne suive l'exemple britannique
La situation politique en Allemagne diffère fondamentalement de celle du Royaume-Uni. Le gouvernement Burnham a pu obtenir le financement de sa mesure relativement facilement en abandonnant un projet numérique déjà controversé, jugé inefficace par une commission parlementaire multipartite, et en réaffectant les fonds ainsi libérés. Une source comparable et facilement accessible de 6,6 milliards d'euros par an n'existe actuellement pas dans le budget fédéral allemand, d'autant plus que les finances publiques sont déjà soumises à une forte pression en raison de l'augmentation des dépenses sociales, des dépenses de défense et des paiements d'intérêts. De plus, en Allemagne, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt partagé entre l'État fédéral et les Länder, ce qui rend la réforme politiquement plus complexe que dans un système plus centralisé comme celui du Royaume-Uni. Par ailleurs, la TVA sur l'énergie en Allemagne est traditionnellement justifiée par le fait que l'énergie, contrairement aux biens de première nécessité, n'est pas considérée comme essentielle à la survie au sens strict du droit fiscal et est donc soumise au taux normal, tandis que d'autres pays européens, comme le Royaume-Uni, ont historiquement appliqué un taux réduit pour l'énergie domestique.
Il est également important de noter que même la mesure britannique n'a pas été sans susciter des critiques au sein de la communauté professionnelle. Les détracteurs affirment que la réduction d'impôt ne s'attaque pas aux problèmes structurels réels du réseau électrique britannique, tels que l'insuffisance de capacité et les coûts élevés du système, mais n'offre qu'un soulagement superficiel à court terme. De plus, la mesure en Grande-Bretagne est délibérément limitée à fin mars 2027, ce qui démontre que même le gouvernement britannique la perçoit davantage comme un instrument à court terme face à la crise du coût de la vie que comme une réforme structurelle permanente de la fiscalité énergétique. L'expert en services financiers Martin Lewis a également souligné dans son analyse que les consommateurs ne devraient pas surestimer l'impact de cette réduction d'impôt, car elle ne représente qu'une diminution d'environ 4,8 % du prix total de la facture d'électricité et n'entraîne en aucun cas un changement notable face à la persistance de coûts énergétiques élevés.
Une question de priorités politiques
En définitive, force est de constater que la question de l'exonération de TVA sur l'électricité relève moins d'un enjeu technique que d'un enjeu profondément politique. Un raisonnement purement mathématique démontre clairement qu'une telle mesure aurait un impact plus significatif sur les ménages allemands qu'au Royaume-Uni, en raison du taux initial de TVA plus élevé (19 %) qu'au Royaume-Uni (5 %). Ceci se traduirait par une réduction d'impôt totale de 6,6 milliards d'euros par an et des économies comprises entre 74 et 198 euros selon le type de ménage.
Parallèlement, une analyse plus approfondie du système de TVA allemand révèle qu'une telle réforme serait pratiquement inefficace pour la grande majorité des entreprises allemandes, car elles ne supportent de toute façon pas la TVA via les déductions de TVA en amont. Un véritable allègement pour l'industrie est obtenu grâce à des instruments entièrement différents, notamment la taxe sur l'électricité, les subventions pour les frais de réseau et la compensation du prix de l'électricité pour les secteurs énergivores. Par conséquent, quiconque évoque le modèle britannique doit éviter l'erreur de confondre les perspectives des ménages et des entreprises. Le véritable enjeu du débat sur la compétitivité de l'industrie allemande ne réside pas dans la TVA, mais dans les coûts structurels liés à l'implantation, tels que les frais de réseau, les prélèvements et les coûts d'émission de CO2. Pour les particuliers, en revanche, l'annonce britannique sonne l'alarme, démontrant que le système fiscal allemand en matière d'énergie recèle un potentiel d'allègement inexploité, si toutefois la volonté politique de le mettre en œuvre se manifeste.
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