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Unités de transport intermodal et terminal vertical : quand l'espace vient à manquer, la logistique doit penser verticalement

Unités de transport intermodal et terminal vertical : quand l'espace vient à manquer, la logistique doit penser verticalement

Unités de transport intermodal et terminal vertical : lorsque l’espace est limité, la logistique doit penser verticalement – ​​Image : Xpert.Digital

Quand l'espace vient à manquer : pourquoi le secteur logistique allemand doit désormais construire en hauteur

Crise des camions et manque d'espace : comment les entrepôts silencieux à grande hauteur peuvent résoudre le chaos logistique

Quand l'espace vient à manquer : pourquoi le secteur logistique allemand doit désormais construire en hauteur

Le transport de marchandises allemand est confronté à un dilemme structurel : alors que les appels à une transition vers le rail, plus respectueux de l'environnement, se font de plus en plus pressants, les besoins en infrastructures nécessaires augmentent simultanément. Où construire de nouveaux hubs de transbordement alors que les vastes espaces se font de plus en plus rares, politiquement conflictuels et onéreux ? À cela s'ajoute une pénurie chronique de personnel, qui ralentit sans cesse les processus logistiques traditionnels et manuels. La solution à ces défis complexes réside dans l'intégration verticale. Les entrepôts automatisés à grande hauteur pour unités de transport intermodal, tels que les caisses mobiles, promettent un véritable changement de paradigme dans le secteur. Sur une surface minimale, ils fonctionnent silencieusement, sans émissions et sans aucune intervention humaine, hissant le transport combiné à un niveau d'efficacité inédit. Poursuivez votre lecture pour découvrir pourquoi le terminal vertical est bien plus qu'une simple vision technologique fascinante – et pourquoi il représente la réponse la plus pertinente aux enjeux de consommation foncière, de pression sur les émissions et de raréfaction des ressources.

Empiler les conteneurs au lieu de sacrifier de l'espace : voilà à quoi ressemblera le terminal logistique de demain

L'image montre une plateforme de transbordement entièrement automatisée où une machine de stockage et de manutention se déplace silencieusement entre des rangées de rayonnages métalliques, saisit avec précision les caisses mobiles et les transfère – sans aucune intervention humaine – du train de marchandises au camion en attente. Ce qui semblait encore il y a quelques années une vision digne d'un film industriel est aujourd'hui une réalité technologique. L'entrepôt à grande hauteur, pièce maîtresse du transport intermodal de marchandises, promet de résoudre plusieurs problèmes structurels de la logistique allemande : manque d'espace, pénurie de main-d'œuvre, réduction des émissions et pression croissante sur les terminaux. Cependant, l'analyse économique révèle que sa mise en œuvre exige des investissements audacieux, une volonté politique forte et une évaluation rigoureuse du contexte.

Crise structurelle du transport de marchandises en Allemagne

Le transport de marchandises en Allemagne se trouve dans une situation paradoxale. Alors que les volumes globaux de transport ont diminué de 1,6 % en 2024, le transport routier de marchandises par camions allemands a même enregistré un recul d'environ 1,9 %. Parallèlement, la demande d'espace logistique continue de croître, les loyers augmentent et l'offre reste tendue. Ce décalage entre la baisse des volumes de transport et la pression croissante sur les infrastructures n'est pas un phénomène conjoncturel : il reflète des carences structurelles qui se sont accumulées au fil des décennies.

Les causes de cette stagnation sont multiples. Le coût élevé de l'énergie, la hausse des taux d'intérêt et la concurrence internationale croissante pèsent sur le secteur des exportations allemand. Le produit intérieur brut a reculé de 0,2 % en 2024, tandis que la production industrielle a même chuté de 4,6 %. À cela s'ajoutent des incertitudes géopolitiques qui mettent à rude épreuve les chaînes d'approvisionnement mondiales. Un nouveau recul du volume des transports de 0,4 % est attendu pour 2025, sans même tenir compte des effets de la récente escalade des droits de douane entre les États-Unis et leurs partenaires commerciaux. Le niveau d'avant la crise de 2019 ne devrait pas être atteint avant 2028.

Dans ce contexte difficile, le transport combiné fait figure d'exception. Alors que le transport routier souffre et que le transport fluvial est en déclin à long terme, le transport combiné ferroviaire a enregistré une hausse de performance de 6,4 % en 2024. En 2023, le transport combiné en Allemagne a atteint une performance d'environ 57 milliards de tonnes-kilomètres. Le fret ferroviaire représente ainsi 41,7 % de cette performance : le transport combiné n'est pas un produit de niche, mais bien le segment le plus important de l'ensemble du secteur du fret ferroviaire. Les prévisions jusqu'en 2026 tablent sur une augmentation du volume de 6,1 % et une hausse de la performance de 7,0 % pour le transport combiné ferroviaire.

Ce qu'une unité de transport intermodal peut réellement faire

L'expression « unité de transport intermodal » désigne un support de chargement standardisé pouvant être interchangé entre différents modes de transport (route, rail, voie navigable) sans reconditionnement des marchandises. En Europe continentale, la caisse mobile est l'unité de transport intermodal dominante. Contrairement au conteneur ISO, elle n'est pas conçue pour le transport maritime, mais optimisée pour une interchangeabilité aisée entre camions et wagons. Sa caractéristique principale réside dans ses pieds de support dépliables, qui permettent de la poser de manière autonome sur une surface stable : le camion peut ainsi se glisser dessous ou en sortir sans nécessiter de manœuvres complexes de grue.

La standardisation de ces conteneurs repose sur un principe clair d'amélioration de l'efficacité. Des dimensions et des éléments de manutention standardisés permettent un transbordement économique, rapide et rentable entre les différents modes de transport. En Europe, les caisses mobiles d'une largeur de 2 500 à 2 550 millimètres et d'une longueur standard de 13,60 mètres sont les plus courantes ; cette dernière dimension correspond à celle du conteneur ISO de 40 pieds, assurant ainsi une compatibilité directe avec les technologies internationales de conteneurisation. On estime à environ 300 000 le nombre de ces caisses mobiles en circulation en Europe.

La force du conteneur mobile réside dans sa capacité à dissocier le transport des opérations de chargement et de déchargement. Pendant qu'un conteneur est déchargé chez le client, le chauffeur a déjà pris en charge le suivant et est reparti. Ce principe libère un temps précieux pour le chauffeur et réduit les trajets à vide. Il constitue la base logique du transport combiné : l'unité de chargement reste la même, seul le moyen de transport change. C'est précisément là qu'intervient l'entrepôt automatisé à grande hauteur : une plateforme qui non seulement gère ce changement, mais l'exécute également de manière entièrement automatisée.

Le terminal vertical : architecture technique d’un changement de paradigme

Si plus de 150 conteneurs ou caisses mobiles sont manutentionnés quotidiennement sur un site ferroviaire, l'utilisation d'un système d'entrepôt automatisé à grande hauteur est recommandée. À partir de ce seuil, la manutention manuelle et les portiques conventionnels deviennent structurellement inefficaces. La solution développée par LTW pour les conteneurs standardisés constitue le cœur technique d'un tel terminal à automatisation verticale.

Dans sa configuration de base, le système comprend une voie de chargement intégrée à l'entrepôt, deux rangées parallèles de rayonnages avec des espaces de stockage pour tous les conteneurs et caisses mobiles courants, et au moins deux machines de stockage et de récupération automatisées (SRM) assurant le transfert entre le train et les rayonnages. La particularité de ce système de chargement ferroviaire réside dans la technologie EcoSlider : des dispositifs de transfert horizontaux, montés directement sur les SRM, permettent le chargement et le déchargement horizontaux des unités de transport sur les wagons, sans mouvements verticaux complexes. Des trappes de transfert aménagées dans la paroi du bâtiment permettent aux conteneurs d'atteindre les portiques extérieurs, qui se chargent ensuite du chargement et du déchargement des camions.

Il en résulte un système fonctionnant simultanément et de manière entièrement automatisée pour sa fonction principale : pendant que les caisses mobiles sont chargées et déchargées côté train, les portiques côté camion réceptionnent ou transfèrent d’autres unités. Ce fonctionnement en parallèle constitue un avantage opérationnel décisif par rapport aux systèmes de manutention séquentielle. La redondance est intégrée à la structure même du système : grâce à la présence d’au moins deux exemplaires des machines de stockage et de récupération ainsi que des portiques, la capacité opérationnelle est garantie même lors de travaux de maintenance ou d’arrêts imprévus.

L'optimisation de l'espace atteint des niveaux inaccessibles aux terminaux classiques à plan ouvert. Sur une largeur de seulement douze mètres, jusqu'à 100 caisses mobiles de 13,60 mètres peuvent être stockées par tranche de 100 mètres de longueur. Ceci permet de créer un système redondant pour jusqu'à 500 semi-remorques chargées sur une surface au sol d'environ 9 000 mètres carrés. À titre de comparaison, un terminal classique à plan ouvert de même capacité nécessiterait une surface bien plus importante, sans pour autant atteindre le niveau d'automatisation offert par cette solution verticale.

L'entreprise autrichienne LTW Intralogistics figure parmi les spécialistes de premier plan des systèmes intralogistiques entièrement automatisés. Elle fournit des systèmes clés en main comprenant des ponts roulants, des convoyeurs et des logiciels de contrôle. Les premiers ponts roulants LTW pour conteneurs ont été fabriqués pour Armasuisse, l'agence suisse d'acquisition d'équipements de défense : un système de 20 mètres de haut avec une capacité de charge de 18 tonnes. Ceci témoigne de la maturité technique d'une solution encore considérée comme futuriste dans le débat public, mais qui a depuis longtemps fait ses preuves sur le terrain.

La productivité des zones comme argument économique

L'Allemagne est confrontée à une grave crise foncière. Chaque jour, entre 52 et 55 hectares de terrain sont transformés en zones résidentielles et de transport, un rythme qui dépasse largement les objectifs politiques du gouvernement fédéral. La stratégie de développement durable vise à limiter la consommation de terres à moins de 30 hectares par jour d'ici 2030 et à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Parallèlement, les réserves foncières disponibles pour la logistique dans les zones économiques densément peuplées diminuent rapidement. Les municipalités, soumises à des objectifs de consommation de terres, hésitent de plus en plus à désigner de nouvelles zones industrielles, notamment pour les activités logistiques consommatrices d'espace.

L'immobilier logistique est confronté à une contradiction structurelle : d'une part, la demande ne cesse de croître, alimentée par le commerce électronique, les chaînes d'approvisionnement à flux tendu et la restructuration des réseaux de production industrielle. D'autre part, l'offre d'espace disponible se réduit, les loyers augmentent et les délais d'obtention des permis de construire en Allemagne sont nettement plus longs que dans d'autres pays. Si le volume de nouveaux espaces logistiques pourrait dépasser 4,5 millions de mètres carrés par an d'ici 2028, cela reste toutefois conditionné à l'approbation des terrains nécessaires par les autorités locales.

Dans ce contexte, l'entrepôt automatisé à grande hauteur offre une solution particulièrement pertinente. Son faible encombrement permet de l'implanter dans des lieux où les terminaux conventionnels seraient tout simplement impossibles à construire. La flexibilité topographique est un atout majeur : les voies ferrées et routières n'ont pas besoin d'être au même niveau, et la construction est possible même sur des terrains présentant d'importantes dénivellations, par exemple au-dessus de voies ferrées en tranchée. Cette caractéristique ouvre ainsi des perspectives en plein cœur des zones urbaines, qui resteraient jusqu'alors inaccessibles aux projets de terminaux classiques.

L'application urbaine de cette plateforme de messagerie, de livraison express et de colis (CEP) met en évidence ces potentiels. Puisque toutes les opérations de transbordement se déroulent à l'intérieur du bâtiment et qu'aucune émission sonore ou lumineuse ne s'échappe vers l'extérieur, ces plateformes peuvent être exploitées à proximité immédiate d'immeubles de bureaux ou d'habitations. Les quais de chargement et de déchargement pour les caisses mobiles sont situés aux niveaux trois à huit, la prise en charge des camions s'effectuant au niveau inférieur. Un tel système résout une exigence qui semblait auparavant inconciliable : la logistique en ville sans impacter négativement la ville.

 

Solutions intralogistiques LTW

LTW Intralogistics – Ingénieurs des flux - Image : LTW Intralogistics GmbH

LTW propose à ses clients non pas des composants individuels, mais des solutions complètes et intégrées. Conseil, planification, composants mécaniques et électrotechniques, technologies de contrôle et d'automatisation, logiciels et services : tout est interconnecté et parfaitement coordonné.

La production en interne des composants clés présente un avantage particulier. Elle permet un contrôle optimal de la qualité, des chaînes d'approvisionnement et des interfaces.

LTW incarne la fiabilité, la transparence et le partenariat collaboratif. La loyauté et l'honnêteté sont des valeurs fondamentales de l'entreprise ; ici, une poignée de main a encore toute sa valeur.

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Calculs économiques et contexte de financement

Les coûts d'investissement liés aux systèmes de terminaux intermodaux entièrement automatisés sont considérables. Comparés aux terminaux classiques à plan ouvert, les besoins en capitaux sont plus élevés – un facteur qui, pris isolément, plaide contre l'automatisation. Toutefois, une évaluation économique complète nécessite la prise en compte de plusieurs autres facteurs.

Du côté des coûts, les investissements initiaux élevés sont compensés par des avantages significatifs en matière de coûts d'exploitation. Le personnel représente un poste de dépense majeur dans les opérations de terminal classiques et constitue simultanément la principale source d'incertitude en matière de planification, car les spécialistes qualifiés en technologies de pont roulant et en logistique de terminal sont de plus en plus difficiles à trouver sur le marché du travail. À l'inverse, un système entièrement automatisé avec des ponts roulants LTW est disponible 24 h/24 et 7 j/7, fonctionne avec une précision constante et s'adapte à la croissance sans nécessiter de renforcement des effectifs. Les zones de transfert en libre-service intégrées sont accessibles 24 h/24 et 7 j/7, permettant la prise en charge des camions même la nuit et le week-end – un avantage concurrentiel significatif par rapport aux opérations nécessitant du personnel.

Le financement fédéral des infrastructures de transbordement pour le transport combiné répond à ce besoin. Le ministère fédéral du Numérique et des Transports soutient la construction et l'extension de ces infrastructures par des subventions pouvant atteindre 80 % des coûts d'investissement admissibles. Ces coûts incluent également une allocation pour frais de planification de 15 à 20 %. L'Autorité fédérale des chemins de fer est l'autorité compétente pour l'approbation des infrastructures ferroviaires et routières. Un engagement de réduction des émissions de CO₂ est une condition préalable : pour chaque million d'euros de financement, au moins 54 000 tonnes de CO₂ doivent être évitées. Compte tenu des différences importantes d'émissions entre le transport routier et ferroviaire, cette exigence est facilement atteignable pour des infrastructures de transport combiné bien conçues.

La valeur foncière est un autre facteur souvent sous-estimé dans les calculs d'investissement. Dans les zones logistiques stratégiques, les coûts et les prix du foncier ont fortement augmenté ces dernières années. Une solution d'entrepôt à grande hauteur, offrant la même capacité de manutention qu'un entrepôt classique en plein champ sur une surface considérablement réduite, s'autofinance grâce aux économies de terrain réalisées – d'autant plus qu'elle minimise l'imperméabilisation des sols, facilitant ainsi l'obtention des permis de construire. Cette optimisation de l'espace constitue un atout majeur en matière d'implantation, dans un contexte où l'accès à de nouveaux espaces logistiques est souvent source de conflits politiques.

Économie climatique : La facture que la route perd

Toute personne transportant des marchandises en Allemagne est responsable de l'une des principales sources d'émissions de gaz à effet de serre de l'économie. En 2023, les camions ont émis en moyenne environ 119 grammes de gaz à effet de serre par tonne-kilomètre. La Deutsche Bahn, quant à elle, prévoit un chiffre d'environ 20 grammes d'équivalent CO₂ par tonne-kilomètre pour ses trains de marchandises d'ici avril 2025. Cela représente un avantage en termes d'émissions pour le transport ferroviaire près de six fois supérieur à celui des autres modes de transport – et encore plus marqué à l'échelle européenne, où la différence est estimée à un facteur sept.

Au sein de l'UE, le transport de marchandises représente plus de 30 % des émissions totales de CO₂ liées aux transports. Parallèlement, plus de 50 % des marchandises en Europe sont transportées par la route, et 99 % des poids lourds circulant sur les routes européennes sont équipés de moteurs à combustion. Cette situation est écologiquement insoutenable et fait l'objet d'une réglementation croissante. Dans le cadre du Pacte vert pour l'Europe, la Commission européenne a présenté des mesures concrètes visant à rendre le transport de marchandises plus respectueux de l'environnement et à réduire de 90 % les émissions liées aux transports d'ici à 2050.

Un seul train de marchandises de 700 mètres de long peut remplacer jusqu'à 52 camions. Le transport combiné permet un poids total de 44 tonnes, et les statistiques de sécurité du transport ferroviaire surpassent largement celles du transport routier. Le terminal automatisé à grande hauteur amplifie cet avantage : il accélère le transbordement, améliore la ponctualité des livraisons ferroviaires, réduit les temps d'attente liés au terminal et rend ainsi le transport combiné plus compétitif que la livraison directe par camion. Combler précisément l'écart entre le potentiel écologique et la compétitivité opérationnelle du transport combiné constitue la promesse stratégique de l'automatisation.

Il ne s'agit pas d'un débat théorique. Les expéditeurs qui s'engagent à réduire leurs émissions de portée 3 d'ici 2030 – comme l'exigent la loi sur le devoir de diligence de la chaîne d'approvisionnement (Supply Chain Due Diligence Act), la directive CSRD et, de plus en plus, les clients – devront s'appuyer davantage sur les chaînes de transport intermodales. Les exploitants de terminaux qui ne peuvent pas offrir des capacités de manutention automatisées, fiables et évolutives seront exclus de ces chaînes d'approvisionnement.

Une technologie éprouvée rencontre de nouveaux domaines d'application

L'idée, souvent exprimée, que les entrepôts automatisés à grande hauteur pour unités de transport intermodal restent une technologie non éprouvée n'est pas étayée par des faits concrets. Ces entrepôts sont déjà en service avec succès. Deux systèmes de référence, issus de contextes d'application très différents, témoignent de leur maturité technique.

Le dépôt de matériel de l'armée suisse s'appuie sur des systèmes de stockage et de récupération entièrement automatisés de LTW pour la manutention des conteneurs en conditions réelles d'utilisation. Les opérations sont fiables et les concepts de redondance ont fait leurs preuves. Plus impressionnant encore est le cas de la gare du Jungfraujoch : située à 3 454 mètres d'altitude, c'est la gare ferroviaire la plus haute d'Europe et elle utilise un chargement automatisé des trains basé sur les mêmes principes. Si la technologie de manutention horizontale fonctionne de manière fiable dans ces conditions climatiques et logistiques extrêmes, alors les réalités logistiques de l'Europe centrale ne représentent véritablement aucun défi d'ingénierie.

L'institut Fraunhofer SCS a évalué différentes approches de numérisation dans le cadre d'une étude de faisabilité pour le terminal intermodal numérique du futur. Conclusion : la numérisation et l'automatisation des processus du terminal augmentent significativement l'efficacité à court et moyen terme. Une plus grande transparence des processus et une meilleure planification des ressources ne constituent pas seulement des avantages pratiques, mais aussi des atouts concurrentiels tangibles. L'exploitation entièrement automatisée représente l'aboutissement logique de cette évolution ; il ne s'agit pas d'un saut dans l'inconnu, mais plutôt de l'adaptation des principes éprouvés de l'intralogistique aux exigences du transport intermodal de marchandises.

Les évolutions récentes montrent que les acteurs du marché donnent également le ton. Par exemple, la société InterCal mise sur des chaînes de transport entièrement intermodales et décarbonées, utilisant des conteneurs spécialisés : les marchandises sont acheminées par camion électrique jusqu’à la gare de triage, puis par train jusqu’à leur destination finale. Jusqu’à trois trains, transportant chacun 32 conteneurs, sont prévus toutes les deux semaines. Cette initiative illustre la tendance croissante des expéditeurs à considérer le transport intermodal non plus comme une solution de niche, mais comme un outil standard d’une stratégie de chaîne d’approvisionnement durable.

Barrières structurelles et conditions-cadres politiques

Malgré des arguments convaincants, l'adoption de terminaux intermodaux entièrement automatisés en Allemagne est en deçà de son potentiel technologique. Les raisons sont structurelles et touchent à la fois la politique d'infrastructure et les pratiques réglementaires.

Le premier obstacle réside dans l'infrastructure elle-même. Le transport combiné est sous tension : infrastructures, planification des capacités et stabilité politique constituent les principaux points de blocage. Un terminal d'entrepôts à grande hauteur ne peut être construit sans voies de garage disponibles et infrastructures de chargement adaptées. De nombreux sites potentiels disposent d'anciennes liaisons ferroviaires, mais celles-ci sont inutilisées depuis des années et nécessitent donc des investissements initiaux importants. La remise en service des voies de garage industrielles désaffectées est un élément clé, souvent sous-estimé, du développement de nouveaux sites terminaux.

Le second obstacle réside dans la longueur des procédures de planification et d'autorisation. Comparées aux normes internationales, ces procédures sont nettement plus longues en Allemagne. Pour les décisions d'investissement ayant un impact sur plusieurs décennies et immobilisant des capitaux importants, la certitude en matière de planification est une condition essentielle. De ce fait, les associations de transport ont souligné que des secteurs importants des transports demeurent privés de cette certitude. Les investisseurs – qu'il s'agisse de prestataires logistiques privés ou d'entreprises auxiliaires ferroviaires – préfèrent attendre des signaux clairs plutôt que d'investir dans un contexte réglementaire incertain.

Le troisième obstacle réside dans le système de financement lui-même qui, malgré sa générosité (jusqu'à 80 % de subventions), présente des lourdeurs administratives constituant un défi majeur pour les exploitants de terminaux de petite et moyenne taille. L'Association allemande des transports combinés et l'Autorité fédérale des chemins de fer sont des organismes financeurs potentiels, mais la procédure de demande et d'approbation est longue et coûteuse. Il s'agit donc d'une réforme opérationnelle qui ne requiert pas de budget supplémentaire, mais simplement une simplification des démarches.

Perspective stratégique : Le terminal en tant qu'intégrateur de systèmes

L'entrepôt de grande hauteur du futur est bien plus qu'un simple entrepôt hautement automatisé. C'est un intégrateur de systèmes qui non seulement optimise la chaîne logistique, mais la réorganise en profondeur. Sa fonction dépasse la simple manutention de caisses mobiles et de conteneurs : elle permet une logique d'implantation entièrement nouvelle pour les terminaux, une planification optimisée des capacités pour les opérateurs ferroviaires et de nouveaux calculs de coûts pour les expéditeurs.

Le fait que ce système puisse être construit sur des terrains présentant d'importantes variations d'altitude et qu'il ne nécessite pas la coïncidence des voies ferrées et routières ouvre la voie à des sites inaccessibles aux terminaux conventionnels : tranchées ferroviaires en zones métropolitaines, friches industrielles à la topographie défavorable et zones périurbaines à usage mixte. Associée à la possibilité d'une exploitation entièrement confinée, éliminant ainsi les émissions sonores et lumineuses, cette approche permet de concevoir un type de terminal qui s'intègre au tissu urbain au lieu de le perturber.

Pour les décideurs en logistique, planification des transports et aménagement urbain, cela se traduit par une recommandation stratégique claire : l’automatisation verticale des terminaux intermodaux n’est pas un luxe réservé aux grands opérateurs bien capitalisés, mais bien une réponse économiquement viable aux goulets d’étranglement structurels du transport de marchandises en Allemagne. La rareté de l’espace, la pénurie de main-d’œuvre, les pressions liées aux émissions et la hausse des coûts d’infrastructure convergent toutes vers le même constat. Les entrepôts à grande hauteur ne sont pas la seule solution à ces défis, mais ils sont les seuls à les relever tous simultanément. Dans un secteur qui ne peut se permettre d’attendre, cet argument est convaincant.

 

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Konrad Wolfenstein

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Entrepôts à conteneurs et terminaux à conteneurs : l’interaction logistique – conseils et solutions d’experts – Image créative : Xpert.Digital

Cette technologie innovante promet de transformer en profondeur la logistique des conteneurs. Au lieu d'être empilés horizontalement comme auparavant, les conteneurs seront stockés verticalement dans des structures de rayonnages métalliques à plusieurs niveaux. Ceci permet non seulement d'accroître considérablement la capacité de stockage sur une même surface, mais aussi de révolutionner tous les processus du terminal à conteneurs.

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