Le congé maladie partiel arrive – un gouvernement au bord de la rupture avec le soutien populaire
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Xpert.Digital bei Google bevorzugenⓘPublié le : 29 avril 2026 / Mis à jour le : 29 avril 2026 – Auteur : Konrad Wolfenstein

Un gouvernement au bord de l'impunité : lorsqu'une coalition gouverne contre son propre peuple – et n'a pourtant pas d'autre choix – Image : Xpert.Digital
L’instauration d’un congé maladie partiel arrive : c’est ainsi que le gouvernement souhaite réduire le nombre de jours de congé maladie abusifs
Lorsqu'une coalition gouverne contre sa propre population – et n'a pourtant pas d'autre choix
Augmentation record de la dette et des pensions : le plan risqué à un milliard d'euros du gouvernement Merz
Le gouvernement allemand du chancelier Friedrich Merz est soumis à une pression immense. Avec une popularité historiquement basse et une population qui perd de plus en plus confiance dans la capacité de la coalition à gouverner, le cabinet tente une action décisive. En cette journée charnière pour la politique budgétaire, des décisions majeures ont été prises, qui impacteront le quotidien et le pouvoir d'achat de millions de citoyens : une réforme du système de santé, d'une grande ampleur, entraînera une hausse des participations aux frais et une réduction des prestations, tandis que le dilemme des cotisations d'assurance maladie reste entier. Parallèlement, quelque 23 millions de retraités peuvent s'attendre à une augmentation de plus de 4 % de leurs pensions, financée par un projet de budget 2027 fondé sur un niveau d'endettement record. Analyse approfondie d'un ensemble de mesures politiques prises en étau entre la nécessité d'une consolidation budgétaire, les débats houleux sur les congés maladie et le risque d'un nouvel endettement.
Santé, dette, économie : le jour fatidique de la politique budgétaire allemande
Le gouvernement de coalition centre-droite/centre-gauche souffre d'un sérieux problème de crédibilité. Selon un sondage ARD-DeutschlandTrend d'avril 2026, seuls 15 % des Allemands se disent satisfaits de l'action de la coalition – le chiffre le plus bas depuis son entrée en fonction. Le Politbaromètre de la ZDF, publié le même mois, aboutit à des conclusions similaires : seulement 27 % se déclarent globalement satisfaits, tandis que 63 % attribuent une note insuffisante au gouvernement. La comparaison est encore plus révélatrice : peu après la formation du gouvernement au printemps 2025, le taux de satisfaction n'était que de 38 % selon YouGov ; aujourd'hui, 75 % des citoyens sont insatisfaits. Dans ce contexte politique, le gouvernement Merz tente d'inverser cette tendance avec deux de ses projets de réforme les plus importants et les plus difficiles : la réforme de la santé et le budget 2027.
Le chancelier Friedrich Merz et son vice-chancelier et ministre des Finances, Lars Klingbeil, voient leur popularité chuter. La cote de popularité de M. Merz a chuté à seulement 21 %, soit une baisse de huit points, tandis que celle de M. Klingbeil s'établit à 18 %, en recul de 15 points. Ces chiffres ne constituent pas un simple problème personnel pour les deux principaux responsables politiques, mais un signal structurel : l'opinion publique doute que les mesures adoptées améliorent réellement son quotidien. Dès lors, la question se pose avec une acuité particulière : les décisions prises aujourd'hui par le gouvernement permettront-elles d'inverser cette tendance, ou ne feront-elles que l'aggraver ?.
Les fondements défaillants du système de santé
Le cœur de la réforme du système de santé n'est pas idéologique, mais simplement d'ordre comptable. Ces dernières années, les dépenses des caisses d'assurance maladie obligatoire ont augmenté beaucoup plus rapidement que leurs recettes. Rien qu'en 2025, les dépenses ont progressé de 7,8 %, tandis que les recettes n'ont augmenté que de 5,3 %. Le coût des traitements médicaux a ainsi grimpé de 9,7 milliards d'euros cette même année ; les consultations externes ont augmenté de 8,6 % et les médicaments de 5,9 %. Sans mesures correctives, l'assurance maladie obligatoire risque de connaître un déficit structurel d'environ 40 milliards d'euros d'ici 2030 – et ce déficit pourrait déjà dépasser 15 milliards d'euros dès 2026. Depuis début 2026, le taux moyen de cotisation complémentaire s'établit à 3,13 %, selon l'Association nationale des caisses d'assurance maladie obligatoire – un niveau record qui, conjugué au taux de cotisation général de 14,6 %, porte la charge globale pesant sur les salariés et les employeurs à des niveaux historiques.
La ministre fédérale de la Santé, Nina Warken (CDU), a nommé une commission d'experts qui, après six mois de travaux, a formulé 66 recommandations. Cette commission a estimé que leur mise en œuvre intégrale permettrait d'alléger la charge pesant sur les caisses d'assurance maladie d'environ 42,3 milliards d'euros dès 2027, et qu'un effet cumulé de plus de 60 milliards d'euros serait réalisable d'ici 2030. Le gouvernement a désormais opté pour une mise en œuvre beaucoup plus sélective de ces recommandations. Mme Warken estime que la réforme adoptée permettra de combler le déficit actuel des caisses d'assurance maladie, qui s'élève à environ 15 milliards d'euros.
Ce que les assurés peuvent précisément attendre à l'avenir
La réforme entre en vigueur simultanément dans plusieurs domaines. Le ticket modérateur pour les médicaments passera d'un minimum de cinq euros à un minimum de 7,50 euros et d'un maximum de dix euros à un maximum de 15 euros ; un ajustement annuel sera également instauré. Les traitements homéopathiques ne seront plus remboursés par l'assurance maladie obligatoire. L'assurance familiale gratuite sera supprimée pour de nombreux conjoints, sauf pour les parents d'enfants de moins de sept ans. Un deuxième avis médical sera obligatoire pour les interventions chirurgicales programmées et coûteuses. Les salariés pourront bénéficier d'un congé maladie partiel correspondant à 25, 50 ou 75 % de leur temps de travail hebdomadaire, un dispositif destiné à réduire les pertes économiques liées à l'absentéisme. Par ailleurs, le plafond des cotisations sociales augmentera de 300 euros en 2027.
Les prestataires de soins de santé seront également soumis à une plus grande responsabilité. Les remboursements aux médecins, aux hôpitaux et aux laboratoires pharmaceutiques ne pourront augmenter qu'au même rythme que les recettes des caisses d'assurance maladie – une clause qui, de fait, plafonne les dépenses. Cette répartition symétrique de la charge est politiquement judicieuse, car elle protège la réforme contre les accusations de faire peser un fardeau uniquement sur les assurés. Néanmoins, l'impact sur les consommateurs est perceptible. La modification du plafond des participations forfaitaires affecte de manière disproportionnée les personnes atteintes de maladies chroniques qui nécessitent un traitement régulier.
Le point aveugle de la réforme : le problème du revenu des citoyens
Malgré tous les efforts de réforme, un défaut de conception fondamental persiste dans le système, que les mesures actuelles ne corrigent pas. L'État verse une allocation forfaitaire mensuelle de 144 € à la caisse d'assurance maladie pour chaque bénéficiaire du revenu de base. Or, les associations d'assurance maladie et les experts estiment le coût réel des soins médicaux pour ces personnes entre 310 et 350 € par mois. Le déficit de financement mensuel qui en résulte, d'environ 180 à 210 € par personne, représente un déficit annuel du système d'environ 12 milliards d'euros, compensé en partie par les cotisations des personnes assurées par l'assurance maladie obligatoire.
Le directeur de la Techniker Krankenkasse (TK), Jens Baas, met clairement en évidence ce déséquilibre : assurer les personnes sans emploi coûte environ 20 milliards d'euros par an, une véritable responsabilité de l'État. Or, le gouvernement fédéral n'en couvre qu'un tiers, soit environ 8 milliards d'euros ; les 12 milliards restants sont à la charge des assurés de l'assurance maladie obligatoire. L'Association nationale des caisses d'assurance maladie obligatoire (GKV-Spitzenverband) a donc intenté une action en justice contre le gouvernement fédéral fin 2025 devant le tribunal social de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le Conseil fédéral (Bundesrat) a également enjoint le gouvernement fédéral, par une résolution, de veiller à ce que la contribution forfaitaire des bénéficiaires de prestations sociales couvre l'intégralité des coûts. La ministre de la Santé, Marianne Warken, a elle-même reconnu que ce déséquilibre du système posait problème et qu'elle aurait préféré une plus grande participation de l'État fédéral – mais la situation budgétaire difficile ne le permet pas.
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Le débat sur les congés maladie mis à nu : des problèmes structurels plutôt que de la paresse
Les pensions augmentent – mais la réalité est plus complexe
Le gouvernement a également approuvé l'ajustement des pensions, applicable à compter du 1er juillet 2026 : la pension légale augmentera de 4,24 %. Le montant de la pension passera ainsi de 40,79 € à 42,52 € par point de cotisation. Cela représente une amélioration notable pour environ 23 millions de retraités ; pour une pension standard après 45 ans de cotisations, cela correspond à une augmentation mensuelle d'environ 77,85 €. Le Conseil fédéral doit encore approuver la mesure, une simple formalité.
L'ajustement des pensions est basé sur la formule de calcul des pensions en fonction des salaires, conformément à l'article 68 du livre VI du Code social allemand (SGB VI), et suit l'évolution des salaires, que l'Office fédéral de la statistique estime à 4,25 %. En valeur nominale, la hausse des pensions est donc supérieure à l'inflation. Si le ministère fédéral du Travail et des Affaires sociales (BMAS) prévoit un taux d'inflation d'environ 2,1 % pour 2026, d'autres sources font état de pressions inflationnistes plus fortes, notamment dues à la hausse des prix de l'énergie liée aux bouleversements géopolitiques. Théoriquement, cela se traduit par une augmentation réelle du pouvoir d'achat, mais dans la réalité pour de nombreux retraités, la hausse des prix de l'énergie et des produits alimentaires ces dernières années absorbe une part considérable de cette augmentation.
Le budget 2027 : La dette comme stratégie de politique économique
La deuxième décision majeure de la journée concernait le projet de budget pour 2027. Le Conseil des ministres a approuvé le projet du ministère des Finances, qui prévoit des dépenses totales de 543,3 milliards d'euros et de nouveaux emprunts de près de 197 milliards d'euros, dont 110,8 milliards d'euros de nouveaux prêts inscrits au budget de base, ainsi que des augmentations de la dette contractées auprès des fonds spéciaux destinés aux infrastructures et aux forces armées. Il s'agit du deuxième niveau d'endettement le plus élevé de l'histoire de la République fédérale. Les seuls intérêts de la dette existante s'élèvent à 42,7 milliards d'euros en 2027 – une somme qui ne sera pas allouée aux hôpitaux, aux écoles ou aux infrastructures, mais servira uniquement au remboursement de la dette.
D’ici 2030, les dépenses fédérales annuelles devraient atteindre environ 625 milliards d’euros. Une nouvelle dette de plus de 850 milliards d’euros est prévue au budget pour l’ensemble de la législature 2025-2029. Ces chiffres contredisent frontalement les principes fondamentaux d’une politique budgétaire saine et compromettent toute perspective de consolidation de la dette à moyen terme. Le poste budgétaire le plus important est alloué au ministère du Travail, dirigé par Bärbel Bas, suivi par une augmentation massive des dépenses de défense. Christian Haase, principal expert budgétaire du groupe parlementaire CDU/CSU, alerte explicitement sur le fait que le budget de la défense, qui augmente de 20 milliards d’euros par an, échappe à tout contrôle et que l’Allemagne se dirige vers un endettement incontrôlé.
Entre crise d'investissement et spirale de la dette : la logique de la politique économique
Le budget 2027 illustre le dilemme fondamental de la politique économique allemande : l’Allemagne est confrontée à une pénurie d’investissements et doit simultanément financer son État-providence, sa défense et ses infrastructures, sans la croissance nécessaire pour couvrir ces coûts avec les recettes courantes. La faiblesse économique de ces dernières années, les problèmes structurels de productivité et l’évolution démographique ont contraint le secteur public à emprunter massivement pour maintenir sa capacité d’action. Or, les économistes soulignent que les dépenses de consommation financées par la dette – telles que les prestations sociales et les pensions – n’ont pas d’impact économique durable sans réformes structurelles de l’offre.
Ce qui est particulièrement préoccupant, c'est que près de 20 milliards d'euros des dépenses prévues doivent être économisés grâce à des réformes structurelles – dont les propositions concrètes ne devraient pas être élaborées avant début juillet. Cela signifie qu'une part importante du projet de budget repose sur des plans d'économies qui n'ont pas encore été définis. Du point de vue de la politique budgétaire, cette situation est risquée, car de telles mesures de financement à court terme ont régulièrement conduit, par le passé, soit à un endettement accru, soit à des coupes budgétaires à court terme dans des secteurs sensibles. En définitive, ce budget mêle dépenses politiquement nécessaires et optimisme économique, et, ce faisant, sous-estime les risques liés aux paiements d'intérêts dans un contexte de faible croissance durable.
Congés maladie et éthique professionnelle : un débat malvenu au bon moment
Ces dernières semaines, le chancelier Merz a évoqué à plusieurs reprises le taux élevé d'arrêts maladie en Allemagne, suscitant un débat qui a eu des conséquences plus néfastes que bénéfiques sur le plan politique. Selon lui, l'Allemagne enregistre en moyenne une vingtaine de jours de maladie par an. Il s'est publiquement interrogé sur la pertinence de considérer l'Allemagne comme un pays si malade, justifiant ainsi l'un des taux d'arrêts maladie les plus élevés d'Europe. Le chiffre statistiquement fiable est de 14,5 jours de maladie par salarié et par an, bien que ce chiffre n'inclue pas entièrement les arrêts maladie de courte durée (un ou deux jours). M. Merz considère les arrêts maladie téléphoniques comme un facteur majeur de cette tendance ; son camp milite depuis longtemps pour leur suppression, ou du moins leur limitation.
Les réactions à ce débat illustrent combien les interprétations moralisatrices de questions complexes peuvent s'avérer politiquement risquées. La Confédération allemande des syndicats (DGB) a accusé Merz de manquer de confiance envers des millions de salariés. Des économistes de la santé ont souligné que le taux d'arrêts maladie en Allemagne était resté quasiment inchangé pendant des années et que les véritables causes résidaient dans des facteurs structurels tels que le surmenage, la pénurie de compétences et les problèmes de santé mentale. La coalition a finalement maintenu le maintien du salaire pendant la maladie et les périodes de carence, introduisant en revanche un congé maladie partiel comme instrument flexible – un compromis pragmatique visant à faciliter le retour au travail sans mettre les salariés sous pression.
Une journée fatidique à l'issue incertaine
Le 29 avril 2026 marque la tentative du gouvernement de regagner la confiance perdue grâce à une double approche : la réforme de l'État-providence et la politique d'endettement. La réforme du système de santé est structurellement nécessaire, économiquement justifiable et globalement techniquement solide ; cependant, elle ne s'attaque pas au problème fondamental du sous-financement de l'assurance maladie obligatoire dû à l'insuffisance des cotisations des citoyens, créant ainsi une situation explosive. Le budget 2027 repousse la question de la viabilité des finances publiques allemandes et, ce faisant, impose un fardeau d'intérêts qui pèsera lourdement sur les gouvernements futurs. L'augmentation de 4,24 % des pensions est juste et légalement obligatoire, mais elle accentue les pressions démographiques sur les coûts du système de retraite.
La décision prise aujourd'hui par la coalition ne constitue pas une avancée décisive, mais plutôt une tentative laborieuse de gérer une crise structurelle chronique. La question de savoir si l'Allemagne peut mener un débat honnête sur les limites de son potentiel économique sans recourir à un discours moralisateur populiste ni à un endettement aveugle reste posée. Les sondages indiquent que l'opinion publique attend toujours une réponse à cette question.
















