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International Car Operators (ICO) prévoit de construire un garage multi-stockage pour 10 000 véhicules à Zeebrugge, en Belgique

Un garage multi-stockage pour 10 000 véhicules

Un garage multi-stations de stockage pour 10 000 véhicules – image d'illustration : Xpert.Digital

Densification verticale comme réponse aux goulets d'étranglement structurels en matière de capacité : la transformation stratégique des terminaux automobiles européens

Quand l'espace devient un goulot d'étranglement : pourquoi le plus grand parking couvert d'Europe se construit en hauteur plutôt qu'en largeur

L'investissement annoncé par International Car Operators dans un garage multi-stations de stockage de 10 000 véhicules à Zeebrugge représente bien plus qu'une simple extension d'infrastructure. Il symbolise un changement de paradigme fondamental dans la logistique automobile européenne, où les limites physiques de l'expansion horizontale se heurtent aux limitations structurelles des modèles commerciaux traditionnels. À l'heure où les terminaux automobiles européens sont confrontés à une baisse de leur activité, à des bouleversements géopolitiques et à une profonde mutation des flux commerciaux mondiaux, une question se pose : l'intégration verticale est-elle un modèle d'efficacité tourné vers l'avenir ou simplement une solution transitoire coûteuse dans un secteur fondamentalement instable ?

La triple crise des terminaux automobiles européens

La logistique automobile européenne est confrontée à un défi sans précédent, fruit de la convergence de trois mutations fondamentales. Premièrement, l'Europe, autrefois exportatrice nette, est devenue importatrice nette de véhicules, notamment en raison de l'inversion des flux commerciaux induite par les véhicules électriques chinois. Au cours des neuf premiers mois de 2024 seulement, l'Europe a importé environ 581 000 véhicules de Chine, tandis que les marques chinoises représentent désormais 8 % du marché européen des véhicules électriques. Ce bouleversement profond des structures logistiques traditionnelles exige une réorganisation complète des capacités des terminaux.

Deuxièmement, les terminaux automobiles européens souffrent d'un déclin structurel de leur capacité, exacerbé par les bouleversements géopolitiques. Les attaques des Houthis en mer Rouge ont entraîné une réduction de 72 à 75 % du trafic de conteneurs via le canal de Suez depuis fin 2023. Concernant le trafic RoRo, le détournement par le cap de Bonne-Espérance se traduit par une augmentation moyenne des temps de transit de 33 % entre l'Asie et l'Europe, immobilisant ainsi environ 5 % de la capacité mondiale de la flotte RoRo. Ces délais de livraison allongés augmentent non seulement les niveaux de stocks dans les ports, mais réduisent également la capacité de transport disponible sur les océans.

Troisièmement, le manque d'espace dans les zones portuaires urbaines aggrave la pénurie structurelle. Le port d'Anvers-Bruges, qui comprend Zeebrugge, a enregistré une baisse de 9,4 % du trafic de véhicules, à 3,2 millions d'unités en 2024. Parallèlement, la durée d'immobilisation des véhicules dans les terminaux augmente en raison de l'évolution des modèles économiques des constructeurs automobiles, qui utilisent de plus en plus les terminaux portuaires comme espaces de stockage temporaires pour les travaux de finition spécifiques à leurs clients. Cette situation engendre un paradoxe : alors que le nombre absolu de véhicules diminue, la demande d'espace de stockage augmente de façon disproportionnée.

L'importance économique de ces développements est capitale. Zeebrugge est le plus grand terminal de stationnement d'Europe et, avec Anvers, il gère plus de 2,3 millions de véhicules par an. ICO y exploite 300 hectares d'espace terminal, soit environ 120 000 places de stationnement. Une inefficacité de 10 % dans l'utilisation de cet espace se traduit concrètement par la perte de 12 000 places de stationnement, soit environ 230 000 mouvements de véhicules par an, ce qui représente un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d'euros.

De l'immensité à la rareté stratégique : bref historique des zones terminales

Le développement des terminaux automobiles européens est indissociable de la mondialisation de l'industrie automobile après 1990. Durant cette période, les constructeurs européens se sont fortement développés sur les marchés d'exportation, tandis que les producteurs asiatiques ont commencé à pénétrer le marché européen. Zeebrugge s'est imposé comme la plateforme de choix, son port offrant une combinaison unique de proximité géographique avec les principaux marchés automobiles européens, un accès direct autoroutier et de vastes superficies foncières.

La première phase d'expansion majeure s'est déroulée entre 2000 et 2010, période durant laquelle ICO a progressivement étendu ses locaux à Zeebrugge à plus de 200 hectares. Durant cette période, le modèle d'expansion horizontale a prévalu : le foncier était relativement bon marché et l'efficacité des processus logistiques était optimisée principalement par la réduction des déplacements de véhicules et les liaisons directes entre les navires et la terre. Le coût moyen du foncier dans les zones portuaires était nettement inférieur à celui des propriétés commerciales en centre-ville, ce qui rendait l'utilisation extensive du foncier économiquement rationnelle.

La deuxième phase, débutée en 2010, a été caractérisée par des stratégies de densification, sans pour autant abandonner le modèle fondamental d'expansion horizontale. En 2018, ICO a signé un accord de concession pour 54 hectares supplémentaires au terminal de Bastenaken, portant la superficie totale à 300 hectares. Cet agrandissement a permis la manutention simultanée de 16 navires et a augmenté la capacité de traitement annuelle de 350 000 véhicules. Parallèlement, ICO a investi dans des mesures de développement durable, notamment l'installation de onze éoliennes d'une capacité totale de 44 mégawatts et de 308 bornes de recharge pour véhicules électriques afin d'accompagner la part croissante de ces derniers.

La troisième phase, amorcée vers 2020 et accélérée par la pandémie de COVID-19, marque la transition vers une densification verticale. Plusieurs facteurs ont motivé cette évolution : premièrement, les réserves foncières dans les zones portuaires existantes ont atteint leurs limites physiques. Le port d’Anvers-Bruges dispose de 974 hectares pour la logistique automobile, mais ces surfaces sont déjà largement occupées et limitées par des contraintes d’urbanisme, environnementales et d’infrastructures.

Deuxièmement, le coût d'opportunité de l'utilisation des sols a considérablement augmenté. Dans les zones portuaires densément peuplées, la logistique automobile entre en concurrence croissante avec d'autres activités telles que les terminaux à conteneurs, la logistique chimique et l'aménagement urbain. De ce fait, le coût implicite des terrains a atteint des niveaux où les solutions de stationnement structuré sont devenues économiquement attractives. Des études de marché montrent que les parkings à étages deviennent rentables à partir d'un prix du foncier d'environ trois millions d'euros par hectare, un seuil déjà franchi dans de nombreux ports européens.

Troisièmement, les exigences des constructeurs automobiles ont profondément évolué. La transition vers l'électromobilité nécessite un stockage à température contrôlée, une infrastructure de recharge et des options de finalisation élargies. Parallèlement, les modèles commerciaux sont passés des livraisons juste-à-temps à des durées de stockage plus longues pour les configurations spécifiques aux clients, ce qui a porté le temps de séjour moyen d'un véhicule dans le terminal de cinq à sept jours à dix à douze jours.

L’économie de la hauteur : acteurs, facteurs et logique de marché derrière la stratégie verticale

La décision d'ICO de construire un parking à étages de 10 000 places s'inscrit dans un ensemble complexe d'acteurs et de mécanismes économiques qui façonnent profondément le comportement du marché. Les principaux acteurs forment un système hiérarchique : au sommet figurent les autorités portuaires, telles que le port d'Anvers-Bruges, qui, en tant que concessionnaires, prennent les décisions stratégiques d'affectation des sols et définissent le cadre réglementaire. Au second niveau se trouvent les opérateurs de terminaux comme ICO, filiale à 100 % de la compagnie maritime japonaise Nippon Yusen Kaisha, qui, avec une part de marché de 14,7 % de la capacité mondiale de transport roulier, compte parmi les leaders mondiaux.

Le troisième niveau comprend les constructeurs automobiles et leurs prestataires logistiques qui, en tant que clients finaux, déterminent la demande. ICO dessert tous les principaux constructeurs automobiles et 23 compagnies maritimes, ce qui lui confère une position centrale dans la logistique automobile européenne. Cette position neutre sur le marché permet à ICO de fonctionner comme une plaque tournante pour une grande variété de flux commerciaux, à l'instar d'Heathrow dans le trafic aérien.

Les principaux facteurs économiques de la densification verticale peuvent être regroupés en quatre catégories : premièrement, les coûts marginaux de l’expansion horizontale augmentent de façon exponentielle, tandis que les coûts moyens des solutions verticales diminuent avec l’augmentation du volume. Une extension foncière classique de 67 hectares serait théoriquement nécessaire pour aménager 10 000 places de stationnement supplémentaires, à une densité de 150 véhicules par hectare. Compte tenu du prix du foncier estimé entre quatre et six millions d’euros par hectare à Zeebrugge, le coût total du terrain s’élèverait à 270 à 400 millions d’euros. En revanche, un parking à étages multiples, dont le coût de construction est estimé entre 4 000 et 5 000 euros par place, nécessiterait probablement un investissement total de 40 à 50 millions d’euros, bien que le coût réel puisse être plus élevé en raison de la complexité des grands parkings.

Deuxièmement, la proximité entre les postes d'amarrage et les zones de stockage génère des gains d'efficacité considérables. ICO souligne que le garage prévu sera situé directement au terminal de Bastenaken, ce qui réduira considérablement les distances à parcourir entre les navires et les zones de stockage. Ceci permet non seulement de réduire les émissions de CO2 par véhicule d'environ 60 à 80 % par rapport aux zones de stockage périphériques, mais aussi d'accélérer le débit. Avec un volume annuel de 2,3 millions de véhicules et un gain moyen de dix minutes de temps de trajet grâce à un positionnement optimisé, cela représente un potentiel d'économies théoriques d'environ 383 000 heures de conduite par an, soit, à un taux horaire calculé de 50 € pour le personnel et le matériel, une valeur de 19 millions d'euros.

Troisièmement, la densification verticale permet une utilisation plus flexible du sol. Alors que les espaces horizontaux sont généralement utilisés de manière monofonctionnelle pour le stationnement des véhicules, les structures à plusieurs étages peuvent intégrer différentes fonctions : stockage sur plusieurs niveaux, zones de finition pour les modifications techniques, infrastructures de recharge pour véhicules électriques et zones de contrôle qualité. Cette intégration fonctionnelle réduit les voies de circulation internes et permet des synergies de processus impossibles à réaliser avec une utilisation dispersée du sol.

Quatrièmement, cet investissement répond à l'évolution de la demande dans le secteur automobile. La part des véhicules électriques dans les ventes de voitures neuves en Europe a atteint un niveau record de 17 % au premier semestre 2025, la Chine jouant un rôle prépondérant en tant que site de production. Les exigences logistiques des véhicules électriques diffèrent fondamentalement de celles des véhicules conventionnels : elles nécessitent une infrastructure de recharge, un stockage à température contrôlée pour préserver la durée de vie des batteries et une finalisation technique avancée. Les garages à plusieurs étages permettent de répondre à ces exigences spécifiques plus efficacement que les aires de stockage ouvertes grâce à des conditions environnementales contrôlées et une infrastructure de recharge intégrée.

Les mécanismes de marché sous-jacents suivent une logique de rareté structurelle conjuguée à une évolution de la demande. Les terminaux automobiles européens opèrent sur un marché oligopolistique dominé par quelques grands opérateurs tels que ICO, Wallenius Wilhelmsen et UECC. Cette structure de marché limite la concurrence par les prix, tandis que la concurrence fondée sur la qualité et la capacité prend une importance croissante. Les opérateurs de terminaux qui augmentent leur capacité effective grâce à des investissements dans les infrastructures verticales peuvent gagner des parts de marché sans avoir à se livrer à une concurrence féroce axée sur les prix.

Parallèlement, le marché est soumis à un partage asymétrique des risques entre les autorités portuaires, les exploitants de terminaux et les constructeurs automobiles. Les autorités portuaires accordent des concessions à long terme et perçoivent des redevances portuaires indépendamment du taux d'utilisation réel des capacités. Les exploitants de terminaux, tels qu'ICO, supportent l'intégralité du risque lié à l'investissement et à l'utilisation des capacités, mais peuvent réaliser des synergies grâce à l'intégration verticale avec leur maison mère, NYK Line. Enfin, les constructeurs automobiles externalisent en grande partie les risques liés au stockage auprès de leurs partenaires logistiques, tout en conservant la maîtrise des décisions stratégiques en matière de logistique.

Le paradoxe de la capacité : moins de voitures, mais plus d'espace requis

L'analyse quantitative de la logistique automobile européenne révèle un tableau paradoxal : malgré la stagnation, voire la baisse, des volumes de véhicules, les goulets d'étranglement en matière de capacité s'aggravent. Le port d'Anvers-Bruges a enregistré un trafic total de 277,7 millions de tonnes en 2024, soit une croissance de 2,3 %. Toutefois, cette croissance est entièrement imputable aux conteneurs, dont le volume a augmenté de 8,9 %. Le trafic RoRo, quant à lui, a chuté de 3,4 %, tandis que le nombre de véhicules neufs a diminué de 9,4 % pour atteindre 3,2 millions d'unités. Cette tendance s'est poursuivie malgré la baisse des volumes absolus et l'augmentation simultanée des temps de séjour moyens.

Les raisons de ce paradoxe sont multiples : tout d’abord, les modèles économiques des constructeurs automobiles ont profondément évolué. Au lieu d’expédier directement les véhicules des terminaux aux concessionnaires, nombre d’entre eux utilisent désormais ces terminaux comme entrepôts pour les opérations de personnalisation destinées aux clients. Cela inclut l’installation d’équipements optionnels, des mises à jour logicielles de plus en plus complexes et la réalisation de contrôles qualité. Cette transformation, qui fait des terminaux de transit de simples centres de création de valeur, augmente le temps d’immobilisation des véhicules de 40 à 60 % en moyenne.

Deuxièmement, les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales entraînent une hausse des stocks. Le détournement du trafic maritime autour du cap de Bonne-Espérance allonge non seulement les délais de transit de sept à quatorze jours en moyenne, mais rend également les délais de livraison moins prévisibles. Des études montrent que la fiabilité des plannings, mesurée par le retard médian, est passée de moins de deux jours avant la crise à quatre à six jours. Cette incertitude contraint les constructeurs automobiles à maintenir des stocks de sécurité plus élevés, ce qui accroît l'espace nécessaire dans les terminaux portuaires.

Troisièmement, la transition vers l'électromobilité accentue la pénurie d'espace. Les véhicules électriques nécessitent en moyenne 30 % d'espace supplémentaire par unité que les véhicules conventionnels, en raison des exigences accrues en matière de sécurité incendie et de l'espace requis par l'infrastructure de recharge. Une analyse du marché européen des systèmes de stationnement mécaniques révèle que le segment des parkings à étages connaît une croissance annuelle de 14,8 % jusqu'en 2030, sous l'effet de la nécessité de garer les véhicules électriques de manière compacte et sécurisée.

Les conséquences financières de ces évolutions sont considérables. Le marché européen de la logistique automobile représentait un volume estimé à environ 85 milliards d'euros en 2024, dont environ 15 % (12,8 milliards d'euros) pour les terminaux portuaires. Le coût moyen par véhicule manutentionné dans les terminaux européens varie de 200 à 350 euros, en fonction de la durée d'amarrage et des services complémentaires. Une baisse de 10 % du débit, comme celle enregistrée à Anvers-Bruges en 2024, se traduit par des pertes de revenus d'environ 65 à 110 millions d'euros pour les opérateurs de terminaux.

Parallèlement, les coûts d'exploitation augmentent de manière disproportionnée. Les dépenses énergétiques liées à l'éclairage, à la climatisation et aux infrastructures de recharge ont progressé en moyenne de 80 à 120 % en termes réels depuis 2021. Les charges de personnel ont augmenté d'environ 15 à 20 % en raison d'une pénurie de main-d'œuvre qualifiée et des augmentations salariales négociées. Depuis 2022, la hausse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne a renchéri le coût du capital pour les nouveaux investissements, le faisant passer de moins de 1 % à 3 ou 4 % pour les emprunteurs les mieux notés. Il en résulte un renchérissement du financement de projets à forte intensité capitalistique, tels que les parkings à étages.

La concurrence s'intensifie en raison de la réorganisation géographique des flux commerciaux. Si, traditionnellement, les constructeurs allemands et français étaient les principaux utilisateurs des terminaux belges, les importations asiatiques représentent aujourd'hui une part croissante des volumes. En 2024, la Chine a exporté 5,9 millions de véhicules, dont environ 22 %, soit 1,3 million, étaient des véhicules électriques. Parmi ceux-ci, environ 35 à 40 % étaient destinés à l'Europe, ce qui correspond à un volume d'environ 450 000 à 520 000 unités. Ces importations chinoises concurrencent directement la production européenne et modifient profondément les modes d'utilisation des terminaux.

 

Vos experts en entrepôts à conteneurs de grande hauteur et en terminaux à conteneurs

Entrepôts à conteneurs et terminaux à conteneurs : l’interaction logistique – conseils et solutions d’experts – Image créative : Xpert.Digital

Cette technologie innovante promet de transformer en profondeur la logistique des conteneurs. Au lieu d'être empilés horizontalement comme auparavant, les conteneurs seront stockés verticalement dans des structures de rayonnages métalliques à plusieurs niveaux. Ceci permet non seulement d'accroître considérablement la capacité de stockage sur une même surface, mais aussi de révolutionner tous les processus du terminal à conteneurs.

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Vertical plutôt qu'horizontal : pourquoi les ports privilégient désormais les garages à plusieurs étages

Deux ports, deux routes : Koper contre Zeebrugge dans une comparaison stratégique

Une analyse comparative de deux terminaux automobiles européens, appliquant des stratégies différentes pour pallier les contraintes de capacité, illustre la complexité du processus décisionnel. Le port de Koper en Slovénie et le terminal de Bastenaken à Zeebrugge représentent des positions de marché et des approches stratégiques distinctes, offrant un éclairage précieux sur les avantages et les inconvénients de l'intégration verticale.

Luka Koper, l'exploitant du port slovène, a investi environ 18,9 millions d'euros entre 2017 et 2021 dans la construction d'un parking à étages d'une capacité de 6 000 véhicules. Cet investissement a été cofinancé par des fonds européens du projet Napa4Core à hauteur d'environ 25 %, ramenant l'investissement net à environ 14 millions d'euros. Le coût par place de parking s'est ainsi élevé à environ 2 300 à 3 150 euros, soit nettement moins que les 4 000 à 5 000 euros estimés pour Zeebrugge. Cette différence de coût s'explique par plusieurs facteurs : premièrement, les coûts de construction en Slovénie sont environ 30 à 40 % inférieurs à ceux de la Belgique ; deuxièmement, le parking de Koper est une structure relativement simple, sans automatisation sophistiquée, tandis qu'une solution plus avancée technologiquement, avec des systèmes d'exploitation de terminal intégrés, est probablement prévue pour Zeebrugge.

La logique économique qui sous-tend l'investissement de Koper diffère fondamentalement de celle de Zeebrugge. En 2016, Koper a géré environ 749 000 véhicules, se classant neuvième parmi les parkings couverts européens, loin derrière Zeebrugge et ses 2,8 millions de véhicules. Ce parking a permis une augmentation de capacité estimée à 162 000 véhicules par an, avec un débit de 27 cycles par place et par an. Cela correspond à une augmentation de capacité d'environ 22 %, nettement supérieure aux 8 à 10 % prévus par l'ICO pour Zeebrugge.

La différence tient à la situation initiale : avant l’investissement, Koper ne disposait que de 8 000 places de parking couvertes et fonctionnait presque exclusivement en stationnement extérieur. Le parking à étages a non seulement permis d’augmenter la capacité, mais aussi d’améliorer la qualité du service, car de nombreux constructeurs haut de gamme privilégient le stationnement couvert. Zeebrugge, en revanche, bénéficie déjà d’une importante capacité de stationnement couverte et d’une infrastructure très développée ; le nouveau parking vise donc principalement à accroître la densité et l’efficacité.

Les différences stratégiques se manifestent également dans son positionnement au sein de la hiérarchie portuaire européenne. Koper est devenu le plus important terminal automobile de la Méditerranée et sert principalement de porte d'entrée vers les marchés d'Europe centrale et du Sud-Est. Les investissements dans les infrastructures couvertes ont permis à Koper de gagner des parts de marché aux dépens des ports d'Europe occidentale, alors confrontés à des problèmes de capacité. Entre 2016 et 2024, le trafic de véhicules à Koper a augmenté d'environ 35 %, tandis que des ports établis comme Bremerhaven et Barcelone ont stagné, voire diminué.

Zeebrugge, en revanche, fonctionne comme une plateforme dominante bénéficiant d'effets de réseau. L'ICO dessert 23 compagnies maritimes et 75 constructeurs automobiles, conférant au terminal une position centrale dans les réseaux logistiques européens. L'investissement dans le parking multi-stations vise moins à gagner des parts de marché qu'à consolider sa position face à la concurrence émergente. Avec un volume d'investissement estimé entre 45 et 50 millions d'euros et une extension de capacité de 10 000 places de stationnement, le seuil de rentabilité implicite est atteint avec un taux d'occupation d'environ 75 % sur une période de 15 à 18 ans, en supposant des frais portuaires moyens de 250 € par véhicule et 27 transbordements par an.

Une autre comparaison instructive se dégage de l'examen de l'investissement de Wallenius Wilhelmsen au terminal ouest de Bastenaken, achevé en 2022. Wallenius Wilhelmsen a agrandi ses installations d'environ 50 hectares et investi entre 180 et 220 millions d'euros dans trois nouveaux postes d'amarrage et l'augmentation de la capacité du parc à marchandises. Cela représente un coût de 3,6 à 4,4 millions d'euros par hectare, dépassant largement la moyenne historique de 1,5 à 2,5 millions d'euros. Cet investissement illustre le coût prohibitif croissant de l'expansion horizontale, même pour les acteurs disposant de capitaux importants.

Les différentes stratégies reflètent également des évaluations des risques variables quant à l'évolution future du marché. Koper s'est concentré sur une croissance modérée dans un marché émergent et a opté pour une solution rentable et évolutive. Zeebrugge, en revanche, se prépare à un scénario où les volumes absolus stagnent ou diminuent, tandis que la demande en capacité de stockage et en flexibilité augmente. Dans ce contexte, le garage multi-entrepôts constitue une protection contre l'incertitude structurelle, permettant à ICO de s'adapter à différents scénarios de marché sans réaliser d'investissements irréversibles dans une expansion foncière excessive.

Comment la pression réglementaire et les contraintes d'espace redéfinissent la stratégie des terminaux

Investir dans la densification verticale soulève des questions fondamentales quant à la rentabilité à long terme et à la solidité stratégique de cet investissement. Les critiques pointent du doigt plusieurs risques structurels qui remettent en cause la logique économique du garage à plusieurs niveaux.

Premièrement, le secteur européen des terminaux automobiles risque de connaître une surcapacité structurelle. La production automobile en Europe devrait atteindre environ 11,4 millions d'unités en 2024 dans le scénario pessimiste, et 13,5 millions dans le scénario optimiste, un niveau nettement inférieur au pic historique de plus de 17 millions d'unités atteint avant 2008. Parallèlement, la production s'oriente de plus en plus vers les véhicules électriques, dont les chaînes d'approvisionnement sont généralement plus courtes, les constructeurs cherchant à minimiser les risques liés au transport des batteries coûteuses. Une étude du Conseil international des transports propres prévoit que la part des véhicules électriques produits localement en Europe pourrait passer d'environ 65 % actuellement à plus de 80 % d'ici 2030, ce qui réduirait structurellement la demande de terminaux portuaires.

Deuxièmement, les bouleversements technologiques pourraient remettre en question en profondeur les modèles économiques des terminaux automobiles. Le développement des véhicules autonomes pourrait, à moyen terme, permettre la livraison directe des véhicules du site de production au client final, sans stockage intermédiaire dans les terminaux portuaires. Même si cette perspective semble encore hypothétique aujourd'hui, tous les grands constructeurs automobiles investissent massivement dans la technologie de conduite autonome, et des applications initiales pour les zones logistiques fermées sont déjà en cours de déploiement. Une réduction de la durée moyenne de stockage de dix à cinq jours permettrait de diviser par deux la demande de places de stationnement.

Troisièmement, la viabilité financière de l'investissement est fortement remise en question dans des scénarios d'utilisation réalistes. Avec des coûts de construction estimés entre 45 et 50 millions d'euros, des coûts d'exploitation annuels d'environ 3 à 4 millions d'euros pour le personnel, la maintenance et l'énergie, et une période d'amortissement calculée sur 25 ans, le service annuel de la dette s'élève à environ 5 à 6 millions d'euros. À 80 % de taux d'utilisation et 27 mouvements de véhicules par an, cela représente 216 000 mouvements. Le seuil de rentabilité par véhicule se situe donc entre 42 et 46 euros environ, soit 15 à 20 % du total moyen des recettes du terminal. Il ne reste ainsi que des marges bénéficiaires très limitées et aucune marge de manœuvre pour absorber les fluctuations du taux d'utilisation.

Quatrièmement, les aspects environnementaux soulèvent des questions controversées. Si l'ICO met l'accent sur la réduction des émissions de CO2 obtenue grâce à des trajets plus courts, les critiques négligent les émissions importantes générées par la construction du parking à étages. Une structure en béton de cette taille produit environ 8 000 à 12 000 tonnes d'équivalent CO2 pendant la phase de construction, soit l'équivalent des émissions de 40 000 à 60 000 transports de véhicules. En supposant une économie de 50 kilogrammes de CO2 par véhicule grâce à une logistique optimisée, il faudrait 160 000 à 240 000 déplacements de véhicules pour compenser les émissions liées à la construction, ce qui correspond à environ neuf à douze mois d'occupation à pleine capacité.

Cinquièmement, des inquiétudes subsistent quant à la flexibilité et à l'adaptabilité des structures verticales. Si les espaces horizontaux peuvent être relativement facilement réaménagés, les garages automobiles à plusieurs étages sont des structures très spécialisées dont le potentiel de reconversion est limité. En cas de baisse structurelle de la demande dans le secteur automobile, ces actifs deviendraient des actifs dépréciés, leur valeur résiduelle étant nettement inférieure à leur coût d'acquisition. Ce manque de flexibilité représente un risque stratégique considérable en période de transformation profonde de la mobilité.

Sixièmement, le financement de cet investissement soulève des questions de partage des risques. ICO, filiale du groupe NYK Line, solidement capitalisé, peut financer l'investissement au sein du groupe, ce que les opérateurs de terminaux plus petits ne peuvent faire. Cela pourrait entraîner une consolidation du marché, éliminant les acteurs les moins financièrement solides. La structure oligopolistique du marché s'en trouverait ainsi renforcée, avec des conséquences potentiellement négatives sur les prix et la qualité du service pour les clients finaux.

Les partisans de l'intégration verticale, quant à eux, avancent plusieurs contre-arguments. Ils soutiennent d'abord que cet investissement ne doit pas être perçu comme un pari spéculatif sur la croissance des volumes, mais plutôt comme une adaptation nécessaire à l'évolution du marché. La transformation structurelle vers des durées de stockage plus longues et des services à plus forte valeur ajoutée impose une refonte de l'infrastructure des terminaux, indépendamment de l'évolution des volumes absolus. Le garage multi-stations de stockage permet à ICO de se positionner comme un fournisseur haut de gamme offrant des services à valeur ajoutée élargis, justifiant ainsi des marges plus élevées.

Deuxièmement, la densification verticale offre une option de croissance future sans décisions irréversibles en matière d'aménagement du territoire. En cas d'augmentation imprévue du volume d'activité, le garage pourrait être rénové ou agrandi. En cas de diminution, les espaces horizontaux resteraient disponibles pour d'autres usages. Cette flexibilité possède une valeur intrinsèque qui n'est pas suffisamment prise en compte dans les calculs traditionnels de valeur actuelle nette.

Troisièmement, les critiques sous-estiment les contraintes réglementaires auxquelles sont soumis les terminaux portuaires. Les réglementations environnementales, les lois sur la protection contre le bruit et les restrictions d'urbanisme rendent de plus en plus impossible l'expansion horizontale, quels que soient ses avantages économiques. Dans ce contexte, la densification verticale relève moins d'une option stratégique que d'une nécessité réglementaire.

Trois scénarios pour l'avenir : entre croissance, stagnation et déclin

L’évolution à moyen et long terme des terminaux automobiles européens est déterminée par l’interaction de plusieurs mégatendances, dont l’impact respectif demeure très incertain. Trois scénarios distincts peuvent être envisagés, chacun ayant des implications différentes sur la rentabilité des investissements dans l’intégration verticale.

Dans un scénario optimiste, la production automobile européenne se stabilise autour de 13 à 14 millions d'unités par an, la part des véhicules électriques produits localement atteignant 75 % d'ici 2030. La transition vers l'électromobilité se déroule sans heurts, soutenue par des investissements publics massifs dans les infrastructures de recharge et des incitations à l'achat. Les tensions géopolitiques en mer Rouge s'apaisent à partir de 2026, permettant la reprise des voies de navigation normales via le canal de Suez. Dans ce scénario, le volume de véhicules transitant par les terminaux européens reprendrait sa croissance dès 2027, porté par des échanges intra-européens dynamiques et un retour des exportations asiatiques vers l'Europe à un niveau normalisé de 600 000 à 700 000 unités par an. Dans ces conditions, l'investissement d'ICO serait amorti en 12 à 15 ans et générerait ensuite des rendements attractifs.

Dans le scénario de référence intermédiaire, la production automobile européenne stagne autour de 12 millions d'unités, tandis que la structure des flux commerciaux se transforme profondément. La Chine s'impose durablement comme importateur net de l'Europe, avec des volumes annuels de 800 000 à 900 000 unités, remplaçant ainsi les volumes d'exportation traditionnels des constructeurs européens vers l'Asie. La transition vers l'électromobilité est plus lente que prévu politiquement, la part des véhicules électriques à batterie n'atteignant que 60 % d'ici 2030. Les perturbations en mer Rouge persistent, avec des escalades intermittentes, ancrant des délais de transit structurellement plus longs et des niveaux de stocks plus élevés dans les terminaux comme nouvelle norme. Dans ce scénario, l'investissement en ICO générerait des rendements suffisants pour couvrir le coût du capital, sans offrir de surperformance attractive. La période de retour sur investissement serait de 18 à 22 ans.

Dans un scénario pessimiste, le déclin structurel de l'industrie automobile européenne s'accélère. La production chute sous la barre des onze millions d'unités d'ici 2030, sous l'effet d'une perte de compétitivité face aux constructeurs chinois et d'une demande structurellement faible, due à l'évolution des préférences de mobilité des jeunes générations. Les constructeurs européens délocalisent de plus en plus leur production en Afrique du Nord et en Europe de l'Est afin d'optimiser leurs coûts, réduisant ainsi l'importance des terminaux portuaires traditionnels. Parallèlement, les avancées technologiques dans le domaine des véhicules autonomes permettent de réduire les délais de stockage et de mettre en place des chaînes d'approvisionnement plus directes. Dans ce scénario, l'investissement dans l'ICO s'avérerait partiellement un mauvais investissement, sa valeur étant nettement inférieure aux coûts d'acquisition. Le garage n'atteindrait probablement jamais plus de 60 % de sa capacité et générerait des pertes continues.

Le scénario qui se réalisera dépend de facteurs sur lesquels les décideurs du secteur de la logistique automobile n'ont qu'une influence partielle. Parmi les principales incertitudes figurent les évolutions réglementaires au niveau de l'UE, notamment en ce qui concerne les droits de douane sur les véhicules électriques chinois, qui varient entre 10 et 45 %. Des droits de douane plus élevés réduiraient les volumes chinois, mais contraindraient également les constructeurs européens à investir davantage dans la production locale de véhicules électriques, ce qui pourrait impacter la demande de terminaux portuaires de diverses manières.

Un deuxième facteur crucial est le développement de la technologie des batteries. Des avancées majeures dans le domaine des batteries à semi-conducteurs pourraient transformer radicalement la structure des coûts des véhicules électriques et garantir leur compétitivité face aux véhicules à moteur thermique, même sans subventions. Cela accélérerait l'électrification et pourrait accroître la demande en infrastructures de stockage et de recharge spécialisées. À l'inverse, des problèmes technologiques persistants ou des préoccupations liées à la sécurité des batteries pourraient retarder cette transition et maintenir la pertinence des véhicules conventionnels plus longtemps.

Un troisième facteur concerne l'évolution géopolitique et la politique commerciale. Une escalade des conflits commerciaux entre l'Europe, les États-Unis et la Chine pourrait entraîner une fragmentation accrue des chaînes d'approvisionnement mondiales. Dans ce contexte, les terminaux automobiles pourraient moins fonctionner comme des plateformes mondiales et davantage comme des centres de distribution régionaux pour des réseaux de production locaux. Cela renforcerait l'importance de la flexibilité et de la multifonctionnalité des infrastructures de ces terminaux.

Les progrès technologiques en matière d'automatisation des terminaux pourraient accroître encore l'efficacité des installations intégrées verticalement. L'intelligence artificielle permet d'optimiser le placement des véhicules, de minimiser les temps de stockage et de maximiser le débit. Les systèmes d'exploitation de terminaux de nouvelle génération intègrent des analyses prédictives qui calculent des stratégies de stockage optimales à partir de données historiques et d'informations en temps réel. De tels systèmes pourraient augmenter la capacité effective d'un garage multi-stations de 10 à 15 % sans extension physique.

À long terme, tout indique une transformation profonde de l'économie portuaire. Les ports européens évoluent, passant de simples plateformes logistiques à des pôles industriels intégrés où la production, la transformation et la distribution sont spatialement concentrées. Cette évolution favorise les investissements dans des infrastructures multifonctionnelles, telles que les entrepôts multi-stations, capables d'intégrer diverses fonctions. Parallèlement, l'intensité capitalistique augmente, de même que les barrières à l'entrée sur le marché, ce qui devrait entraîner une consolidation accrue du secteur.

La densification verticale comme assurance contre l'imprévisibilité

L'investissement prévu par International Car Operators dans un entrepôt multi-stations de stockage de 10 000 véhicules à Zeebrugge représente bien plus qu'une simple réponse pragmatique à la pénurie d'espace. Il marque un tournant stratégique dans la logistique automobile européenne, où les paradigmes du XXe siècle – expansion horizontale, économies d'échelle grâce au volume, optimisation par la proximité géographique avec la production automobile – cèdent la place à de nouveaux impératifs : densification verticale, flexibilité des modes d'utilisation, intégration de services à valeur ajoutée et résilience face aux incertitudes structurelles.

La justification économique de cette transformation est solide, bien que non sans ambiguïté. La densification verticale résout le problème fondamental de la rareté des terrains dans les zones portuaires établies, où des prix fonciers de trois à six millions d'euros par hectare rendent l'extension classique prohibitive. Avec des coûts estimés entre 4 000 et 5 000 euros par place de parking et la possibilité d'aménager de 1 000 à 1 500 places par hectare, les structures à plusieurs étages atteignent la parité de coût avec l'extension horizontale, même à des prix fonciers modérés. Les avantages supplémentaires – réduction des voies de transport internes, infrastructure de chargement intégrée et stockage à l'abri des intempéries – renforcent encore son attrait économique.

Parallèlement, il ne faut pas sous-estimer les risques. Des périodes d'amortissement de 15 à 22 ans, dans des scénarios réalistes, sont longues, surtout dans un secteur en pleine mutation. Le manque de flexibilité des infrastructures hautement spécialisées engendre des risques d'actifs échoués, dont la concrétisation pourrait entraîner des pertes considérables. Le pari implicite sur la pertinence continue des terminaux portuaires traditionnels à l'ère des technologies potentiellement disruptives – véhicules autonomes, fabrication additive et évolution des préférences en matière de mobilité – comporte des incertitudes stratégiques.

Plusieurs implications se dégagent pour les décideurs politiques. Premièrement, les stratégies de développement portuaire devraient considérer la densification verticale comme une option équivalente à l'expansion horizontale et réduire les obstacles réglementaires pour les structures à plusieurs étages. Cela inclut la simplification des procédures d'autorisation, des ajustements aux codes du bâtiment et, potentiellement, des incitations financières pour les méthodes de construction durables. Deuxièmement, les longues périodes d'amortissement et l'importante intensité capitalistique nécessitent des cadres réglementaires stables qui garantissent la sécurité des investissements pendant des décennies. Les incertitudes concernant les réglementations environnementales, les régimes douaniers ou les concessions portuaires augmentent les primes de risque et pourraient dissuader les investissements nécessaires.

Pour les dirigeants d'entreprises de logistique automobile, le principal défi consiste à trouver un équilibre entre l'adaptation nécessaire à l'évolution du marché et la prévention des erreurs d'investissement irréversibles. Des approches flexibles et modulaires, permettant une expansion progressive, réduisent les risques. La coopération entre les opérateurs de terminaux pour mutualiser les infrastructures coûteuses pourrait alléger les charges financières. L'intégration des technologies numériques pour optimiser l'utilisation de l'espace devrait être une priorité, car elle accroît la flexibilité sans nécessiter d'investissements massifs.

Pour les investisseurs, le secteur des terminaux automobiles présente un profil risque-rendement complexe. Les incertitudes structurelles justifient les primes de risque sur les coûts d'investissement, ce qui implique des attentes de rendement de huit à douze pour cent. Parallèlement, les opérateurs de terminaux établis, dotés de portefeuilles clients diversifiés et intégrés aux chaînes logistiques mondiales, offrent des atouts défensifs particulièrement intéressants en période de volatilité macroéconomique. De plus, la dynamique de consolidation pourrait générer des primes d'acquisition pour les acteurs bien positionnés.

L'importance à long terme de l'investissement dans l'ICO dépasse ses implications financières immédiates. Elle démontre la capacité des acteurs établis à s'adapter à des conditions de marché profondément modifiées sans sombrer dans la passivité défensive. Dans un secteur caractérisé par l'incertitude et la transformation, cette capacité d'adaptation pourrait constituer l'avantage concurrentiel décisif qui distingue le succès à long terme d'un déclin structurel. Le garage multi-stockage de Zeebrugge représente donc moins un pari sur l'avenir de la logistique automobile qu'une assurance contre son imprévisibilité – une option stratégique dans un monde de volatilité structurelle.

 

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