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Parcs solaires et pâturages : une étude réfute le mythe : pourquoi parcs solaires et agriculture sont en réalité partenaires

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Publié le : 24 avril 2026 / Mis à jour le : 24 avril 2026 – Auteur : Konrad Wolfenstein

Parcs solaires et pâturages : une étude réfute le mythe : pourquoi parcs solaires et agriculture sont en réalité partenaires

Parcs solaires et pâturages : une étude réfute le mythe : pourquoi parcs solaires et agriculture sont en réalité partenaires – Image créative : Xpert.Digital

Des moutons sous des panneaux solaires : comment cette idée simple pourrait mettre fin au plus grand différend de la transition énergétique

Choc des baux et guerre foncière : pourquoi nous devons repenser entièrement les parcs solaires classiques

Bien plus que de l'électricité : une étude controversée montre que les parcs solaires sont de véritables pâturages

La transition énergétique exige de l'espace, mais les conflits fonciers autour des terres agricoles précieuses freinent souvent le développement du photovoltaïque. Parcs solaires et agriculture sont-ils réellement incompatibles ? Une nouvelle étude novatrice de l'Association allemande des industries des nouvelles énergies (bne) réfute l'une des idées reçues les plus tenaces de la politique d'aménagement du territoire allemande. Les chercheurs démontrent que les parcs solaires conventionnels ne constituent en aucun cas un gaspillage d'espace pour la production alimentaire, mais sont au contraire parfaitement adaptés comme pâturages riches en biodiversité pour les ovins et les bovins. De cette simple observation découle une revendication aux implications politiques et économiques considérables : le pâturage dans les parcs solaires doit être légalement reconnu comme une activité agricole à part entière. Notre analyse approfondie explique pourquoi cette mesure pourrait apaiser les conflits fonciers, ouvrir des perspectives lucratives aux agriculteurs et remettre en question la réglementation stricte du bâtiment en Allemagne.

Quand le photovoltaïque et l'agriculture ne sont pas ennemis, mais partenaires : comment une étude remet en question ce que les politiques ont jusqu'ici refusé de reconnaître

Une nouvelle étude de l'Association allemande des industries des nouvelles énergies (bne) a relancé début mars 2026 un débat qui agite l'Allemagne depuis des années avec une intensité croissante : quelle superficie de terres agricoles la transition énergétique devrait-elle être autorisée à empiéter ? Et faut-il même choisir entre l'un ou l'autre ? La réponse présentée par la bne dans son rapport de recherche « Valeur agricole des parcs solaires » est aussi simple que politiquement explosive : même les parcs solaires conventionnels, dont la structure n'est pas modifiée, peuvent être utilisés comme pâturages – et cette forme d'utilisation des terres devrait être juridiquement reconnue comme une activité agricole à part entière. Cette conclusion peut paraître anodine, mais elle pourrait bouleverser l'un des postulats les plus tenaces de la politique d'aménagement du territoire allemande.

L’étude et ses principaux résultats – fondements scientifiques et méthodologie de recherche

Le projet de recherche « Valeur agricole des parcs solaires » a été dirigé par Dina Hamidi (Université de Göttingen) et Christoph Hütt (Université de Cologne). Cinq centrales photovoltaïques au sol, réparties sur plusieurs sites en Allemagne, ont été étudiées : les parcs solaires de Lottorf et Klein-Rheide dans le Schleswig-Holstein, celui de Gottesgabe dans le Brandebourg, celui de Lauterbach en Hesse et le parc solaire expérimental de Dwergte en Basse-Saxe. L’étude a analysé de manière systématique la qualité et la disponibilité du fourrage dans les prairies de ces centrales, ainsi que la végétation sous et entre les rangées de modules, et a comparé ces résultats avec ceux de zones de référence conventionnelles.

Les résultats sont sans équivoque : les prairies des parcs solaires étudiés présentent une qualité fourragère suffisante pour nourrir les animaux de pâturage tels que les moutons et les bovins. De plus, les chercheurs ont constaté que l’hétérogénéité spatiale au sein des installations – c’est-à-dire les différentes conditions de croissance sous les modules par rapport aux espaces ouverts qui les séparent – ​​engendre une biodiversité végétale plus importante que dans les prairies conventionnelles. Une biodiversité accrue et une teneur en protéines plus élevée ont été observées sous les modules eux-mêmes, tandis qu’une biomasse totale plus importante a été constatée entre les rangées de modules. Selon les auteurs, cette combinaison confère à la végétation une mosaïque hétérogène particulièrement adaptée au pâturage.

Le Dr Dina Hamidi et le Prof. Dr Johannes Isselstein de l'Université de Göttingen l'ont formulé ainsi : Les modules PV augmentent l'hétérogénéité des conditions de croissance du gazon, créant ainsi des niches pour les plantes et les animaux et favorisant la biodiversité – mesurable par le rendement fourrager, la diversité des espèces végétales et le comportement des animaux au pâturage.

La revendication politique du bne

La Fédération allemande des énergies renouvelables (bne) tire une conclusion juridique claire de ces constats : la gestion des zones de parcs solaires comme pâturages doit être reconnue comme une activité agricole, en complément des concepts agri-photovoltaïques existants et sans nécessiter de méthodes de construction spécifiques. Robert Busch, directeur général de la bne, résume l’essentiel : les prairies au sein des systèmes photovoltaïques au sol conviennent parfaitement au pâturage des ovins et des bovins. Les animaux en bénéficient à deux égards : les modules solaires les protègent du soleil et des intempéries, et la végétation y est plus diversifiée que dans les pâturages conventionnels.

Cette demande est donc pertinente non seulement du point de vue des politiques agricoles, mais aussi du point de vue réglementaire. Actuellement, l'Allemagne maintient une distinction juridique stricte : toute personne souhaitant classer un terrain comme étant à usage agricole – avec les conséquences que cela implique pour les subventions, les paiements directs et les primes foncières au titre de la Politique agricole commune (PAC) – doit démontrer sa conformité à certaines exigences. En vertu de la législation actuelle, un parc solaire conventionnel n'entre pas dans cette catégorie, même si des animaux y paissent. L'étude de bne fournit désormais la base scientifique permettant de remettre en question cette classification.

Le débat sur l'aménagement du territoire : des faits au-delà de l'hystérie

Quelle superficie de terres arables est réellement touchée ?

Quiconque suit le débat public sur les parcs solaires et les terres agricoles en Allemagne pourrait avoir l'impression que les champs disparaîtront sous les panneaux solaires d'ici quelques années. Les chiffres dressent un tableau bien plus réaliste. Fin 2024, des systèmes photovoltaïques au sol étaient installés sur environ 45 000 hectares en Allemagne. Sur cette superficie, environ 34 % – soit près de 15 200 hectares – se trouvaient sur des terres arables, et environ 16 % en bordures de champs et en prairies. La part des systèmes photovoltaïques dans la superficie totale des terres arables du pays, qui s'élève à 11,7 millions d'hectares, ne représente donc que 0,1 %.

Le programme d'expansion prévoit une capacité photovoltaïque installée totale de 215 gigawatts d'ici 2030. Même dans ce scénario ambitieux – et en supposant qu'un nombre significatif des nouvelles installations soient construites sur des terrains non bâtis – seulement 95 000 à 109 000 hectares au maximum en Allemagne seraient couverts de systèmes photovoltaïques. Cela correspond à une part de 0,6 à 0,9 % maximum des terres arables allemandes. La vérification des faits de RWE le résume ainsi : même avec une expansion complète à 215 GW, seulement 0,6 % au maximum des terres arables allemandes seraient concernées.

Ces chiffres ne constituent pas un feu vert pour une croissance incontrôlée, mais ils sont essentiels à une discussion objective. L'utilisation réelle des terres est marginale à l'échelle nationale – et elle est encore réduite grâce aux gains d'efficacité technologique : la surface nécessaire par mégawatt installé est passée d'environ 4 hectares par MW en 2006 à moins de 1 hectare par MW en 2024.

La pression de surface cumulée comme un véritable problème

Parallèlement, il serait erroné de minimiser la concurrence pour les terres. L'Allemagne perd continuellement des terres agricoles depuis des décennies – en moyenne, plus de 50 hectares par jour. Cette tendance est due aux infrastructures d'habitat et de transport, et non principalement aux parcs solaires. Mais la pression s'accentue de toutes parts : d'ici 2030, plus de 200 000 hectares devraient être nécessaires pour l'habitat et les transports ; parallèlement, des surfaces supplémentaires sont requises pour la biodiversité et la protection du climat. Au total, l'Institut Thünen estime qu'environ 109 hectares de terres agricoles pourraient disparaître chaque jour d'ici 2030 en raison de ces différents usages concurrents des sols.

Dans ce contexte, toute approche visant à atténuer la concurrence pour l'utilisation des terres mérite une attention politique particulière. L'étude de bne propose une telle approche : si les parcs solaires sont utilisés comme pâturages et reconnus comme terres agricoles, une part importante de la concurrence pour l'utilisation des terres disparaît de fait, du moins en ce qui concerne la gestion des prairies et le pâturage.

Parcs solaires traditionnels contre agri-PV : une différence sous-estimée

Le débat a jusqu'à présent été trop restreint

Quiconque suit le débat actuel sur l'association de l'agriculture et du photovoltaïque rencontrera presque exclusivement le terme « agri-PV ». Il désigne une conception spécifique : dans les systèmes agri-photovoltaïques, les modules sont positionnés de manière à ce que 15 % maximum de la surface soit occupée en permanence par la technologie, tandis qu'au moins 85 % restent disponibles pour la production agricole, comme les cultures arables, les cultures spécialisées ou les pâturages. Auparavant, avec les systèmes photovoltaïques au sol traditionnels, on considérait que des terres étaient perdues pour la production alimentaire.

Cette distinction binaire a façonné la réflexion en matière de politique énergétique : l’agri-PV est considérée comme une bonne chose, les systèmes conventionnels au sol comme problématiques – du moins d’un point de vue agricole. Le ministère fédéral de l’Agriculture a renforcé ce cadre en accordant à l’agri-PV et aux grands systèmes photovoltaïques au sol des appels d’offres spécifiques et des tarifs de rachat plus élevés dans le cadre du plan solaire de 2023. Les systèmes conventionnels au sol installés sur les terres arables, en revanche, sont restés soumis à une pression réglementaire.

Ce que l'étude modifie conceptuellement

L'étude de bne remet en question cette dichotomie en démontrant que même les parcs solaires conventionnels, non conçus et non homologués pour l'agrivoltaïsme, peuvent en réalité servir de pâturages – et c'est déjà le cas dans de nombreux endroits. Le pâturage ovin est devenu une méthode courante de gestion de la végétation dans les parcs solaires ; les moutons ont la taille idéale pour brouter sous les modules sans endommager la technologie. Ils agissent ainsi comme des tondeuses naturelles, remplaçant des mesures d'entretien mécaniques ou chimiques coûteuses.

Ce qui était auparavant considéré comme un effet secondaire – le pâturage ovin comme solution pratique d'entretien pour les exploitants de centrales solaires – est désormais perçu différemment par cette étude : il s'agit d'une forme à part entière d'élevage sur des terres produisant simultanément de l'électricité. La différence conceptuelle avec l'agri-PV est moins fondamentale qu'on ne le pensait. Les deux formes d'utilisation des terres permettent une double valorisation ; la différence réside principalement dans la conception des modules et le cadre réglementaire.

Implications techniques et économiques

Du point de vue de l'exploitant, la reconnaissance de la gestion des pâturages dans les parcs solaires traditionnels comme une activité agricole a des conséquences économiques concrètes. Les agriculteurs qui louent leurs terres pour ces parcs perçoivent actuellement entre 3 000 et 4 500 € par hectare et par an pour les installations solaires conventionnelles au sol, contre un loyer moyen de 357 € par hectare pour les prairies en 2023. Le loyer moyen des terres arables s'élevait à 407 € à l'échelle nationale. Cet écart considérable de prix de location – parfois plus de dix fois supérieur – est l'une des principales sources de conflits sociaux dans les zones rurales.

Si les zones des parcs solaires étaient simultanément reconnues comme terres agricoles, les agriculteurs pourraient potentiellement prétendre à des paiements directs au titre de la PAC, à condition de respecter les exigences minimales de gestion. Cela améliorerait considérablement l'équilibre économique de l'utilisation des terres pour les exploitations agricoles et renforcerait l'acceptation politique des parcs solaires en milieu rural.

Réactions du monde agricole et politique

L'association des agriculteurs entre scepticisme et pragmatisme

La Fédération allemande des agriculteurs (DBV) a adopté une position globalement constructive dans le débat sur l'agrivoltaïsme : elle se félicite de l'intégration de l'agrivoltaïsme comme type spécifique de centrale solaire dans la loi sur les énergies renouvelables (EEG), tout en plaidant pour la suppression des obstacles bureaucratiques et une plus grande flexibilité concernant les options d'autoconsommation. Sa position est fondamentalement pragmatique : les agriculteurs doivent pouvoir participer au secteur de l'énergie sans être contraints d'abandonner complètement l'exploitation de leurs terres.

La Fédération allemande des agriculteurs (DBV) a adopté une position nuancée concernant la demande de l'Association allemande pour l'énergie durable (bne) visant à faire reconnaître les zones des parcs solaires conventionnels comme des terres agricoles équivalentes. Theresa Kärtner, de la DBV, a participé à la conférence d'experts de la bne le 11 mars 2026, lors de laquelle les résultats de la recherche ont été présentés, aux côtés de représentants de la protection de la nature, des sciences et des ministères d'État. La question centrale soulevée – à savoir si une zone combinée doit être considérée comme une terre commerciale ou agricole et si une nouvelle classification juridique est nécessaire – reste ouverte.

L'Association des agriculteurs du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale illustre bien cette tension : elle critique depuis longtemps l'implantation de panneaux solaires sur des terres agricoles de grande valeur, exigeant que la priorité soit donnée à l'utilisation des toitures, des friches industrielles et des zones de reconversion. En avril 2026, le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale a réagi en conséquence, en durcissant les critères de qualité des sols pour les parcs solaires en milieu agricole : les installations solaires de grande envergure sur les terres arables et les prairies ne peuvent désormais être construites que sur des sols à faible rendement, avec un indice maximal de 25 points pour les terres arables et de 30 points pour les prairies. Cela représente une réduction significative par rapport à la limite précédente de 40 points.

Conservation de la nature : consensus scientifique avec ses limites

Le Centre de compétences pour la conservation de la nature et la transition énergétique (KNE) adopte une position nuancée dans ce débat. Il reconnaît les progrès scientifiques que représentent les études bne – tant l’étude sur la biodiversité de 2025 que le rapport de recherche sur la valeur agricole – mais met en garde contre toute généralisation. La concrétisation de la biodiversité et de la valeur agricole dépend fortement de la localisation, de la construction, des équipements et de la gestion de la maintenance de chaque installation. Des évaluations individuelles et la définition de mesures compensatoires demeurent essentielles.

L'étude sur la biodiversité de 2025 menée par l'Association allemande pour l'énergie durable (bne) avait déjà démontré que les parcs solaires aménagés sur d'anciennes terres agricoles pouvaient apporter une valeur ajoutée mesurable à la biodiversité : sur 31 sites étudiés, plus de 380 espèces végétales, 30 espèces de criquets, 36 espèces de papillons, 32 espèces d'oiseaux nicheurs et 13 espèces de chauves-souris ont été recensées. Des parcs solaires bien conçus sur d'anciennes terres agricoles peuvent créer une mosaïque de nouveaux habitats dans des paysages agricoles structurellement pauvres.

 

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Au cœur de cette avancée technologique se trouve l'abandon délibéré du système de fixation par pinces conventionnel, qui a fait office de norme pendant des décennies. Ce nouveau système de montage, plus rapide et plus économique, repose sur un concept fondamentalement différent et plus intelligent. Au lieu de fixer les modules en des points précis, ils sont insérés dans un rail de support continu de forme spécifique et maintenus fermement en place. Cette conception garantit une répartition uniforme de toutes les forces, qu'il s'agisse des charges statiques dues à la neige ou des charges dynamiques dues au vent, sur toute la longueur du cadre du module.

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Parcs solaires comme nouvelles prairies : comment le photovoltaïque améliore les sols et soulage les agriculteurs

Écologie et réversibilité des sols

Que devient le sol ?

L'une des questions centrales du débat concerne l'impact à long terme des parcs solaires sur la qualité des sols. Les recherches présentent un tableau nuancé. Dans les installations bien conçues, les infrastructures sont ancrées par enfoncement ou boulonnage, sans béton ni étanchéité permanente. Le sol reste perméable, l'eau de pluie peut s'infiltrer et le microclimat sous les modules est souvent plus frais et moins venteux, ce qui contribue à maintenir l'humidité du sol plus longtemps. En renonçant aux engrais, aux pesticides et à l'agriculture intensive, de nombreux parcs solaires créent des prairies, ce qui représente une amélioration des fonctions du sol par rapport aux anciennes pratiques agricoles intensives. Lorsque des terres cultivées de manière intensive sont converties en zones végétalisées permanentes, les sols peuvent accumuler de l'humus et améliorer leur capacité de filtration.

L’Agence fédérale allemande pour l’environnement indique dans sa prise de position que, comparativement à l’agriculture traditionnelle, l’utilisation des prairies sous des systèmes photovoltaïques au sol peut améliorer les fonctions de filtration et de régulation du sol et fixer davantage de carbone sous forme d’humus. Ceci est valable à condition que la construction et l’exploitation soient réalisées dans le respect des normes DIN applicables et de la préservation des sols.

Après leur durée de vie opérationnelle – généralement de 20 à 30 ans – les centrales solaires peuvent être entièrement démantelées : les pieux, les modules, les câbles et les voies d’accès sont retirés, et la couche de sol cultivable est restaurée. Ces obligations de démantèlement sont contractuellement et financièrement garanties au propriétaire. Le terrain peut alors être pleinement rendu à l’agriculture, avec potentiellement des propriétés du sol améliorées par rapport à son état initial.

Analyse économique : Qui gagne, qui perd ?

Le dilemme du prix de location

La principale tension économique du débat sur l'utilisation des terres réside dans un mécanisme de prix simple : un hectare de terre arable loué à des fins agricoles rapporte en moyenne environ 407 € par an en Allemagne. Pour les prairies permanentes, ce chiffre est considérablement inférieur, avec une moyenne de 212 € par hectare et par an. Un hectare comparable loué pour un parc solaire classique, en revanche, rapporte entre 3 000 et 4 500 € par an – voire jusqu'à 5 000 € dans certaines régions. Cela signifie que l'industrie solaire peut généralement payer de huit à vingt fois le prix d'une location agricole.

Cet écart de prix est la cause structurelle du conflit social. Les agriculteurs qui louent leurs terres et les perdent désormais au profit des investisseurs dans le solaire sont confrontés à une concurrence existentielle à laquelle ils ne peuvent tout simplement pas faire face avec les ressources d'une exploitation agricole classique. Un céréalier ou un betteravier de la région de Rheinhessen ou du Hunsrück qui ne peut pas offrir à ses propriétaires 3 000 à 4 000 € de loyer pour un parc solaire perd ses terres – et donc potentiellement les fondements de son exploitation.

Cette logique de déplacement a également une dimension ambivalente pour les municipalités. D'un côté, les parcs solaires sont économiquement attractifs : ils génèrent des recettes pour les collectivités locales grâce à la taxe professionnelle, permettant ainsi aux petites communes de gagner en flexibilité financière. De l'autre côté, les habitants craignent une dégradation du paysage et une perte d'identité. Le Brandebourg a instauré une taxe spéciale, dite « euro solaire », sur les exploitants de nouvelles installations photovoltaïques au sol à partir de 2025 ; des dispositifs similaires existent désormais en Basse-Saxe et en Saxe-Anhalt.

Implications systémiques de la demande de reconnaissance

L'Association allemande des industries de l'énergie et de l'eau (bne) plaide pour que la gestion des pâturages dans les parcs solaires conventionnels soit reconnue comme une activité agricole, avec des conséquences économiques systémiques qui dépassent le cadre des exploitations individuelles. Si cette classification était adoptée, les agriculteurs qui louent ou exploitent leurs terres pour des parcs solaires pourraient continuer à percevoir les paiements directs de la PAC pour les prairies, à condition de respecter les exigences minimales de gestion par le biais du pâturage ovin ou bovin. Cela améliorerait considérablement les revenus de ces exploitations et pourrait créer un modèle d'accords de coopération foncière entre les promoteurs de projets énergétiques et les agriculteurs.

Parallèlement, la légitimité de telles subventions est discutable : si une zone est principalement dédiée à la production d’électricité et que le pâturage n’est qu’un usage secondaire, le soutien de la politique agricole pourrait être interprété comme un contournement des subventions. Lors de sa conférence d’experts du 11 mars 2026, la KNE (Association allemande pour le développement durable) a explicitement souligné que le double financement – ​​c’est-à-dire le cumul des subventions de la loi sur les énergies renouvelables (EEG) pour l’électricité et des paiements directs de la PAC (Politique agricole commune) pour les terres – pose problème d’un point de vue réglementaire et ne saurait constituer une solution fondée sur le droit agricole ou les lois sur les subventions en vigueur. Il est donc nécessaire de développer des solutions alternatives qui combinent ces deux modes d’utilisation des terres de manière juridiquement solide.

Conséquences politiques et niveaux d'action

Le cadre de l'EEG 2023 et ses limites

La loi sur les sources d'énergie renouvelables (EEG), telle que modifiée en 2023, établit un cadre réglementaire clair : au moins la moitié des nouvelles capacités photovoltaïques annuelles doivent être installées sur les toits ; la capacité nette maximale ajoutée à l'échelle nationale de systèmes photovoltaïques au sol sur les terres agricoles est plafonnée à 80 gigawatts d'ici 2030 et à 177,5 gigawatts d'ici 2040. L'agri-PV et les systèmes photovoltaïques extensifs au sol bénéficient de segments d'appel d'offres spécifiques avec des tarifs de rachat plus élevés ; en revanche, les systèmes conventionnels au sol sur les terres arables sont désavantagés sur le plan réglementaire.

Cette structure repose sur une logique politique claire : elle vise à minimiser la concurrence pour les terres, à encourager la diversification des usages et à garantir que la majorité des installations photovoltaïques soient installées sur les toits. Cependant, la loi de 2023 sur les sources d’énergie renouvelables (EEG 2023) omet de préciser comment gérer les prairies effectivement utilisées dans les parcs solaires conventionnels existants et futurs, et si le pâturage sur ces surfaces doit être reconnu par la politique agricole. Cette lacune réglementaire est précisément abordée dans le rapport de recherche de bne.

États fédéraux agissant unilatéralement

Face à l'absence de réponse unifiée du gouvernement fédéral concernant la double affectation des sols, les Länder allemands agissent de plus en plus indépendamment, parfois dans des directions divergentes. Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale durcit ses critères d'évaluation foncière, protégeant ainsi les terres agricoles fertiles de l'exploitation par l'industrie solaire. Le Brandebourg instaure une contribution financière pour les exploitants de parcs solaires afin d'impliquer les communes. D'autres Länder privilégient des approches plus pragmatiques et assouplissent les règles relatives aux installations solaires au sol.

Cette fragmentation réglementaire constitue un désavantage pour les investisseurs : les entreprises qui envisagent des projets à l’échelle nationale se heurtent à un ensemble disparate de réglementations étatiques. Parallèlement, elle reflète des contextes de départ réellement différents : dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, avec ses vastes zones agricoles et une culture de l’aménagement du territoire différente de celle de la Bavière ou du Bade-Wurtemberg, les sensibilités politiques sont fondamentalement différentes.

Que signifierait concrètement cette reconnaissance ?

La demande de l'Association allemande pour l'énergie durable (bne) visant à faire reconnaître juridiquement l'utilisation des pâturages dans les parcs solaires conventionnels comme une activité agricole aurait quatre conséquences principales. Premièrement, elle favoriserait l'acceptation des parcs solaires dans le secteur agricole, les agriculteurs n'ayant plus à choisir entre agriculture et production d'énergie. Deuxièmement, elle permettrait de débloquer des subventions potentielles de la PAC pour les terres où pâture, avec des incitations pour la politique agricole. Troisièmement, elle simplifierait le traitement juridique de ces zones et garantirait la sécurité juridique des promoteurs de projets. Quatrièmement, elle valoriserait la plus-value écologique résultant de la combinaison du développement des prairies et de la promotion de la biodiversité, et la rendrait ainsi intégrable aux mesures agroenvironnementales et aux contrats de conservation de la nature.

Comparaison avec l'agri-PV : non pas une concurrence, mais une complémentarité

L'Agri-PV reste l'instrument le plus efficace

Il serait erroné d'interpréter les résultats de l'étude bne comme un argument contre l'agri-PV. L'agri-PV, sous sa forme classique – avec des modules surélevés ou verticaux permettant un travail mécanique simultané – demeure l'outil le plus efficace pour les grandes cultures. Son rendement peut atteindre 175 % en combinant production d'électricité et rendement des cultures. De plus, pour les cultures spécialisées comme les fruits, la vigne ou les légumes, l'agri-PV offre une protection active contre la grêle, le gel, les fortes pluies et les coups de soleil.

L'Association allemande des agriculteurs considère l'agri-PV comme la solution la plus adaptée à une véritable intégration de l'agriculture et de la production d'électricité, mais demande la suppression de la restriction aux terres arables et de l'interdiction d'utiliser l'électricité produite sur place. Le photovoltaïque au sol, quant à lui, offre le rendement électrique le plus élevé par hectare, mais est perçu comme un concurrent des terres cultivées.

Les parcs solaires classiques comme solution pour les prairies

L'approche proposée par l'étude de bne est différente : les parcs solaires conventionnels installés sur des prairies ou sur d'anciennes terres arables intensives converties en agriculture extensive ne devraient pas être considérés comme des concurrents directs des terres destinées à la production alimentaire si le pâturage y est pratiqué. En pratique, la distinction entre un parc solaire conventionnel avec pâturage ovin et un système agro-photovoltaïque extensif avec pâturage ovin est souvent minime, tandis que les différences réglementaires sont considérables.

Cela soulève une question fondamentale : la réglementation doit-elle porter sur le mode d’utilisation (élevage pastoral) ou sur la conception (type de table modulaire, hauteur des modules) ? L’étude de bne préconise implicitement une réglementation fondée sur le mode d’utilisation. Ce choix est loin d’être anodin : cela signifierait que le rendement agricole réel (surface pâturée, nombre d’animaux élevés, biomasse fourragère produite) servirait de référence, et non les spécifications techniques du système.

Perspective économique et sociale

La transition énergétique a besoin d'une acceptation sociale

L'aspect le plus important, sur le plan économique, de ce débat est peut-être indirect : l'acceptation sociale des parcs solaires en milieu rural. Dans de nombreuses communes allemandes, les projets de parcs solaires échouent non pas à cause d'obstacles techniques ou économiques, mais en raison d'une résistance locale. Cette résistance trouve son origine dans diverses sources : les préoccupations liées aux modifications du paysage, les inquiétudes quant à l'avenir des exploitations agricoles et un malaise général face à l'industrialisation des zones rurales.

Lorsque les parcs solaires sont perçus comme des zones de pâturage et conservent ainsi une apparence agricole caractéristique, ces perceptions fondamentales évoluent. Des moutons paissant sous des panneaux solaires contrastent avec des champs de modules vides et clôturés. Cet impact sur l'acceptation est difficile à quantifier, mais il est bien réel et a des conséquences économiques directes sur le développement et la planification des projets.

L’adaptation au changement climatique comme facteur supplémentaire

Un autre aspect, jusqu'ici peu étudié, concerne l'adaptation au changement climatique des parcs solaires associés au pâturage. Les recherches de l'Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact du changement climatique montrent que les zones de pâturage seront fortement menacées par ce phénomène : selon les scénarios d'émissions, entre 36 et 50 % des pâturages actuellement adaptés au climat pourraient devenir inutilisables d'ici 2100. Les parcs solaires combinés au pâturage offrent ici une synergie intéressante : les modules réduisent le stress thermique chez les animaux grâce à l'ombrage, stabilisent leur consommation d'aliments et peuvent même maintenir la production laitière lors d'étés de plus en plus chauds. Cet argument, bien que peu présent dans le débat actuel, mérite pourtant d'être davantage mis en avant.

Une demande au potentiel explosif structurel

L'étude de bne sur la valeur agricole des parcs solaires représente bien plus qu'une simple contribution à un débat déjà bien fourni. Elle s'attaque de manière conceptuelle à une impasse réglementaire : la séparation catégorique entre infrastructures énergétiques et agriculture sur les terres non bâties.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : fin 2024, les parcs solaires occupaient 0,1 % des terres arables allemandes ; même avec l'objectif ambitieux de 215 GW, ce pourcentage resterait au maximum entre 0,6 et 0,9 %. Il n'est pas question de voir l'agriculture supplantée à l'échelle nationale. Les véritables conflits se situent au niveau local et sectoriel – et c'est là qu'il faut les prendre au sérieux, comme le montre l'exemple de la pression exercée sur les prix des baux.

Le message central du rapport de recherche de bne – à savoir que les parcs solaires conventionnels peuvent être utilisés comme de véritables pâturages et que cette forme d'utilisation devrait être reconnue comme une activité agricole – est scientifiquement fondé et logique du point de vue des politiques agricoles. Il favoriserait l'acceptation, ouvrirait la voie à des subventions et dépasserait l'opposition binaire entre énergie et agriculture.

Ce qui manque, c'est la volonté politique de créer une nouvelle catégorie : celle des zones solaires intégrées à l'agriculture, définies non par l'architecture de leurs modules, mais par leur utilisation réelle. La recherche a fait sa part. Il appartient désormais au législateur d'agir.

 

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