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Le géant apparent et le colosse désenchanté : la Chine ne peut sauver sa croissance intérieure en berne qu'avec un excédent commercial record

Le géant apparent et le colosse désenchanté : la Chine ne peut sauver sa croissance intérieure en berne qu'avec un excédent commercial record

Le géant apparent et le colosse désenchanté : la Chine ne peut sauver sa croissance intérieure en berne qu’avec un excédent commercial record – Image : Xpert.Digital

Le modèle de croissance chinois : le boom des exportations comme solution provisoire à une faiblesse structurelle

La force apparente de cet excédent commercial gigantesque masque une dangereuse faiblesse interne

La Chine a atteint de justesse son objectif de croissance de 5 % pour 2024, mais cette réussite est assombrie par d'importants problèmes structurels. La croissance au quatrième trimestre 2024 n'a été que de 4,5 %, un net recul par rapport au trimestre précédent. Les statistiques officielles montrent que, si l'économie chinoise continue de croître, la qualité et la pérennité de cette croissance sont de plus en plus remises en question. Les études économiques internationales dressent un tableau plus nuancé. Alors que le Bureau national des statistiques chinois a fait état d'une croissance de 5,4 % au quatrième trimestre, les analystes indépendants arrivent à des chiffres considérablement inférieurs. L'Institut de recherche économique de Cologne (IW) évoque des prévisions qui tablent sur une croissance moyenne de seulement 4,6 % pour 2024. Le Rhodium Group, un institut de recherche américain de renom, situe même la croissance réelle pour 2024 entre 2,4 % et 2,8 %.

L'écart entre les chiffres officiels et les estimations indépendantes est frappant et soulève des questions quant à la fiabilité statistique des données chinoises. Les prévisions pour 2025 sont encore plus pessimistes. Sur 22 instituts économiques de premier plan, un seul anticipe une croissance à nouveau supérieure à 5 %. La prévision moyenne pour 2025 est de 4,4 %, et pour 2026, elle n'est que de 4,1 %. Ces chiffres ne signalent pas un ralentissement passager, mais bien une profonde mutation structurelle vers une phase de croissance nettement plus modérée.

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De 5,3 % à 4,5 % : la croissance ralentit

Le ralentissement de la croissance n'est pas un phénomène nouveau, mais sa rapidité et sa durée sont préoccupantes. Après une forte croissance de 5,3 % au premier trimestre 2024, l'économie a progressivement perdu de son élan. Les deuxième et troisième trimestres ont déjà montré des signes évidents de faiblesse, qui n'ont pu être compensés que par un plan de relance massif des exportations au dernier trimestre. Cette dépendance aux exportations est problématique car elle rend la Chine vulnérable aux chocs externes et aux tensions géopolitiques. La structure économique a connu des transformations de plus en plus marquées ces dernières années. Si la production industrielle continue de croître de manière relativement soutenue, la consommation privée stagne et l'investissement privé est insuffisant. Les raisons sont multiples et vont de la crise du logement persistante et du chômage élevé des jeunes à une perte générale de confiance des consommateurs dans les perspectives économiques.

Le gouvernement chinois réagit par une combinaison de mesures conjoncturelles et de réformes structurelles, mais leur efficacité reste limitée. La crise de liquidités persistante dans le secteur immobilier, l'endettement important des collectivités locales et le niveau élevé d'endettement des ménages restreignent la marge de manœuvre d'une politique monétaire expansionniste. Les baisses de taux d'intérêt intervenues ces derniers mois n'ont eu que peu d'impact durable sur l'investissement. Le gouvernement central est confronté à un dilemme : une politique monétaire trop expansionniste risquerait d'aggraver l'endettement déjà élevé et de compromettre la stabilité financière, tandis qu'une politique trop restrictive freinerait davantage la croissance.

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Un excédent de mille milliards de dollars : la machine à exportations tourne à plein régime

L'excédent commercial de la Chine a atteint un niveau historique en 2024, dépassant pour la première fois la barre des mille milliards de dollars. Les exportations ont totalisé 3 415 milliards de dollars au cours des onze premiers mois de l'année, tandis que les importations n'ont atteint que 2 339 milliards de dollars. Il en résulte un excédent de 1 076 milliards de dollars, dépassant déjà de près de 9 % le niveau de l'année précédente. Cet excédent équivaut à la quasi-totalité du PIB de la Suisse ou de la Pologne. Les exportations chinoises surpassent les importations de près de 50 %, un déséquilibre extrême qui déstabilise l'économie mondiale.

La composition des exportations montre que la Chine ne fonctionne plus uniquement comme un pays à bas salaires. Les produits de haute technologie, tels que les véhicules électriques, les batteries, les panneaux solaires et les composants électroniques, dominent les exportations. Ces produits bénéficient de subventions publiques massives, ce qui engendre d'importantes distorsions de la concurrence sur les marchés mondiaux. Une étude approfondie de l'Union européenne a confirmé que les véhicules électriques chinois peuvent être proposés à des prix inférieurs d'environ 20 % à ceux des produits européens comparables, grâce au seul soutien de l'État. Les exportations vers l'Europe ont progressé d'environ 8 % en 2024, tandis que les importations en provenance d'Europe ont reculé de 2 %. Cette évolution est particulièrement marquée dans les échanges commerciaux avec l'Allemagne et l'Italie, où les exportations chinoises ont augmenté de plus de 10 % dans chaque pays, tandis que les importations en provenance d'Allemagne ont diminué de 3,5 % et celles en provenance d'Italie de 6,6 %.

L'excédent commercial est artificiellement gonflé par la baisse des importations. Les importations chinoises ont diminué de 0,6 % en 2024 par rapport à l'année précédente, tandis que les exportations ont progressé de 5,4 %. Cette situation est atypique pour une économie en croissance et témoigne d'une faible demande intérieure. Elle s'explique par le taux d'épargne élevé des ménages et leur besoin de sécurité face à un avenir économique incertain. Les consommateurs épargnent davantage et consomment moins, ce qui freine la demande d'importations de biens de consommation. Parallèlement, la Chine utilise les exportations pour écouler ses surcapacités dans de nombreux secteurs industriels.

La stagnation de la consommation : pourquoi les Chinois n'achètent plus

La faiblesse de la demande intérieure constitue le principal problème structurel de l'économie chinoise. La consommation privée ne progresse que modérément et reste inférieure aux prévisions. Face à l'incertitude, les consommateurs augmentent leur taux d'épargne à des niveaux records. Ce comportement s'explique par de multiples facteurs. La crise du logement actuelle a fragilisé le patrimoine de millions de familles, la majeure partie du patrimoine privé chinois étant investie dans l'immobilier. La chute des prix de l'immobilier a érodé le sentiment de prospérité et de sécurité. Par ailleurs, le chômage élevé des jeunes freine leur propension à consommer, alors qu'ils constituent traditionnellement un moteur essentiel de la croissance de la consommation.

L'investissement privé stagne également. Les entreprises hésitent à investir car les perspectives de la demande sont incertaines et le taux d'utilisation des capacités est déjà faible dans de nombreux secteurs. Le gouvernement a lancé de nombreux programmes de soutien à la consommation, notamment des subventions pour l'achat de véhicules électriques et d'appareils électroménagers, mais leur impact reste limité. La cause profonde réside dans une perte de confiance des acteurs économiques. L'incertitude quant à l'évolution économique future, la stabilité politique et la sécurité sociale incite les ménages et les entreprises à la prudence.

Le taux d'épargne en Chine est traditionnellement élevé, mais il a considérablement augmenté ces dernières années. Les ménages épargnent par précaution contre la maladie, la vieillesse et la précarité sociale. Le système de protection sociale chinois étant moins étendu que dans les pays développés, le besoin d'épargne privée s'en trouve accru. Les facteurs culturels jouent également un rôle, l'épargne étant traditionnellement considérée comme une vertu dans la société chinoise. Cependant, la hausse actuelle du taux d'épargne dépasse les normes culturelles et démographiques et reflète une réelle insécurité économique.

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Troisième guerre commerciale : les droits de douane punitifs de Washington, catalyseur d'un nouveau régime géoéconomique

Le conflit commercial sino-américain a évolué ces dernières années, passant d'un simple différend tarifaire à un conflit géoéconomique systémique de grande ampleur. Le gouvernement américain a considérablement renforcé les droits de douane punitifs sur une large gamme de produits chinois, notamment dans des secteurs stratégiques tels que les véhicules électriques, les batteries, les semi-conducteurs, l'énergie solaire et d'autres produits de haute technologie. Les droits de douane sur certaines catégories de marchandises ont atteint jusqu'à 100 %, excluant de fait de nombreux produits chinois du marché américain. Cette politique doit être perçue moins comme une mesure de pression à court terme que comme un élément d'une stratégie à long terme visant à freiner l'ascension de la Chine dans les secteurs clés de l'avenir et à réduire la dépendance de l'Occident aux chaînes d'approvisionnement chinoises.

Ces mesures ont des conséquences importantes pour la Chine. Si les États-Unis ne sont plus le premier acheteur de produits chinois, ils demeurent un marché majeur, doté d'un fort pouvoir d'achat et d'une influence technologique considérable. La perte de parts de marché aux États-Unis contraint les entreprises chinoises à réorienter leur production excédentaire vers d'autres marchés, notamment l'Europe, les économies émergentes et les pays du Sud. Ceci, à son tour, exacerbe les tensions commerciales avec l'Union européenne, qui subit de plus en plus la pression d'une vague d'importations chinoises à prix agressifs. Ainsi, la politique tarifaire américaine a des répercussions bien au-delà du cadre bilatéral et contribue à la fragmentation du commerce mondial.

Les dirigeants chinois réagissent aux mesures américaines par des actions juridiques dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce et par la diplomatie bilatérale, ainsi que par un réalignement stratégique de leurs flux d'exportation et de leurs objectifs d'investissement. La Chine cherche à conquérir de nouveaux marchés dans les pays du Sud, notamment en intensifiant son activité dans le cadre de l'initiative « la Ceinture et la Route », en concluant des accords de libre-échange bilatéraux et en investissant dans des projets d'infrastructure en Afrique, en Amérique latine et en Asie du Sud-Est. Par ailleurs, Pékin s'attache de plus en plus à développer ses propres plateformes technologiques afin de réduire sa dépendance à l'égard de la technologie américaine, en particulier dans les domaines des semi-conducteurs, des logiciels et des machines de haute technologie. La guerre commerciale accélère ainsi un découplage technologique susceptible de modifier durablement la structure du système commercial mondial.

 

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Faible à l'intérieur, agressive à l'extérieur : le jeu dangereux de l'économie chinoise

Bruxelles sous pression : la lutte de l'Europe contre la vague d'exportations chinoises

L'Union européenne se trouve prise en étau entre la stratégie d'exportation agressive de la Chine et les politiques protectionnistes des États-Unis. L'Europe est à la fois un marché important et un partenaire technologique majeur pour la Chine, mais elle est de plus en plus la cible d'un afflux massif d'exportations alimenté par la surcapacité de production de la République populaire de Chine. Ce phénomène est particulièrement visible dans des secteurs tels que les véhicules électriques, les technologies solaires, les composants d'éoliennes, les batteries, l'acier et les produits chimiques. Les industriels européens dénoncent une forte pression sur les prix, qu'ils estiment impossible sans les importantes subventions d'État chinoises. La Commission européenne a donc ouvert plusieurs enquêtes sur les distorsions de concurrence et imposé des droits compensateurs provisoires ainsi que des prix minimaux dans les secteurs sensibles.

Ces mesures de politique commerciale marquent un tournant dans la politique européenne à l'égard de la Chine. Si l'Europe s'est longtemps appuyée sur le dialogue, la coopération et l'ouverture des marchés, une protection industrielle défensive occupe une place de plus en plus centrale. Dans le secteur des véhicules électriques, des droits de douane supplémentaires et des prix minimaux ont été instaurés afin de prévenir une guerre des prix dévastatrice qui pourrait fragiliser structurellement l'industrie automobile européenne. Dans le domaine des technologies solaires, autrefois au bord du gouffre sous l'effet d'une vague d'exportations chinoises, il convient d'éviter que cette situation ne se reproduise. L'UE s'efforce de concilier des objectifs de politique industrielle, tels que le développement de ses propres capacités de production de batteries, de semi-conducteurs et de technologies vertes, avec des instruments de défense commerciale.

Pour la Chine, cette situation est ambiguë. D'une part, les marchés européens restent attractifs malgré les droits de douane supplémentaires, car la disposition à payer est élevée et la demande de technologies vertes est politiquement encouragée. D'autre part, Bruxelles signale sans équivoque qu'un modèle économique permanent fondé sur une surproduction subventionnée ne sera pas accepté. Pour les entreprises européennes, la question se pose de savoir comment trouver un juste équilibre entre protection contre le dumping et ouverture à la concurrence. Une approche protectionniste excessive risque d'entraîner des représailles de la part de la Chine, telles que des restrictions sur les exportations de matières premières critiques ou l'accès aux technologies, tandis qu'une approche trop laxiste pourrait aggraver la désindustrialisation en Europe.

La croissance tirée par les exportations comme impasse : les limites du modèle chinois

Depuis des décennies, le modèle de croissance chinois repose sur une combinaison d'investissements massifs, d'un développement industriel rapide, de bas salaires et d'une production axée sur l'exportation. Ce modèle a connu un succès extraordinaire, mais il atteint ses limites dans le contexte actuel. Les marchés mondiaux ne peuvent absorber indéfiniment la capacité de production chinoise, en constante augmentation. Les conflits commerciaux avec les États-Unis et la hausse des dépenses de défense de l'UE démontrent que l'ère d'une expansion des exportations quasi illimitée est révolue. Parallèlement, la pression politique s'accentue dans les pays du Sud pour qu'ils développent leurs propres industries et cessent de servir de débouché permanent à la production excédentaire chinoise.

La Chine tente de résoudre ce dilemme en déplaçant la chaîne de valeur industrielle vers le haut, en privilégiant les hautes technologies, les technologies vertes et les produits industriels complexes. Cependant, cela ne modifie guère la logique fondamentale du modèle : la surcapacité continue d’être réduite par les exportations, tandis que la demande intérieure reste inférieure au potentiel de croissance. La faiblesse structurelle de la consommation privée, la faible part des salaires dans le revenu national et le taux d’épargne élevé empêchent l’économie nationale de jouer pleinement son rôle de moteur de croissance stable. Les tentatives visant à masquer ce problème par des programmes industriels et des subventions publiques toujours plus importants ne font qu’exacerber la surcapacité et les risques d’endettement.

Une transformation durable du modèle de croissance chinois exigerait un renforcement significatif de la consommation privée et du secteur des services. Cela impliquerait des réformes profondes des systèmes de sécurité sociale et de retraite afin de réduire l'épargne-retraite obligatoire, ainsi qu'une redistribution accrue des revenus en faveur des ménages. Par ailleurs, l'État devrait se préparer à fermer les entreprises publiques inefficaces, à consolider les mécanismes de marché et à créer davantage d'espace pour les entreprises privées. Cependant, ces mesures se heurtent à l'objectif politique du pouvoir, qui privilégie le contrôle et la stabilité au détriment de la dynamique du marché. Le blocage des réformes qui en résulte contribue à l'enracinement des faiblesses structurelles de la croissance.

Risques pour l'Europe : et si la faiblesse de la Chine devenait un choc mondial

Pour l'Europe, et notamment pour les économies tournées vers l'exportation comme l'Allemagne, l'évolution de la situation en Chine est cruciale. La Chine représente non seulement un marché majeur pour les machines, les automobiles, les produits chimiques et les biens d'équipement, mais aussi un maillon essentiel des chaînes de valeur mondiales. Un ralentissement significatif de la croissance chinoise impacte donc l'industrie européenne par plusieurs voies. Premièrement, la demande d'exportations européennes, en particulier de biens industriels à forte intensité capitalistique, diminue. Deuxièmement, la Chine compense ce ralentissement en intensifiant ses efforts d'exportation vers d'autres marchés, ce qui accroît la pression concurrentielle sur les producteurs européens. Troisièmement, les réactions des marchés financiers et des changes, telles qu'une dévaluation du renminbi, peuvent engendrer de nouvelles perturbations du commerce mondial.

L’Europe se trouve donc face à un dilemme : d’une part, elle a intérêt à ce que la Chine soit stable et prospère, car elle constitue un marché de vente, un lieu d’investissement et un partenaire face aux défis mondiaux tels que la protection du climat et la transition énergétique. D’autre part, la stratégie d’exportation chinoise contraint de plus en plus l’UE à protéger ses propres industries du dumping et à réduire ses dépendances stratégiques. Si une crise profonde en Chine pourrait stimuler les exportations à court terme, elle pourrait aussi contribuer à une récession mondiale à moyen terme, qui frapperait particulièrement durement les économies européennes tournées vers l’exportation. La réponse européenne devra donc reposer sur une double stratégie de diversification des risques et de coopération sélective.

Pour les entreprises allemandes et européennes, cela signifie qu'il convient de réduire systématiquement leur dépendance à la Chine en matière d'approvisionnement, de production et de vente. La diversification des chaînes d'approvisionnement vers d'autres pays asiatiques, l'Amérique latine ou l'Europe de l'Est revêtira une importance croissante. Parallèlement, le marché chinois demeure indispensable à de nombreux secteurs, rendant une approche purement conflictuelle irréaliste. Sur le plan stratégique, il sera crucial d'identifier les segments où la coopération avec la Chine reste pertinente et ceux où le développement de capacités indépendantes ou la mise en place de partenariats alternatifs doivent être privilégiés.

La manière dont la Chine sort du piège de la croissance est en train de devenir un test pour le monde entier

L'état actuel de l'économie chinoise présente un tableau paradoxal, alliant une vigueur impressionnante à l'exportation à une fragilité structurelle croissante. Si l'objectif de croissance de 5 % est atteint grâce à une combinaison d'offensives à l'exportation, d'interventions gouvernementales et de lissage statistique, le moteur de la croissance interne s'essouffle. La demande intérieure demeure nettement inférieure à son potentiel, la crise immobilière freine l'activité, le niveau d'endettement est élevé et la confiance des consommateurs et des entreprises est fragile. Parallèlement, la surcapacité dans des secteurs clés exacerbe les tensions commerciales avec les États-Unis et l'Union européenne et accélère la fragmentation de l'économie mondiale.

Pour la Chine, le principal défi consistera à faire évoluer son modèle de croissance, fondé sur une production excédentaire tirée par les exportations, vers une structure davantage axée sur le marché intérieur, l'innovation et la productivité. La réussite de cette transition déterminera non seulement la stabilité sociale et politique de la République populaire, mais aussi l'architecture future de l'économie mondiale. Une transition maîtrisée, soutenue par des réformes, limiterait les chocs mondiaux et maintiendrait les voies de coopération ouvertes. En revanche, un processus d'ajustement désordonné, caractérisé par une instabilité financière, des réactions protectionnistes et une incertitude politique croissante, pourrait constituer la plus grande épreuve pour le système économique international depuis des décennies.

L'Europe et les États-Unis sont confrontés au défi de définir clairement leurs intérêts vis-à-vis de la Chine tout en préservant autant que possible l'ouverture du système commercial mondial. Une approche purement conflictuelle entraînerait une perte de prospérité pour tous et entraverait la résolution des problèmes mondiaux. Une politique pragmatique et stratégique, combinant des instruments de défense contre les pratiques commerciales déloyales et une coopération ciblée dans des domaines spécifiques, apparaît comme la voie réaliste à suivre. C'est dans cette tension entre rivalité et coopération que se jouera l'issue : la transition de la Chine vers un nouveau modèle de croissance se transformera-t-elle en un ajustement harmonieux ou en un point de tension mondial ?.

 

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