
Le suicide rampant d'un continent par la réglementation : comment l'UE s'étrangle elle-même par zèle réglementaire – Image : Xpert.Digital
L'énergie comme bien de luxe : pourquoi la désindustrialisation de l'Europe semble inéluctable
De moteur économique à musée à ciel ouvert : la chronique du déclin de l'Europe
Le diagnostic est douloureux, mais il était temps : l’Europe risque de perdre définitivement sa place parmi les principales économies mondiales. Ce qui était longtemps considéré comme un pessimisme absolu se traduit désormais par des données économiques concrètes. Les analyses récentes et pertinentes du PDG de JPMorgan, Jamie Dimon, sonnent comme un cri d’alarme. Elles révèlent que le « Vieux Continent » ne souffre pas seulement de fluctuations conjoncturelles, mais aussi d’une profonde érosion structurelle.
Il y a quinze ans, l'Union européenne était au même niveau que les États-Unis, mais elle s'est engagée dans une dangereuse spirale descendante. Le fossé entre le moteur d'innovation américain et la bureaucratie européenne ne cesse de se creuser. Tandis que la technologie et la productivité créent des milliers de milliards de dollars de valeur outre-Atlantique, l'Europe suffoque sous un dédale de réglementations, face à l'explosion des coûts de l'énergie et à une fuite des capitaux catastrophique.
Cet article examine sans complaisance les coulisses de la rhétorique politique. Nous analysons comment un mélange toxique d'autocensure bureaucratique, de naïveté géopolitique et de mutations démographiques détruit le modèle économique européen. De la délocalisation de secteurs entiers à l'exode des licornes, cette analyse révèle que le modèle d'État-providence européen, sans réformes radicales, court à la catastrophe financière. Il s'agit de comprendre pourquoi nous risquons de devenir non pas des acteurs de l'économie mondiale, mais un simple musée à ciel ouvert – et s'il existe encore une issue.
L’Europe au bord du gouffre économique : un constat alarmant
Le diagnostic est brutal, mais nécessaire : l'Europe traverse une crise économique et stratégique que les beaux discours politiques ne peuvent plus masquer. Les récentes déclarations de Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, semblent moins relever d'une simple critique extérieure que d'un examen approfondi de la situation critique de l'Europe. Lorsqu'un continent qui fut jadis l'épicentre de la révolution industrielle passe, en seulement quinze ans, de la parité économique avec les États-Unis au statut de partenaire mineur, il ne s'agit pas d'un simple concours de circonstances. C'est le résultat d'erreurs structurelles, de priorités malavisées et d'une bureaucratie auto-imposée sans précédent.
Cette analyse décortiquera les mécanismes de ce déclin. Nous examinerons les chiffres du produit intérieur brut, analyserons le cocktail explosif du coût de l'énergie et du zèle réglementaire, et nous interrogerons sur la viabilité même du modèle européen d'État-providence, sous sa forme actuelle. C'est un constat douloureux, mais incontournable si nous voulons comprendre pourquoi l'Europe risque de devenir un musée à ciel ouvert de l'histoire mondiale.
Le grand découplage : pourquoi la prospérité relative diminue
Le constat statistique cité par Jamie Dimon est d'une importance capitale : la part de l'UE dans le PIB mondial diminue, et un écart se creuse avec les États-Unis, écart qu'il sera difficile de combler. En 2008, la zone euro était encore économiquement au même niveau que les États-Unis, voire légèrement en avance dans certains cas, selon le taux de change appliqué. Aujourd'hui, le PIB de l'UE ne représente plus que 65 % environ du PIB américain.
En 2024, une divergence économique significative entre les États-Unis et l'UE-27 est manifeste. Alors que le produit intérieur brut (PIB) nominal des États-Unis avoisine les 28 000 milliards de dollars, il n'atteint que les 19 000 milliards de dollars environ dans l'UE, témoignant d'un découplage dynamique où les États-Unis jouent un rôle prépondérant. Cette tendance est accentuée par des taux de croissance de la productivité très différents : élevés et portés par la technologie aux États-Unis, ils stagnent dans l'UE, révélant une faiblesse structurelle de l'économie européenne. La divergence massive de capitaux est particulièrement frappante, comme en témoigne la capitalisation boursière des sept plus grandes entreprises technologiques. Aux États-Unis, leur valeur dépasse les 13 000 milliards de dollars, tandis que la valeur correspondante dans l'UE est négligeable en comparaison.
Il faut examiner attentivement ces chiffres pour en saisir toute la portée. Il serait trop simpliste d'attribuer ce déclin uniquement aux fluctuations du taux de change euro/dollar. Le problème de fond est plus profond : il s'agit d'une crise de productivité. Depuis la crise financière, les États-Unis ont considérablement accru leur productivité grâce à des investissements massifs dans les technologies, la fracturation hydraulique et les plateformes numériques. L'Europe, en revanche, est restée engluée dans le statu quo de l'« ancienne économie ».
Alors que les États-Unis ont créé un moteur de croissance avec la Silicon Valley, générant aujourd'hui des milliers de milliards de dollars de valeur ajoutée, l'Europe s'est concentrée sur la gestion de ses ressources existantes. Force est de constater que la croissance européenne de la dernière décennie a été principalement tirée par la participation au marché du travail (augmentation du nombre de personnes en emploi), et non par une amélioration de la productivité horaire. Ce modèle a ses limites, surtout compte tenu de l'évolution démographique. Les États-Unis croissent grâce à l'innovation ; l'Europe, quant à elle, ne croît – si elle croît – que par l'utilisation optimale de ses capacités.
Un autre aspect de ce découplage réside dans la consommation. La consommation intérieure américaine est un moteur puissant, alimenté par des revenus disponibles plus élevés et un taux d'épargne plus faible. Les Européens épargnent, souvent par crainte de l'avenir et pour préserver un système de retraite fragile. Cependant, les capitaux non consommés aux États-Unis ne sont pas nécessairement investis dans les entreprises européennes. Ils migrent ailleurs. On observe un désavantage systémique dans l'allocation des capitaux : l'argent européen finance la prospérité américaine car les rendements attendus de part et d'autre de l'Atlantique sont tout simplement plus réalistes.
L'architecture de l'autolimitation : le zèle réglementaire comme désavantage lié à la localisation
« Il faut 27 nations pour prendre une décision. » Cette affirmation de Dimon résume parfaitement la paralysie européenne. Mais le problème ne réside pas seulement dans le nombre de décideurs, mais plutôt dans la manière dont les décisions se transforment en monstres bureaucratiques. L’Europe a choisi – dans une sorte de tragique surestimation de son propre pouvoir – de mener le monde par la réglementation plutôt que par l’innovation (l’« effet Bruxelles »).
Le principe de précaution, inscrit dans l'ADN de l'UE, s'oppose diamétralement à l'approche américaine de l'innovation sans autorisation. Aux États-Unis, tout est permis sauf interdiction explicite. En Europe, il faut souvent prouver qu'une innovation ne présente aucun risque théorique avant sa commercialisation. Le résultat est désastreux
- Coûts de conformité : Les PME allemandes et européennes croulent sous les obligations de reporting. Qu’il s’agisse de la loi allemande sur le devoir de vigilance en matière de chaîne d’approvisionnement (LkSG), de la directive sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD) ou du règlement sur la taxonomie, chacune de ces lois, bien qu’animée de bonnes intentions, mobilise des milliers d’heures de travail qui ne sont pas investies dans la recherche et le développement. Un directeur financier d’une PME allemande consacre désormais plus de temps au reporting ESG qu’à la planification stratégique des investissements.
- Le marché unique fragmenté : en théorie, il existe un marché unique, mais en pratique, il se compose de 27 régimes fiscaux, lois sur l’insolvabilité et obstacles liés au droit du travail différents. Une start-up du Delaware peut immédiatement s’adresser à 330 millions d’Américains comme clients. En revanche, une start-up munichoise doit se familiariser avec des normes et un jargon juridiques entièrement nouveaux dès qu’elle souhaite s’implanter en France. Les économies d’échelle, pourtant essentielles à la croissance des entreprises technologiques modernes, sont ainsi freinées d’emblée.
- Technophobie : la loi sur l'IA en est le dernier exemple. Avant même que l'Europe n'ait produit un seul concurrent sérieux à OpenAI ou à Google DeepMind, elle a adopté le cadre réglementaire le plus strict au monde en matière d'intelligence artificielle. Elle réglemente des fantômes qu'elle n'a même pas encore invoqués. Le message aux investisseurs est clair : expérimentez en Californie ou à Londres ; là-bas, vous ne risquez pas d'être poursuivis avant même d'avoir réalisé votre premier profit.
La bureaucratie n'est pas seulement un facteur de coût ; c'est aussi un facteur de temps. Dans un monde où les cycles technologiques se mesurent en mois, les procédures d'autorisation en Europe prennent des années. Si l'agrandissement d'une usine attend trois ans pour obtenir une autorisation environnementale, la technologie prévue pour la production est souvent déjà obsolète. Ce n'est pas une exagération, mais une réalité à laquelle des entreprises comme Tesla dans le Brandebourg ou diverses entreprises chimiques sont confrontées quotidiennement.
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Masochisme économique : pourquoi l’Europe finance involontairement son propre déclin
Fuite des capitaux et exode des licornes : l'anémie financière de l'Europe
Ironie du sort : l’Europe regorge d’épargne, mais sous-investit. Les ménages européens détiennent des milliers de milliards d’euros d’actifs financiers. Pourtant, cet argent ne contribue pas à l’avenir de l’Europe. Il dort sur des comptes courants sans intérêt ou est directement investi sur les marchés financiers américains par des investisseurs institutionnels.
Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que l’Europe ne dispose pas d’une Union des marchés de capitaux (UMC) pleinement opérationnelle. Les marchés financiers européens sont essentiellement de petits États nationaux. Ils manquent de profondeur et de liquidité, ce qui a des conséquences dramatiques sur l’innovation
Les jeunes entreprises prometteuses (« licornes ») trouvent souvent encore des financements d'amorçage en Europe. Mais dès qu'elles entrent dans leur phase de croissance et ont besoin de centaines de millions d'euros (« scale-up »), le marché se tarit. Il n'existe pratiquement aucun fonds de pension ou investisseur en capital-risque européen capable de conclure des accords de l'envergure de ceux qu'un fonds de capital-risque américain peut si facilement réaliser.
Il en résulte une fuite des cerveaux spectaculaire au sein des entreprises :
BioNTech
Un joyau allemand, mais son introduction en bourse a eu lieu sur le Nasdaq.
Spotify
Des origines suédoises, mais cotée à la Bourse de New York.
Tilleul
La société allemande la plus valorisée a quitté le DAX pour s'installer entièrement aux États-Unis.
Birkenstock
Introduction en bourse à New York.
Ces entreprises ne s'installent pas aux États-Unis uniquement pour des valorisations plus élevées. Elles y vont parce que l'écosystème d'analystes, d'investisseurs spécialisés et d'opportunités d'acquisition y est présent. L'Europe exporte ses meilleures idées, puis les rachète plus tard sous forme de produits ou de services onéreux. Nous sommes réduits à un simple incubateur pour l'économie américaine.
Environ 300 milliards d'euros d'épargne européenne sont chaque année envoyés à l'étranger, principalement aux États-Unis. Nous finançons ainsi, de fait, l'avance technologique de notre principal concurrent grâce à notre propre épargne. C'est du masochisme économique à l'état pur. Sans une véritable union des marchés de capitaux facilitant les investissements transfrontaliers comme aux États-Unis, l'Europe continuera de prendre un retard technologique croissant.
La désindustrialisation en temps réel : quand l'énergie devient un bien de luxe
L'Allemagne, et donc le cœur industriel de l'Europe, a bâti sa prospérité sur un modèle économique implicite : énergie bon marché en provenance de Russie, produits intermédiaires performants d'Europe de l'Est et exportations à prix élevés vers la Chine. Ce modèle s'est effondré.
La perte du gazoduc russe bon marché a constitué un choc exogène, mais la réaction qu'il a suscitée a révélé toute la fragilité de la politique énergétique européenne. Alors que les États-Unis ont stabilisé leurs coûts énergétiques à des niveaux historiquement bas grâce à la révolution du gaz de schiste (fracturation hydraulique), l'industrie européenne paie son électricité et son gaz beaucoup plus cher.
Une comparaison des prix indicatifs de l'énergie industrielle révèle des différences significatives entre les États-Unis et l'Allemagne/UE. Alors que le prix du gaz naturel aux États-Unis avoisine les 2 à 3 dollars par MMBtu, il est environ quatre fois plus élevé en Allemagne/UE, à environ 10 à 12 dollars par MMBtu. On observe une situation similaire pour l'électricité industrielle : aux États-Unis, le kilowattheure coûte environ 6 à 8 centimes, tandis qu'en Allemagne/UE, frais de réseau inclus, le prix est environ deux fois et demie plus élevé, soit 16 à 20 centimes par kWh.
Un écart de prix de l'énergie de 2 à 4 fois supérieur à la normale ne se traduit plus seulement par une concurrence féroce pour les industries énergivores (chimie, sidérurgie, verre, papier, aluminium), mais par une condamnation à mort. BASF, le premier groupe chimique mondial, le démontre de façon criante. La fermeture de 11 usines sur son site principal de Ludwigshafen et l'investissement simultané de 10 milliards d'euros dans un nouveau site de production intégré à Zhanjiang (Chine) ne constituent pas une « expansion », mais une délocalisation.
Quand Jamie Dimon affirme que l'Europe a « fait fuir les investissements », c'est exactement ce qu'il veut dire. Les capitaux sont comme un cerf craintif : ils vont là où ils sont les bienvenus et où les conditions sont réunies. Aux États-Unis, la loi sur la réduction de l'inflation (IRA) attire les investisseurs grâce à des subventions massives et des coûts énergétiques faibles. En Chine, l'immensité du marché et la protection gouvernementale constituent les principaux atouts. En Europe, ce sont les prix élevés de l'énergie, la tarification du carbone sans mécanisme de protection mondial et l'incertitude quant à la planification qui attirent les investisseurs.
Nous ne sommes pas confrontés à une récession classique suivie d'une reprise. Nous assistons à une désindustrialisation structurelle. Les chaînes de valeur se désagrègent. Si l'industrie chimique de base s'effondre, les raffineries suivront, et finalement, l'industrie automobile, qui dépend de ces pôles de compétitivité locaux, sera elle aussi menacée. La perte de savoir-faire industriel qui s'opère actuellement est irréversible. Une usine chimique démantelée ne sera jamais reconstruite en Europe.
L’illusion des dividendes de la paix : l’impuissance géopolitique
Le déclin économique est directement lié à la perte de puissance militaire. L'affirmation de Dimon concernant la « réduction drastique » des forces armées est factuellement exacte et stratégiquement désastreuse. Après la Guerre froide, l'Europe a bénéficié des « dividendes de la paix ». Des économies ont été réalisées au sein de la Bundeswehr et d'autres armées afin de développer les systèmes de protection sociale et de masquer les déficits.
Pendant des décennies, l'Europe s'est reposée sur la protection américaine. Résultat : elle est aujourd'hui militairement à peine capable d'agir. Alors que les États-Unis investissent constamment plus de 3 % de leur PIB dans la défense (environ 900 milliards de dollars), les principales nations européennes ont stagné pendant des années avec un budget se situant entre 1 et 1,3 %. Seule la guerre en Ukraine a imposé un changement de cap, mais les disparités sont considérables.
Il ne s'agit pas seulement d'un problème de politique de sécurité, mais aussi d'un problème économique. La recherche militaire est le principal moteur de l'innovation technologique aux États-Unis. Internet (ARPANET), le GPS, l'écran tactile, la commande vocale (Siri est issue d'un projet de la DARPA) : toutes ces technologies fondamentales de l'ère numérique trouvent leur origine dans le complexe militaro-industriel américain.
L'Europe a démantelé cet écosystème d'innovation. Il n'existe pas d'équivalent européen de la DARPA, doté d'une influence comparable. Nous achetons souvent des systèmes d'armement américains (F-35) au lieu de développer notre propre souveraineté technologique. Cela draine l'argent du contribuable vers l'industrie américaine au lieu de favoriser la création de pôles de haute technologie nationaux. L'impuissance géopolitique engendre une dépendance économique. Ceux qui ne peuvent protéger leurs propres routes commerciales et dépendent de la protection américaine pour leurs infrastructures critiques sont désavantagés lors des négociations d'accords commerciaux.
L'hiver démographique : quand les États-providence deviennent inabordables
Dimon fait l'éloge des systèmes de sécurité sociale (« choses merveilleuses »), mais son éloge est biaisé. Il sous-entend que ces systèmes sont devenus un luxe que l'Europe ne peut plus se permettre car ses fondements économiques s'effondrent. Les chiffres lui donnent raison.
L'Europe est confrontée à un tsunami démographique qui fait paraître le ralentissement économique actuel comme une simple brise. Le ratio de dépendance des personnes âgées se détériore de façon dramatique. En Allemagne, dans les années 1990, on comptait environ quatre à cinq personnes en âge de travailler pour chaque retraité. D'ici 2050, ce ratio passera sous la barre des deux pour un. En Europe du Sud, la situation est encore plus alarmante dans certaines régions.
Cela signifie que de moins en moins de travailleurs doivent financer un nombre toujours croissant de retraités par leurs impôts et cotisations. Ceci conduit automatiquement à l'un des deux scénarios suivants :
- Explosion des coûts non salariaux liés au travail : le coût du travail en Europe est devenu si élevé qu’il ne permet plus de rester compétitif à l’échelle mondiale. L’Allemagne affiche déjà parmi les coûts de travail et les taux d’imposition les plus élevés au monde.
- Effondrement des prestations sociales : les pensions et les prestations de santé doivent être drastiquement réduites, ce qui constitue une menace sociale.
Les États-Unis vieillissent également, mais plus lentement, grâce à une immigration historiquement plus forte et à un taux de natalité légèrement supérieur. L'Europe, quant à elle, n'a pas réussi jusqu'à présent à gérer l'immigration principalement par des moyens économiques. Alors que des pays comme le Canada ou l'Australie sélectionnent les plus brillants (grâce à des systèmes de points), en Europe, l'immigration se concentre souvent sur les systèmes de protection sociale plutôt que sur le marché du travail de haute technologie.
Si le PIB cesse de croître (voir section 1), tandis que les coûts sociaux explosent en raison du vieillissement de la population (section 6), l’insolvabilité de l’État est mathématiquement inévitable. Le « contrat intergénérationnel » est rompu, non par la loi, mais par la réalité. Les entreprises qui anticipent cette situation n’investiront pas dans un pays dont la pression fiscale devra inévitablement augmenter pour combler le déficit des retraites.
Réforme ou insignifiance : la dernière fenêtre d'opportunité
Le constat est sombre, mais le fatalisme n'est pas une stratégie. Dans son récent rapport sur la compétitivité de l'Europe, Mario Draghi a judicieusement décrit la situation comme une « lente agonie » à moins d'un changement de cap radical. Cette prise de conscience commence à s'imposer, mais la mise en œuvre politique accuse un retard de plusieurs années.
Que faudrait-il pour que la prophétie de Dimon soit réfutée ?
- Complément du marché unique : notamment dans les services, les technologies numériques et les capitaux. Un droit européen des sociétés (28e régime) pourrait coexister avec le droit national afin de permettre aux fondateurs d’entreprises de se développer sans lourdeurs administratives.
- Déréglementation radicale : application rigoureuse du principe « une réglementation entrante, deux réglementations sortantes ». Moratoire sur les nouvelles obligations de déclaration pour les cinq prochaines années.
- Pragmatisme énergétique : l’idéologie doit céder le pas à la réalité. L’Europe a besoin de prix de l’énergie compétitifs, que ce soit par un développement massif du réseau, des importations d’hydrogène ou – dans les pays qui le souhaitent – par l’énergie nucléaire moderne. Enrayer la désindustrialisation prime sur les actions nationales unilatérales.
- Union des marchés de capitaux maintenant : l'égalité fiscale entre les capitaux propres et les capitaux d'emprunt ainsi que l'harmonisation des lois sur l'insolvabilité sont attendues depuis trop longtemps afin de mobiliser les capitaux privés européens.
- Européanisation de la défense : acquisitions conjointes, standardisation des systèmes d’armes (nous n’avons pas besoin de 17 types de chars différents en Europe, les États-Unis n’en ont qu’un) et création d’une véritable « DARPA » européenne pour les innovations de rupture.
Le temps presse. Le monde n'attend pas que l'Europe coordonne ses 27 États membres disposant du droit de veto. L'Asie prend de l'importance, les États-Unis creusent l'écart. Les critiques de Jamie Dimon peuvent paraître acerbes et arrogantes (« Les Américains nous disent la loi dans le monde »), mais au fond, c'est une déclaration d'amour à un continent qui gaspille son potentiel. Si les responsables politiques ne prennent pas conscience de ce potentiel, l'Europe deviendra ce qu'est Venise aujourd'hui : un lieu magnifique, riche en histoire et en culture, une destination prisée, mais où l'avenir ne se construit plus.
C'est un choix entre une transformation douloureuse et un déclin confortable. Pour l'instant, l'Europe choisit le confort. Mais elle en paiera bientôt le prix.
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