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Mercosur | L'Europe peut encore le faire : voici comment l'UE sécurise ses matières premières pour l'avenir – Le signal à Trump et XI arrive à point nommé !

Mercosur | L'Europe peut encore le faire : voici comment l'UE sécurise ses matières premières pour l'avenir – Le signal à Trump et XI arrive à point nommé !

Mercosur | L'Europe peut encore y arriver : voici comment l'UE sécurise ses approvisionnements en matières premières pour l'avenir – Un signal clair envoyé à Trump et à Xi Jinping au moment opportun ! – Image : Xpert.Digital

440 000 nouveaux emplois ? Le potentiel gigantesque de l’accord du Mercosur révélé

MISE À JOUR 23.01.2025 : AU SECOURS, l’Europe n’y arrivera finalement pas !

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Bien plus qu'un simple accord commercial : la démarche stratégique de l'Europe dans l'architecture du pouvoir mondial

Après un quart de siècle de négociations ardues, l'Union européenne a tracé la voie, en décembre 2024, d'un accord de partenariat historique avec les pays du Mercosur. Cette décision marque un tournant dans la politique commerciale mondiale et intervient à un moment où le monde occidental recherche de nouvelles alliances stratégiques. Les négociations avec le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay se sont prolongées pendant des décennies depuis 1999, les intérêts nationaux et les groupes de pression sectoriels bloquant systématiquement le processus. Désormais, la plus grande zone de libre-échange au monde, qui englobe plus de 700 millions de personnes, est sur le point d'être finalisée, ce qui pourrait redessiner la carte géopolitique. L'accord politique du 6 décembre 2024 a été finalisé en janvier 2026 avec l'approbation du Conseil européen, suite aux demandes de garanties supplémentaires formulées par certains pays comme l'Italie, la France et l'Autriche. La signature est prévue pour le second semestre 2026, avec une application provisoire dès 2026 ou 2027.

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Les opportunités économiques de l'Europe sur le marché sud-américain

La dimension économique de cet accord est considérable. La Commission européenne prévoit une augmentation des exportations annuelles de l'UE vers le Mercosur pouvant atteindre 39 %, ce qui représenterait un volume d'échanges supplémentaire de 49 milliards d'euros et la création de plus de 440 000 emplois au sein de l'Union européenne. Ces chiffres illustrent l'énorme potentiel de la coopération avec l'Amérique du Sud. Actuellement, 12 500 entreprises allemandes exportent déjà vers cette région, dont 72 % sont des petites et moyennes entreprises (PME) qui bénéficieraient tout particulièrement d'un meilleur accès au marché. Ces PME constituent l'épine dorsale de l'économie allemande et profiteraient tout particulièrement de meilleures conditions d'accès au marché. L'industrie allemande, présente en Amérique du Sud depuis plus d'un siècle, considère cet accord comme un renforcement attendu de sa compétitivité.

Des opportunités particulièrement importantes se dessinent pour les secteurs de l'automobile, de la construction mécanique, de la pharmacie et de la chimie. Actuellement, un droit de douane de 35 % est appliqué aux importations de voitures dans les pays du Mercosur ; ce droit serait supprimé par l'accord. L'industrie chimique allemande, qui a exporté pour 4,3 milliards d'euros de marchandises vers le Mercosur en 2024, pourrait considérablement renforcer sa position sur le marché. La construction mécanique, autre secteur clé des exportations allemandes, bénéficierait également de manière significative de la réduction tarifaire pouvant atteindre 35 %. Ces secteurs sont donc essentiels à la stratégie d'exportation de l'Allemagne, et l'accord envoie un signal positif à l'industrie, démontrant que l'Europe est de nouveau capable d'agir.

La question agricole et sa dramatisation exagérée

L'impact sur le secteur agricole fait l'objet de vifs débats, les risques réels étant souvent largement surestimés. Une modélisation scientifique réalisée par l'Institut Thünen de recherche agricole montre que la production avicole de l'UE ne diminuerait que de 1,5 % après l'entrée en vigueur des réductions tarifaires. Plus précisément, les Sud-Américains ne produiront qu'environ 1 % de volaille en plus qu'en l'absence d'accord. La protection offerte par les tarifs douaniers et les normes existants demeure en grande partie intacte, et les effets réels sur le marché sont considérablement moindres que ne le laisse entendre le débat public. Parallèlement, de nouvelles opportunités d'exportation s'ouvrent pour les spécialités européennes telles que le vin, le fromage et l'huile d'olive, qui étaient auparavant pénalisées par des droits de douane élevés sur les marchés du Mercosur. L'accord permet à l'UE d'exporter 30 000 tonnes de fromage par an en franchise de droits vers les pays du Mercosur. De plus, les partenaires sud-américains sont tenus de protéger environ 350 indications géographiques d'origine, telles que la bière bavaroise ou les saucisses de Nuremberg, contre les imitations, ce qui renforce considérablement la position des produits européens de qualité. Ces aspects sont systématiquement sous-estimés dans le débat public.

Afin de protéger le secteur agricole, l'UE a également mis en place des clauses de sauvegarde complètes. En cas d'augmentation préjudiciable des importations en provenance des pays du Mercosur ou de chute excessive des prix pour les producteurs européens, des contre-mesures peuvent être rapidement appliquées, suspendant temporairement les avantages tarifaires. Ces mesures de sauvegarde constituent un instrument éprouvé dans les accords commerciaux internationaux et offrent une protection substantielle aux producteurs européens. Toutefois, cela révèle également un problème : dans certains pays européens, le débat public est dominé par les associations agricoles qui présentent un scénario de menace existentielle, alors même que les données scientifiques ne le confirment pas.

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Importance géopolitique et signal adressé aux rivaux mondiaux

La portée géopolitique de l'accord du Mercosur dépasse largement ses aspects purement économiques. À l'heure où les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, mettent en œuvre des mesures protectionnistes et menacent d'imposer des droits de douane allant jusqu'à 50 % sur les exportations européennes, cet accord envoie un signal clair d'ouverture commerciale et d'autonomie stratégique. La Chine a déjà supplanté l'Union européenne comme premier partenaire commercial d'Amérique latine, et le volume des échanges du Mercosur avec la Chine est environ 58 % supérieur à celui avec l'UE. La part de la Chine dans les échanges du Mercosur a quintuplé, passant de seulement 2 % en 2000 à un impressionnant 24 % en 2023. Les échanges commerciaux chinois avec les pays du Mercosur s'élèvent désormais à environ 185 milliards de dollars, tandis que les relations commerciales UE-Mercosur n'atteignent qu'environ 180 milliards d'euros. Ce contraste est particulièrement frappant dans le domaine des exportations de matières premières : environ 69 % des exportations de soja et 64 % des exportations de minerai de fer du Mercosur sont destinées à la Chine. Les investissements directs chinois au Brésil ont augmenté de 34 % rien qu'en 2024.

La part de l'UE dans le commerce extérieur total du Mercosur s'est effondrée, passant de plus de 31 % en 2000 à un maigre 15 % en 2023. Il ne s'agit pas simplement d'une statistique, mais bien de l'expression d'un profond bouleversement des rapports de force. Les pays du Mercosur ne se perçoivent plus comme des suppliants, mais comme des partenaires recherchés dans une région où la Chine investit massivement et où les États-Unis tentent de revitaliser leur influence. La Chine a renforcé sa présence non pas par un accord de libre-échange, mais par des investissements directs systématiques, des prêts et des projets d'infrastructures stratégiques tels que le nouveau port en eau profonde du Pérou, inauguré personnellement par Xi Jinping. L'accord du Mercosur permet à l'UE de regagner son influence dans la région et de s'affirmer comme un partenaire fiable en matière de démocratie et de gouvernance fondée sur des règles. Le soft power européen – sa capacité à exercer une influence par le biais de valeurs et de règles – gagne en attractivité, surtout si les États-Unis, sous la présidence de Trump, recommencent à considérer l'Amérique latine comme leur arrière-cour.

Le blocus français et les limites de la prise de décision européenne

L'opposition de la France à l'accord a constitué un obstacle majeur. Le président Emmanuel Macron a réaffirmé à plusieurs reprises que la France ne l'approuverait pas, une position dictée par de fortes pressions internes du secteur agricole. La FNSEA, principale organisation représentant les agriculteurs français, s'oppose fermement à l'accord, craignant que 100 000 tonnes de viande bovine en provenance des pays du Mercosur n'entrent sur le marché européen à des droits de douane réduits. Toutefois, ces craintes sont disproportionnées compte tenu de l'impact réel limité et des nombreuses clauses de sauvegarde. M. Macron a modifié sa position à plusieurs reprises, soulignant la difficulté de concilier les intérêts nationaux et les objectifs stratégiques européens. L'Assemblée nationale et le Sénat français ont voté massivement contre l'accord, témoignant de sa sensibilité politique. Finalement, la France n'a pas pu bloquer l'accord, car son approbation par le Conseil de l'UE exigeait une majorité qualifiée, et un nombre suffisant d'États membres ont voté pour.

L'Italie, sous la direction de Giorgia Meloni, a d'abord exigé des reports et des concessions supplémentaires. Cette position obstructionniste a entraîné le report de la signature prévue de fin décembre 2024 à début janvier 2026. Mme Meloni souhaitait obtenir des accords complémentaires en début d'année avant la signature. Grâce à des garanties supplémentaires visant à protéger les agriculteurs italiens, le blocage a finalement été levé.

Le partenariat stratégique avec le Mercosur et ses aspects institutionnels

Le partenariat stratégique avec le Mercosur dépasse largement le simple cadre du commerce. L'accord comprend des traités exhaustifs de dialogue et de coopération politiques, ouvrant la voie à une collaboration renforcée dans les domaines de la recherche et du développement, de l'éducation et de la formation, et de la culture. Ces aspects non commerciaux sont essentiels pour ancrer durablement les intérêts européens dans la région. L'UE a perdu de son prestige à l'échelle mondiale ces dernières années, y compris en Amérique latine. L'accord avec le Mercosur offre l'opportunité de restaurer ce prestige et de se positionner comme un partenaire fiable pour des solutions multilatérales. Les entreprises européennes sont déjà leaders sur de nombreux marchés clés en Amérique latine, tels que la finance, l'automobile, l'énergie, les télécommunications et les infrastructures. Sans accord contraignant, ces atouts stratégiques seraient imprudemment dilapidés. L'accord fera d'abord l'objet d'un examen juridique et d'une traduction, étapes indispensables à la suite du processus. Après la signature prévue au second semestre 2026, la ratification par les parlements participants aura lieu, l'approbation du Parlement européen demeurant une étape cruciale.

 

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Coup de maître européen sur les matières premières : comment cet accord sécurise notre approvisionnement en lithium et en hydrogène

La sécurité énergétique et des matières premières comme motivation centrale

La sécurité énergétique et des ressources est un aspect central de l'accord. Les pays du Mercosur possèdent d'abondantes ressources en matières premières et sont d'importants fournisseurs de produits agricoles et d'énergie. L'accord garantit l'accès à ces ressources et renforce considérablement la résilience de la chaîne d'approvisionnement de l'UE. Ceci est particulièrement pertinent dans un contexte de tensions géopolitiques et de recherche de sources d'approvisionnement alternatives. L'Amérique latine détient la moitié des réserves mondiales de lithium, plus d'un tiers des gisements de cuivre et environ un cinquième des réserves mondiales de nickel et de terres rares. Le Chili, l'Argentine et le Brésil sont considérés comme particulièrement attractifs pour les investissements européens dans les matières premières. L'Agence internationale de l'énergie prévoit une augmentation de la demande en matières premières critiques de plus de 6 % par an jusqu'en 2030.

La réduction des taxes à l'exportation sur le soja argentin permettra de baisser le prix des aliments pour animaux en Allemagne et de renforcer la compétitivité de l'agriculture nationale. D'après les projets annoncés, la région pourrait produire plus de 7 millions de tonnes d'hydrogène bas carbone par an d'ici 2030, dont environ 80 % au sein du Mercosur. Ceci ouvre d'immenses perspectives aux entreprises européennes dans les domaines de l'hydrogène vert et des énergies renouvelables. L'accord vise également à limiter les exportations de minéraux critiques afin de favoriser la création de valeur locale et non de promouvoir une extraction incontrôlée de matières premières. Ces aspects sont trop rarement mis en avant dans le débat public, qui a tendance à se focaliser sur les risques perçus.

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Un examen critique des réglementations en matière de protection de l'environnement

Les critiques soulignent à juste titre que les dispositions relatives à la protection de l'environnement dans l'accord sont loin d'être optimales. Le règlement européen sur la déforestation entrera en vigueur le 30 décembre 2025, avec pour objectif d'interdire la vente sur les marchés de l'UE de produits dont la production entraîne la destruction des forêts. Or, l'accord de libre-échange stipule que les pays du Mercosur bénéficieront d'un « traitement préférentiel » et que leurs certifications officielles seront reconnues. Autrement dit, les institutions mêmes qui ont peu œuvré par le passé pour prévenir la déforestation pourraient avoir leur mot à dire quant au respect des règles européennes. Les clauses convenues sur la déforestation et les normes environnementales sont inapplicables et ne prévoient pas de sanctions directes en cas de violation de l'Accord de Paris sur le climat ou d'autres objectifs de développement durable. De ce fait, des dizaines de milliers d'hectares de terres sont menacés chaque année par la déforestation, notamment dans le Cerrado brésilien et en Amazonie.

La mise en œuvre du règlement européen sur la déforestation dans les pays du Mercosur engendre des coûts réglementaires considérables, et l'infrastructure nécessaire à son bon déroulement doit encore être considérablement développée. Les petits exploitants agricoles, en particulier, courent un risque élevé d'exclusion des chaînes de valeur de l'UE, car ils sont souvent incapables de satisfaire aux obligations de diligence raisonnable et de fournir la documentation requise. À ces lacunes techniques s'ajoutent des problèmes d'incitation pour les acteurs des pays producteurs à investir dans la mise en œuvre de ces normes. Pour surmonter ces difficultés, il est essentiel d'établir des structures de communication efficaces entre l'UE, les autorités nationales chargées de l'application du règlement et les acteurs des pays producteurs.

Il convient toutefois de nuancer cette vision critique. Les évaluations scientifiques des impacts montrent que les risques pour le secteur agricole européen sont surestimés. Les modélisations de l'Institut Thünen indiquent des processus d'adaptation modérés, tandis que les opportunités pour les exportateurs spécialisés l'emportent nettement sur les risques. Les effets environnementaux réels dépendent fortement de la stricte mise en œuvre des clauses de sauvegarde convenues et du respect des normes environnementales. La Commission s'est engagée à garantir des contrôles rigoureux sur les produits importés et à surveiller leur conformité aux normes européennes. Par ailleurs, il est important de noter que la demande européenne de soja, de viande bovine et d'autres produits contribue déjà à la déforestation, indépendamment de l'existence d'un accord commercial. La Chine importe déjà massivement des produits sud-américains, accélérant ainsi la déforestation, sans qu'un accord de libre-échange soit nécessaire.

L'architecture du commerce mondial et le rôle de l'Europe

L'impact à long terme sur la compétitivité mondiale de l'Europe est considérable. Cet accord positionne l'UE comme un acteur majeur de l'architecture commerciale mondiale et renforce sa crédibilité sur la scène internationale. Face à la montée de l'unilatéralisme et des tendances protectionnistes, l'UE envoie un signal clair en faveur de solutions multilatérales et d'un commerce fondé sur des règles. Ceci est d'autant plus important compte tenu des défis posés par la Chine et les États-Unis. L'économie européenne repose sur le développement de nouveaux marchés et la recherche de partenaires stratégiques à long terme. L'accord Mercosur offre précisément cette perspective, tout en garantissant l'accès aux matières premières et aux ressources énergétiques essentielles. Le chancelier Friedrich Merz a salué la décision de l'UE comme une étape importante et a souligné que l'accord renforcerait l'économie européenne et améliorerait les relations commerciales avec les partenaires sud-américains.

Les tensions géopolitiques sont exacerbées par la situation internationale actuelle. Sous la présidence de Trump, les États-Unis ont clairement indiqué qu'ils redéfinissaient leurs alliances traditionnelles et envisageaient des mesures protectionnistes à l'encontre des exportations européennes. La Chine, quant à elle, a considérablement renforcé sa présence en Amérique latine et a supplanté l'UE comme principal partenaire commercial de la région. L'accord du Mercosur n'est donc pas seulement une mesure économique, mais un instrument stratégique pour la sauvegarde des intérêts européens dans une région qui devient de plus en plus le théâtre de la lutte des puissances mondiales. L'UE doit choisir entre une approche active et une attitude passive. Le fait que les deux parties soient enfin parvenues à un accord après 25 ans démontre que la nécessité d'un tel accord est devenue évidente.

Les défis structurels de la prise de décision européenne

Le débat autour de cet accord révèle également les difficultés structurelles du processus décisionnel européen. La nécessité de parvenir à un consensus entre 27 États membres aux intérêts économiques et priorités politiques divergents entrave considérablement une action rapide et décisive. Le lobby agricole, en France et dans d'autres États membres, exerce une influence considérable sur les politiques nationales et peut ainsi bloquer l'ensemble du processus. Ces mécanismes de veto compromettent la capacité de l'UE à agir rapidement dans un contexte mondial de plus en plus concurrentiel. La Commission a donc dû trouver un juste équilibre entre les intérêts légitimes des agriculteurs et les objectifs stratégiques de l'Union. Cela n'a été possible qu'en instaurant des garanties supplémentaires et en assurant directement à des pays comme l'Italie que leurs préoccupations seraient prises en compte. Finalement, l'UE a réussi à tenir ses engagements, démontrant ainsi sa capacité à agir sous pression. Cependant, le processus a été considérablement plus long et plus ardu que prévu, et 25 années ont été perdues, durant lesquelles la Chine a progressivement étendu son influence.

L'importance historique de l'accord

Il ne faut pas sous-estimer la dimension historique de cet accord. Après 25 ans de négociations, marquées par des obstacles apparemment insurmontables, cet accord politique témoigne de la capacité de l'UE à négocier et à mettre en œuvre des accords internationaux complexes. Cette capacité à faire respecter les accords est cruciale face à la concurrence accrue de la Chine et des États-Unis. L'UE a démontré que, malgré la complexité de ses processus décisionnels, elle est capable de réunir la majorité nécessaire au moment décisif. Cela renforce la crédibilité de l'Union en tant que partenaire fiable et lui permet d'affirmer ses valeurs et ses intérêts dans le monde. Cette victoire n'est pas celle d'une majorité écrasante et enthousiaste, mais la reconnaissance pragmatique d'une nécessité. C'est précisément ce qui la rend significative. Le chancelier Merz a également souligné clairement que 25 ans de négociations, c'était beaucoup trop long et que l'UE devait désormais conclure rapidement de nouveaux accords de libre-échange.

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Implications pratiques pour les entreprises allemandes et européennes

Les opportunités économiques pour l'industrie allemande sont considérables. Les secteurs allemands de la construction mécanique, de l'automobile, de la chimie et des dispositifs médicaux anticipent une forte croissance de leurs exportations grâce à la suppression des droits de douane et des barrières commerciales. Les pays du Mercosur ont besoin d'investissements massifs dans les infrastructures, les énergies renouvelables, la production d'hydrogène et le développement de structures de production modernes. La technologie et l'expertise allemandes sont recherchées dans le monde entier dans ces domaines. Les entreprises devraient profiter de la phase de ratification pour élaborer leurs stratégies d'entrée sur le marché et nouer des partenariats locaux. L'Association allemande de l'industrie chimique (VCI) a salué l'approbation du Conseil de l'UE, tout comme les chambres de commerce et d'industrie régionales, qui ont reconnu l'immense potentiel pour les entreprises locales. La Chambre de commerce et d'industrie de Basse-Saxe qualifie le Mercosur de « marché clé » pour les entreprises allemandes et reconnaît que la suppression des droits de douane, pouvant atteindre 35 %, constitue un avantage considérable pour les exportations.

La nouvelle zone de libre-échange, qui concernera plus de 700 millions de personnes, sera la plus vaste au monde. Cet accord controversé a été rendu possible grâce à de nouvelles concessions au secteur agricole et à des assurances pragmatiques données aux pays sceptiques. Ces solutions, aussi insatisfaisantes soient-elles parfois, sont parfois nécessaires pour mener à bien des négociations internationales complexes. La question demeure de savoir si ces compromis suffiront à garantir l'adoption de l'accord par le Parlement européen, qui doit encore l'approuver formellement. Cependant, les signaux reçus jusqu'à présent sont plutôt positifs. Une résolution contre l'accord a été déclarée irrecevable par le Parlement européen, ce qui signifie que ses partisans sont susceptibles d'y obtenir la majorité. La commission des budgets du Parlement européen a déjà approuvé des mécanismes de sauvegarde pour les importations agricoles en provenance des pays du Mercosur début février 2025, ce qui indique que les travaux pratiques de ratification sont en cours.

Perspectives pour la stratégie européenne

L'accord Mercosur s'inscrit dans une stratégie européenne plus large de sécurité et de diversification économiques. L'UE vise à réduire sa dépendance aux marchés américain et chinois et à renforcer sa position en Amérique du Sud. L'accès à des matières premières essentielles comme le lithium et le nickel est crucial pour la transition énergétique européenne et le développement de ses propres industries de batteries et de véhicules électriques. Sans chaînes d'approvisionnement sécurisées pour ces matières premières, la stratégie européenne de décarbonation est vouée à l'échec. Cet accord permet également aux entreprises européennes d'accéder à de nouveaux marchés, réduisant ainsi leur dépendance vis-à-vis des différentes régions. Il s'agit d'un élément fondamental de la stratégie de l'UE pour la résilience économique et la délocalisation des capacités de production allemandes et européennes.

Une refonte complète de la politique commerciale européenne est indispensable pour rester compétitive face à la Chine et aux États-Unis. La Chine mène une politique commerciale active malgré l'opposition de certaines provinces, tandis que les États-Unis, sous la présidence de Trump, sont prêts à sacrifier leurs alliances traditionnelles pour améliorer leurs perspectives d'exportation. L'UE doit gagner en agilité et en flexibilité, mais sans renoncer à ses valeurs et à ses normes. L'accord du Mercosur vise à maintenir cet équilibre tout en renforçant son efficacité internationale. Il n'est pas parfait, mais constitue un pas important dans la bonne direction. L'histoire dira si cette avancée a été suffisamment rapide pour préserver la position de l'Europe dans un ordre mondial en pleine mutation.

 

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