Le nouveau plan d'épargne-retraite : la réforme des retraites en Allemagne en 2027 – la fin de la pension Riester et jusqu'à 540 euros de subventions publiques
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Publié le : 27 mars 2026 / Mis à jour le : 27 mars 2026 – Auteur : Konrad Wolfenstein

Le nouveau plan d'épargne-retraite : la réforme des retraites en Allemagne à l'horizon 2027 – la fin de la pension Riester et jusqu'à 540 € de subventions publiques – Image : Xpert.Digital
Jusqu'à 540 € de subventions publiques : le nouveau compte de retraite est-il avantageux pour vous ?
Le nouveau compte d'épargne-retraite arrive : l'épargne en ETF avec subventions gouvernementales
Vous souhaitez résilier votre contrat de retraite Riester ? Ce qu’il faut savoir sur la réforme des retraites de 2027
L'épargne-retraite privée en Allemagne se trouve à un tournant historique. Après plus de vingt ans de lourdeurs bureaucratiques, de coûts élevés et de faibles rendements, les décideurs politiques ont mis fin au système de retraite Riester. Afin de lutter efficacement contre la menace croissante de la pauvreté chez les personnes âgées et l'évolution démographique rapide, un nouveau plan d'épargne-retraite subventionné par l'État sera lancé en 2027. Grâce à un modèle de financement fondamentalement nouveau, une approche audacieuse abandonnant les garanties rigides au profit d'investissements en ETF à haut rendement, et des mesures innovantes telles que la « pension anticipée » pour les enfants, le gouvernement ambitionne de rendre enfin l'épargne-retraite privée accessible à tous.
Mais la réforme des retraites tant attendue tient-elle réellement ses promesses ? Quelles conséquences ce bouleversement a-t-il pour les millions d’épargnants Riester actuels ? Le modèle de portefeuille d’investissement axé sur les marchés financiers recèle-t-il lui aussi des risques cachés ? Cet article analyse en détail le nouveau processus législatif, met en lumière les atouts du modèle de subvention par cotisations et révèle les points sur lesquels le législateur hésite encore à entreprendre une véritable réforme du système.
L’État contribue, certes, mais est-ce vraiment suffisant pour éviter le risque de pauvreté à la retraite ?
La fin d'une époque : pourquoi le régime de retraite Riester a échoué
Depuis plus de vingt ans, la pension Riester est synonyme de tous les dysfonctionnements du système de retraite allemand : complexité excessive, rendements décevants, frais administratifs élevés et un système de subventions qui a régulièrement déconcerté même les experts financiers. Conçue en 2001 comme une réponse révolutionnaire à l’évolution démographique, la pension Riester a échoué. Depuis 2018, le nombre de contrats actifs diminue régulièrement, et près d’un quart des contrats sont considérés comme inactifs ou sans cotisation. Des millions de citoyens qui pensaient avoir bien préparé leur retraite constatent aujourd’hui, avec désillusion, que leur pension, une fois tous les frais déduits, est bien en deçà de leurs attentes.
Les problèmes structurels du régime de retraite Riester étaient manifestes. Le principe de garantie, imposé par la loi – les cotisations versées devaient être garanties au début du versement de la pension – a contraint les gestionnaires à adopter une stratégie d'investissement défensive et peu rentable. Ce principe s'est avéré un handicap fatal, précisément lors des périodes de taux d'intérêt durablement bas. Parallèlement, les coûts élevés de mise en place et d'administration ont absorbé une part importante des maigres rendements. Résultat : un produit peu attractif et inaccessible, n'offrant quasiment aucun avantage aux populations qui en avaient le plus besoin.
Le point de bascule démographique : pourquoi il est nécessaire d’agir
L'échec du régime de retraite Riester ne constituerait pas en soi une situation d'urgence si l'Allemagne n'était pas confrontée simultanément à une mutation démographique d'une ampleur historique. Le système d'assurance retraite obligatoire repose sur le principe de la répartition : les cotisations de la population active financent les pensions actuelles. Ce système est soumis à une pression considérable, car le ratio entre cotisants et retraités se détériore rapidement. Au début des années 1990, on comptait statistiquement 2,7 actifs pour un retraité. D'ici 2023, ce chiffre sera tombé à seulement 2,1. D'ici 2050, ce ratio pourrait se réduire à presque 1 pour 1.
Le niveau des pensions – c’est-à-dire le rapport entre la pension de base et le salaire moyen – représente actuellement environ 48 % du salaire brut, un montant nettement inférieur au seuil considéré comme suffisant pour maintenir un certain niveau de vie. Les conséquences se font déjà sentir : près de 42 % des quelque 19 millions de retraités allemands perçoivent moins de 1 000 € nets par mois. Le seuil officiel de risque de pauvreté est fixé à 1 381 € nets par mois. Les femmes sont structurellement désavantagées à cet égard : fin 2024, leur pension de vieillesse moyenne n’était que de 955 €, contre 1 405 € pour les hommes – soit une différence de près d’un tiers.
Le déficit de pensions est une réalité croissante. Selon le rapport « Pension Compass 2026 » de la WHU Otto Beisheim School of Management, les retraités allemands dépensent en moyenne 3 148 € par mois pour seulement 2 988 € de revenus. Actuellement, ce manque à gagner est comblé par le retrait d’actifs, une stratégie non viable à long terme pour une part croissante de la population. Les jeunes actifs, en particulier, qui devraient épargner en moyenne entre 10 et 20 % de leur revenu net pour maintenir leur niveau de retraite, subissent directement les conséquences de cette défaillance systémique. Réformer les régimes de retraite privés n’est donc pas un luxe, mais une nécessité structurelle.
Le processus législatif : un long chemin vers la réforme
Le gouvernement allemand, coalition CDU/CSU-SPD, a lancé la réforme des régimes de retraite privés subventionnés par l'impôt avec la loi de réforme des retraites. Le 17 décembre 2025, le Conseil fédéral a approuvé le projet de loi, élaboré sous l'égide du ministre fédéral des Finances, Lars Klingbeil (SPD). Le 27 février 2026, le texte a été examiné en première lecture au Bundestag et renvoyé aux commissions compétentes. La commission des finances du Bundestag, chargée de l'examen du projet de loi, a tenu une audition publique avec des experts le 11 mars 2026.
La réunion de la commission des finances du 25 mars 2026 a été cruciale : à la demande des partis de la coalition, la CDU/CSU et le SPD, d’importantes modifications ont été apportées au projet de loi initial au dernier moment. Ces corrections de dernière minute témoignent de l’intensité des négociations politiques sur les détails. Par ailleurs, à la demande du Bundesrat (Conseil fédéral), la possibilité d’étendre le champ d’application des aides aux travailleurs indépendants et à toutes les personnes en âge de travailler sera examinée. La loi doit encore être adoptée par le Bundestag (Parlement fédéral) et le Bundesrat ; le lancement de la nouvelle gamme de produits est prévu pour le 1er janvier 2027.
L'instrument principal : le compte d'épargne-retraite subventionné par l'État
L'élément central de la réforme est un nouveau concept de produit : le compte d'épargne-retraite subventionné par l'État. Il diffère fondamentalement de l'ancienne pension Riester par la suppression de la garantie de cotisation intégrale, auparavant obligatoire. Ceci permet, pour la première fois, un investissement direct et subventionné par l'État dans des actifs orientés vers les marchés de capitaux : actions diversifiées à l'échelle mondiale, fonds négociés en bourse (ETF), obligations et, à l'avenir, également des ELTIF (Fonds européens d'investissement à long terme). Pour les épargnants plus prudents, l'option de souscrire des produits classiques à garantie demeure, avec une garantie de capital de 80 % ou de 100 % à la retraite.
Parallèlement à l'option axée sur le rendement sans garantie, un compte dit standard est mis en place. Ce produit standard, volontairement simple, peut être ouvert en ligne et doit être proposé par tous les établissements financiers. Il s'adresse aux consommateurs qui ne souhaitent pas, ou ne peuvent pas, examiner en détail les caractéristiques du produit. Des décisions individuelles ne sont requises avec le compte standard que si l'épargnant souhaite explicitement s'écarter des paramètres prédéfinis. Le plafond de réduction annuelle du rendement, initialement prévu à 1,5 %, a été abaissé à 1,0 % par le Comité des finances – une mesure importante pour la protection des rendements des investisseurs.
Afin d'accroître la transparence du marché et de protéger les consommateurs contre les structures de frais opaques, les frais de clôture des contrats d'épargne-retraite seront désormais répartis sur toute la durée du contrat. Ceci limite considérablement le désavantage financier lié à un changement de prestataire prématuré. Concrètement, cela signifie que toute personne souhaitant changer de prestataire au cours des cinq premières années devra s'acquitter de frais de transfert maximum de 150 €. Passé ce délai, le changement est entièrement gratuit.
Le nouveau modèle de financement : un système d’allocation en pourcentage au lieu d’une subvention forfaitaire
L'une des différences fondamentales par rapport au régime de retraite Riester réside dans le nouveau système de financement. L'ancien système Riester, avec son allocation de base forfaitaire de 175 € et ses allocations familiales fixes, est remplacé par un modèle par capitalisation : plus les cotisations sont élevées, plus la subvention est importante, dans la limite d'un plafond. Le projet initial du gouvernement prévoyait une allocation de base de 0,30 € par euro cotisé pour les 1 200 premiers euros annuels, passant à 0,35 € à partir de 2029. Pour les cotisations suivantes, jusqu'au plafond de 1 800 € par an, une majoration de 0,20 € par euro était prévue.
Les amendements adoptés par la Commission des finances le 25 mars 2026 ont encore ajusté le modèle de subvention afin de favoriser les petits épargnants. Le nouveau système prévoit une subvention de 50 % des cotisations annuelles jusqu'à 360 € – ainsi, une personne cotisant 30 € par mois et épargnant 360 € par an reçoit une subvention publique de 180 €. Pour les cotisations supérieures à ce montant, jusqu'au plafond annuel de 1 800 €, la subvention est de 25 %. La subvention maximale est de 540 € par an pour des cotisations mensuelles de 150 €. Ce nouveau règlement est important : il instaure un taux de subvention nettement plus élevé pour la tranche de cotisation la plus basse, spécifiquement conçu pour inciter les personnes à faibles revenus et les petits épargnants à constituer une épargne-retraite privée.
Le cadre fiscal continue d'évoluer en parallèle. La déduction pour dépenses exceptionnelles est maintenue et couvre les cotisations d'épargne-retraite individuelles jusqu'à 1 800 €, majorées des aides éventuelles. L'administration fiscale continuera de vérifier automatiquement, dans le cadre d'une évaluation du traitement fiscal le plus favorable, si la réduction d'impôt est plus avantageuse que l'aide directe. Le principe fondamental de l'imposition différée – exonération d'impôt pendant la phase d'épargne, imposition lors du versement à la retraite – demeure inchangé. Les épargnants doivent donc être conscients que leur pension complémentaire ultérieure sera imposée comme un revenu, même si les aides publiques semblent attractives pendant la phase d'épargne.
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Les enfants comme groupe cible : la retraite anticipée
Un volet ambitieux et intéressant, tant sur le plan pédagogique qu'actuariel, de cette réforme est le dispositif d'épargne-retraite anticipée. Il vise à familiariser toute une génération avec le marché des capitaux dès son plus jeune âge et à permettre aux effets des intérêts composés de se faire sentir pendant des décennies. Pour les enfants de 6 à 18 ans scolarisés en Allemagne, l'État verse dix euros par mois sur un compte d'épargne-retraite individuel, alimenté par des capitaux et géré par un organisme privé.
La mise en œuvre pratique est complexe mais pragmatique. Les parents peuvent ouvrir un compte individuel pour leur enfant auprès d'un prestataire de leur choix, répondant aux exigences strictes du nouveau produit standard. Si aucun compte individuel n'est ouvert, l'enfant sera automatiquement inscrit à un dispositif de protection sociale financé par l'État ; aucun enfant ne doit être désavantagé par l'inaction de ses parents. Des contributions supplémentaires des parents, grands-parents ou autres personnes sont également possibles. Point essentiel, les revenus du compte sont exonérés d'impôt jusqu'à la retraite.
Pour des raisons budgétaires, la pension de retraite anticipée a été initialement lancée uniquement pour les personnes nées en 2020, c'est-à-dire les enfants qui auront six ans en 2026. Environ 50 millions d'euros ont été alloués dans le budget fédéral 2026 à cette première cohorte. La subvention est prévue avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. Une mise en œuvre complète pour toutes les tranches d'âge de 6 à 18 ans coûterait environ 1 milliard d'euros par an – une somme qui explique les contraintes budgétaires ayant conduit à une mise en œuvre progressive. À partir de 2029, d'autres cohortes seront incluses, de sorte que le modèle s'étendra progressivement à toutes les tranches d'âge jusqu'à 18 ans.
Pour les familles qui épargnent déjà activement dans le nouveau système, des incitations supplémentaires sont prévues. Une allocation familiale pouvant atteindre 300 € par enfant et par an est accordée pour des cotisations mensuelles de 25 € ou plus. Cumulée à l'allocation de base, cette aide représente un soutien public substantiel pour les familles nombreuses, ce qui peut considérablement augmenter leur épargne-retraite privée.
La transition : ce que les épargnants de Riester doivent savoir
Une réforme de cette ampleur soulève inévitablement la question du sort des millions de contrats Riester existants. Le gouvernement allemand a opté pour une clause de droits acquis claire : les contrats Riester en vigueur seront maintenus et continueront d’être financés selon les anciennes conditions de subvention. Personne ne sera contraint de résilier son contrat, de changer de fournisseur ou de rembourser les subventions déjà perçues. Toutefois, aucun nouveau contrat Riester ne pourra être conclu après le 1er janvier 2027.
Pour les épargnants actifs du système Riester, trois options concrètes s'offrent à eux. Premièrement : poursuivre le contrat sans modification et cotiser selon les modalités actuelles. Deuxièmement : transférer l'épargne accumulée vers un nouveau compte d'épargne retraite ou un nouveau produit garanti, en conservant intégralement les subventions et avantages fiscaux précédemment perçus. Troisièmement : suspendre le contrat Riester et ouvrir simultanément un nouveau compte d'épargne retraite. Le changement de produit durant les cinq premières années du contrat peut coûter jusqu'à 150 € auprès de l'établissement actuel ; ensuite, il est gratuit. Ces solutions transitoires sont bien pensées, mais nécessitent une évaluation individuelle par chaque épargnant : ceux qui supportent des frais courants élevés avec leur contrat Riester actuel pourraient avoir tout intérêt à passer au nouveau système à moyen terme.
Les premiers produits basés sur le nouveau compte d'épargne-retraite devraient être lancés au quatrième trimestre 2026, laissant ainsi aux personnes intéressées suffisamment de temps pour se familiariser avec le système. Les subventions gouvernementales débuteront le 1er janvier 2027. L'Agence centrale pour l'épargne-retraite (ZfA) demeure responsable de l'examen et du versement de ces subventions. La subvention sera versée directement sur le compte et ne pourra pas être déposée sur un compte courant.
Le nouveau fonds souverain : bien plus qu'un simple détail
Parmi les changements les plus notables apportés par le Comité des finances le 25 mars 2026 figure la décision d'intégrer un fonds souverain comme option d'investissement supplémentaire. Ce fonds sera proposé aux côtés des prestataires privés, offrant ainsi une alternative standardisée et peu coûteuse. Ce concept s'inspire des modèles nordiques et anglo-saxons, où des fonds réglementés par l'État – tels que le modèle suédois AP7 ou le National Employment Savings Trust (NEST) britannique – fonctionnent avec succès depuis des années comme une solution de base abordable pour les investisseurs particuliers.
L'objectif politique est clair : ceux qui ne souhaitent pas faire appel à la multitude de prestataires privés ou qui n'ont pas accès à des conseils financiers devraient bénéficier d'une solution standard simple, transparente et économique proposée par l'État. Il s'agit d'une réponse directe aux critiques selon lesquelles même le plafond de frais effectif prévu de 1,0 % pour les portefeuilles d'ETF à gestion active reste nettement supérieur aux frais minimaux des ETF indiciels de marché, disponibles pour une gestion autonome à 0,06 %. La structure précise du fonds souverain n'est pas encore finalisée et fera probablement l'objet d'intenses débats lors de la suite du processus législatif, notamment parce que les secteurs de l'assurance et de la gestion de fonds ont un intérêt économique considérable à ce que le fonds souverain ne représente pas une concurrence sérieuse pour leurs produits.
Points de vue critiques : Ce que la réforme ne résout pas
La réforme est globalement bien accueillie, mais elle présente de sérieuses faiblesses et vulnérabilités. Si les secteurs de la finance et des assurances ont globalement salué la loi, diverses associations et organisations de défense des consommateurs ont formulé d'importantes critiques.
Le principal problème de risque réside dans la nature des investissements sur les marchés de capitaux, qui ne comportent aucune garantie. Même les ETF actions largement diversifiés peuvent perdre 50 % de leur valeur, voire plus, en cas de crise, et les périodes de pertes historiques peuvent durer jusqu'à 15 ans. Une personne subissant un krach boursier important peu avant sa retraite pourrait se retrouver dans une situation bien plus défavorable avec le nouveau système qu'avec l'ancien modèle garanti. L'Autorité fédérale de surveillance financière (BaFin) et les experts présents à l'audition ont précisément évoqué ce scénario. Le régime de retraite Riester protégeait contre de tels risques, au détriment des rendements. Le nouveau système privilégie des rendements plus élevés, au détriment de la sécurité.
Le secteur des assurances, quant à lui, critique le fait que la forte pondération des ETF ne permette pas de prendre suffisamment en compte le risque de longévité. Ceux qui fondent leur épargne-retraite sur un plan de versements avec un âge limite de 85 ans risquent de se retrouver sans aucun revenu de leur épargne-retraite subventionnée à un âge très avancé. La rente viagère, en tant qu'option de versement privilégiée, devient moins systématique dans un modèle de portefeuille basé sur les ETF.
Les associations de consommateurs et les syndicats déplorent que même le plafond des coûts pour le produit standard, ramené à 1 % suite aux amendements du comité, demeure relativement élevé. L'opposition, notamment les Verts, critique l'absence d'inscription automatique pour tous les citoyens – un modèle de désinscription possible, inspiré du système nordique. Sans cette obligation de participation, ou au moins une inscription automatique assortie d'une possibilité de désinscription, l'expérience montre que le programme ne touche que les segments de la population déjà informés et financièrement stables. Les personnes à faibles revenus, celles qui manquent de connaissances financières ou celles qui ont connu une situation professionnelle précaire – précisément celles qui ont le plus besoin d'une épargne-retraite complémentaire – sont, d'après notre expérience, moins susceptibles d'être atteintes par les programmes volontaires.
Le coût budgétaire de la réforme est considérable, mais reste gérable dans le contexte économique global. Le gouvernement fédéral devrait dépenser 50 millions d'euros en 2026 et jusqu'à 197 millions d'euros en 2030, les Länder entre 52 et 198 millions d'euros, et les communes entre 18 et 70 millions d'euros. Ces sommes paraissent modestes au regard de l'ensemble du problème des retraites, mais elles témoignent d'une réelle volonté politique d'investir.
Contexte international : ce que l’Allemagne peut apprendre des autres
Un regard au-delà de l'Allemagne révèle que les régimes de retraite privés, financés par des capitaux et subventionnés par l'État, sont pratiqués avec succès depuis des décennies dans de nombreux pays. Depuis les années 1990, la Suède combine un système de retraite par répartition avec une composante obligatoire de capitalisation (Premium Pension). Le Royaume-Uni s'appuie sur le système d'affiliation automatique, qui inscrit automatiquement tous les salariés à des régimes de retraite professionnels, avec un droit de retrait effectif – et obtient des résultats probants en termes de taux de couverture. Les États-Unis utilisent un système bien établi de retraites privées indexées sur les marchés financiers, offrant des avantages fiscaux grâce aux plans 401(k), bien que ces derniers ne bénéficient d'aucune garantie légale.
Avec son système de retraite, l'Allemagne s'oriente vers une structure qui a fait ses preuves à l'échelle internationale. Cependant, le pays rattrape son retard plus lentement que nécessaire, et l'étape cruciale – l'affiliation automatique et généralisée de tous les salariés – fait toujours défaut dans le projet de loi actuel. C'est là la différence entre une réforme qui modernise prudemment le système de retraite existant et une véritable transformation systémique qui permettrait de combler structurellement le déficit de pensions.
Conseils pratiques : Que doivent faire les épargnants maintenant ?
Compte tenu du calendrier, une approche différenciée est recommandée selon les différents groupes d'épargnants. Ceux qui ne disposent pas encore d'un contrat d'épargne-retraite devraient comparer attentivement les premières offres disponibles sur le marché à partir du quatrième trimestre 2026, notamment en ce qui concerne les coûts effectifs réels, les stratégies d'investissement proposées et la flexibilité lors de la phase de versement. L'examen du nouveau compte de dépôt standard constitue un point de départ fiable, car il doit respecter des plafonds de coûts et des exigences structurelles minimales définis par la loi.
Les épargnants Riester devraient profiter du temps restant jusqu'en 2027 pour examiner attentivement leurs contrats actuels. Les frais récurrents, les rendements réels et la possibilité que le fournisseur actuel propose ultérieurement le nouveau compte d'épargne-retraite sont des critères de décision essentiels. Pour de nombreux détenteurs de contrats de fonds Riester onéreux ou de plans d'épargne bancaires coûteux, le passage au nouveau système pourrait s'avérer très avantageux à moyen terme, d'autant plus que les subventions et les avantages fiscaux sont intégralement conservés lors du transfert.
Les parents d'enfants nés en 2020 devraient se demander s'il est préférable d'ouvrir un compte d'investissement individuel pour leur enfant une fois le cadre légal établi, ou si le plan d'épargne garanti par l'État leur suffit. La prime de bienvenue, l'épargne non imposable accumulée pendant des décennies et la possibilité de l'intégrer à leur propre régime d'épargne-retraite font du compte individuel l'option la plus avantageuse dans la plupart des cas.
Un pas dans la bonne direction – mais pas une percée
La réforme des retraites, avec le nouveau compte de pension, est une mesure attendue depuis longtemps et fondamentalement judicieuse. L'abandon de la logique Riester, qui s'est avérée inefficace, l'ouverture aux investissements à haut rendement sur les marchés de capitaux, la simplification significative du système de subventions et le plafonnement des coûts du produit standard sont autant d'avancées qui rendent le système plus attractif et plus équitable. L'augmentation des subventions pour les petits épargnants en début de cotisation et la pension de retraite anticipée pour les enfants sont des mesures socialement pertinentes.
Il serait toutefois illusoire de croire que la réforme à elle seule puisse endiguer le risque structurel de pauvreté chez les personnes âgées en Allemagne. Tant qu'un impact automatique et généralisé fera défaut – c'est-à-dire un système incluant tous les actifs et non seulement les personnes informées et impliquées –, l'épargne-retraite privée restera un outil réservé à ceux qui se soucient déjà suffisamment de leurs finances. Le nouveau compte d'épargne-retraite améliore la planification individuelle de la retraite. Reste à savoir s'il deviendra un phénomène de masse contribuant réellement à réduire les inégalités de retraite face à l'évolution démographique. La volonté de réformer est manifeste, mais le courage décisif nécessaire à un véritable changement systémique n'est pas encore pleinement présent.
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