
De champion adulé à faillite : United Robotics Group – Pourquoi le champion de robotique le plus ambitieux d’Europe a échoué – Image : Xpert.Digital
La fin de Pepper et NAO ? Comment les espoirs de l'Allemagne en matière de robotique se sont effondrés et quel sera le sort de ces robots cultes ?
Investissements de plusieurs milliards de dollars et visions grandioses : que cache réellement la faillite surprenante du groupe United Robotics ?
C'était une vision aussi ambitieuse que les machines qu'elle ambitionnait de créer : l'United Robotics Group (URG) de Bochum se voulait la réponse européenne à la compétition mondiale, un véritable champion européen de la robotique. Grâce au soutien financier de la fondation RAG et à l'esprit d'entreprise de Thomas Hähn, URG a acquis des marques emblématiques telles que Rethink Robotics et les créateurs des célèbres robots humanoïdes Pepper et NAO. Mais le rêve d'un écosystème intégré de matériel, de logiciels et de services s'est brutalement interrompu.
En 2025, l'ambitieuse entreprise a déposé le bilan, plongeant le secteur dans la stupeur. Comment un projet doté d'un tel capital et d'une vision stratégique aussi ambitieuse a-t-il pu se heurter à la réalité ? L'histoire d'URG est un avertissement quant aux coûts de développement exorbitants, aux écueils d'une consolidation trop rapide et à la concurrence féroce qui règne sur le marché mondial des technologies. Pourtant, au milieu des ruines de ce rêve renaissant, un nouvel espoir se dessine : grâce à une réorientation radicale vers le secteur de la santé et à l'annonce d'un nouveau robot humanoïde baptisé uMe, l'entreprise tente un nouveau départ. Le cas d'United Robotics Group est donc bien plus qu'une simple chronique d'échec : il reflète les défis et l'avenir de la robotique européenne dans son ensemble.
En lien avec ceci :
- Triste fin pour une ère robotique : Aldebaran Robotics au bord de l’effondrement – Quel sera le sort des robots Nao et Pepper ?
Le groupe United Robotics : entre rêve et réalité – Qu'est-il arrivé au groupe United Robotics ?
United Robotics Group (URG) ambitionnait de devenir la réponse européenne à la compétition internationale de robotique. Mais en 2025, l'entreprise basée à Bochum a déposé le bilan. Ce qui avait commencé comme un projet visionnaire visant à devenir le « champion européen de la robotique » s'est soldé par des difficultés financières. Comment en est-on arrivé là, et quelles sont les conséquences pour l'avenir de l'industrie robotique européenne ?
Comment est née l'idée du Championnat d'Europe de robotique ?
L'idée d'United Robotics Group est née de la vision de Thomas Hähn, fondateur du groupe Hahn Automation, qui connaît un grand succès. Après près de trente ans dans le domaine de l'automatisation industrielle, Hähn a perçu le potentiel de la robotique de service comme marché en pleine croissance. L'inspiration lui est venue en 2016, lorsque le groupe Hahn a acquis Rethink Robotics, entreprise bostonienne spécialisée dans les cobots. Le cobot convivial, avec son écran distinctif, a inspiré à Hähn l'idée : « Un tel cobot convivial serait parfaitement adapté à la vie publique. ».
Qui était à l'origine du financement ?
Le moteur du United Robotics Group était la Fondation RAG d'Essen. Comptant parmi les plus importantes fondations d'Allemagne, créée suite à la transformation structurelle des régions minières, la Fondation RAG recherchait des investissements prometteurs. Par le biais de sa société holding RSBG SE, elle a investi une participation majoritaire dans le projet de devenir un champion européen de la robotique. Bernd Tönjes, président du conseil d'administration de la Fondation RAG, a soutenu le projet avec la conviction suivante : « C'est ici que se créent les solutions de demain. ».
Quelles étaient les sociétés membres du groupe United Robotics ?
Le groupe United Robotics Group (URG) est devenu un réseau complexe de huit entreprises de robotique employant plus de 300 personnes. Son noyau était Rethink Robotics, pionnière de la robotique collaborative basée à Boston, rachetée par le groupe Hahn en 2018 suite à sa faillite. En 2022, l'acquisition spectaculaire de SoftBank Robotics Europe, rebaptisée par la suite Aldebaran, est venue compléter le portefeuille. URG s'est ainsi assuré les droits sur les robots humanoïdes Pepper et NAO, mondialement reconnus. D'autres entreprises, telles que Humanizing Technologies, Robshare et divers spécialistes de la robotique de service, ont complété le groupe.
Quelle était la stratégie du champion de robotique ?
Thomas Hähn a mis en œuvre une stratégie de consolidation claire pour le secteur de la robotique, alors fragmenté. Au lieu de développer des robots individuels, URG visait à créer un écosystème complet – matériel, logiciel et services – auprès d'un fournisseur unique. L'approche « CobiotX » était conçue pour développer des robots qui ne remplaceraient pas les humains, mais les épauleraient. Cette stratégie couvrait différents domaines : la robotique industrielle avec les cobots Rethink, les robots humanoïdes avec Pepper et NAO, les robots de service pour les secteurs de la restauration et des soins, et l'automatisation des laboratoires.
Comment les différentes gammes de produits se sont-elles développées ?
Le développement de produits d'URG s'est étendu à plusieurs domaines. Le robot de service Plato, destiné à l'hôtellerie-restauration, a été conçu pour ce secteur et fut le premier robot de service développé et produit en Europe conformément à la directive européenne sur les machines. Dans le secteur des laboratoires, uLab Mobile s'est imposé comme une solution d'automatisation mobile. Ces robots pouvaient manipuler des échantillons, actionner des équipements de laboratoire et se déplacer de manière autonome dans les laboratoires. La gamme comprenait également des robots de nettoyage (uClean), des robots de transport (uLog) et d'autres solutions de service.
Qu’est-ce qui a conduit à l’insolvabilité du groupe United Robotics ?
Les raisons de l'insolvabilité d'URG étaient multiples. Des coûts de développement élevés, conjugués à un manque de rentabilité, ont pesé sur l'entreprise. Des plans ambitieux de croissance rapide et de consolidation de ses différentes divisions de robotique se sont avérés plus onéreux que prévu. Dès 2024, la Fondation RAG a cessé de financer Aldebaran, aggravant encore les difficultés de l'entreprise. La conjoncture difficile du marché allemand de la robotique, qui a enregistré une baisse de 10 % de son chiffre d'affaires en 2025, a encore accentué la situation.
Comment l'insolvabilité a-t-elle affecté les employés ?
La procédure d'insolvabilité autogérée visait initialement à préserver les quelque 200 emplois d'URG. Ce processus permettait à l'entreprise de gérer sa propre restructuration, tandis qu'un administrateur judiciaire veillait aux intérêts des créanciers. La situation était bien plus dramatique chez Aldebaran, la filiale française : des suppressions d'emplois massives étaient prévues, menaçant près de la moitié des effectifs. L'incertitude quant à l'avenir pesait lourdement sur les salariés.
Qu'est-il arrivé aux célèbres robots Pepper et NAO ?
Les robots humanoïdes Pepper et NAO ont connu une période tumultueuse. Après l'arrêt de la production de Pepper par SoftBank en 2021, URG a tenté de relancer le projet suite à l'acquisition d'Aldebaran. Cependant, le succès escompté ne s'est pas concrétisé. Mi-2025, Aldebaran a finalement été racheté par le groupe chinois Maxvision Technology Corporation, qui entend poursuivre la production des robots. Les nouveaux propriétaires prévoient de tirer parti de l'expertise française et de fabriquer les robots en Chine.
Notre expertise mondiale en matière d'industrie et d'économie est axée sur le développement commercial, les ventes et le marketing
Notre expertise mondiale en matière d'industrie et d'économie, de développement commercial, de ventes et de marketing - Image : Xpert.Digital
Domaines d'intervention prioritaires : B2B, numérisation (de l'IA à la XR), ingénierie mécanique, logistique, énergies renouvelables et industrie
Plus d'informations ici :
Un centre thématique offrant des informations et une expertise :
- Plateforme de connaissances couvrant les économies mondiales et régionales, l'innovation et les tendances spécifiques à l'industrie
- Un recueil d'analyses, d'idées et d'informations générales issues de nos principaux domaines d'intervention
- Un lieu d'expertise et d'information sur les développements actuels dans le monde des affaires et des technologies
- Un centre névralgique pour les entreprises en quête d'informations sur les marchés, la numérisation et les innovations industrielles
De l'automatisation des laboratoires aux assistants humanoïdes : le tournant risqué mais passionnant d'URG
Le groupe United Robotics connaît-il un nouveau départ ?
Un nouveau départ a été annoncé de manière inattendue. United Robotics Health & Food GmbH a acquis les brevets, les marques et les droits de contenu de toutes les gammes de produits et opère désormais sous le nom d'United Robotics Group (Holding). Kerstin Wagner, anciennement chez Siemens Healthineers, a rejoint l'entreprise en tant que co-PDG et directrice des opérations. L'accent est désormais mis sur le secteur de la santé, où le robot de laboratoire mobile uLab est déjà utilisé dans plus de 30 laboratoires.
Quel rôle joue le robot humanoïde uMe ?
Un élément clé de cette restructuration est le robot humanoïde uMe, dont la présentation est prévue au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas début 2026. Wassim Saeidi, le nouveau PDG, promet une « étape majeure pour l'ensemble du secteur de la robotique ». Fabriqué en Allemagne, l'uMe se distinguera de la concurrence par sa qualité et sa fiabilité supérieures. Contrairement à de nombreuses visions au sein du secteur, la nouvelle équipe d'URG entend démontrer que la robotique offre déjà des avantages concrets.
Comment le marché de la robotique a-t-il évolué en Allemagne ?
L'industrie robotique allemande traverse une période difficile. La fédération allemande de la robotique (VDMA Robotics) prévoit une baisse de 10 % de son chiffre d'affaires, à 14,5 milliards d'euros, en 2025. Le secteur automobile, traditionnellement le plus gros consommateur de robots industriels, a drastiquement réduit ses investissements. En 2024, seuls 7 000 robots ont été installés dans l'industrie automobile allemande, soit le chiffre le plus bas depuis 15 ans. L'incertitude liée aux droits de douane américains et le ralentissement de la demande de véhicules électriques ont encore accentué cette réticence à investir.
Quelles conséquences cela aura-t-il pour les autres entreprises de robotique en Allemagne ?
URG n'était pas la seule entreprise allemande de robotique en difficulté. EK Robotics, spécialiste des robots mobiles autonomes, a également déposé le bilan. Les défis sont similaires dans tout le secteur : coûts de développement élevés, réticence des clients à investir et forte concurrence internationale, notamment asiatique. Nombre d'entreprises allemandes de robotique s'interrogent sur la rentabilité de leurs investissements importants en recherche et développement.
Quelles leçons peut-on tirer de l'affaire URG ?
Le cas d'United Robotics Group illustre les difficultés rencontrées pour bâtir un champion européen de la robotique. Malgré un financement généreux de la Fondation RAG et une stratégie prometteuse, le projet a échoué en raison de la complexité du secteur. La consolidation rapide de différentes entreprises s'est avérée plus difficile que prévu. Parallèlement, ce cas souligne l'importance de développer rapidement des produits rentables, plutôt que de se concentrer uniquement sur les marchés futurs.
Comment l'Europe se situe-t-elle dans les comparaisons internationales en matière de robotique ?
L'Europe risque de prendre du retard dans le développement de la robotique. Tandis que les États-Unis, avec des entreprises comme Boston Dynamics, et la Chine, grâce à des investissements publics massifs, progressent à grands pas, l'Europe manque d'un champion incontesté en robotique humanoïde. Le paysage fragmenté des petites entreprises peine à rivaliser avec les ressources des géants technologiques américains ou des entreprises d'État chinoises. L'Allemagne, jadis pionnière en robotique industrielle, est critiquée pour sa « trop faible prise de risque ».
Quelles sont les perspectives d'avenir de la robotique de service ?
Malgré les difficultés, les experts entrevoient toujours un fort potentiel dans la robotique de service. Le marché des robots de service professionnels devrait connaître une croissance significative d'ici 2030. Les applications sont variées : robots de livraison, machines de nettoyage, robots d'assistance, etc. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée dans de nombreux secteurs, notamment celui de la santé, stimule la demande de solutions robotiques d'assistance. La question est de savoir si les entreprises européennes parviendront à développer des produits compétitifs dans les délais impartis.
Quel rôle joue le financement dans les projets de robotique ?
Le financement demeure l'un des principaux obstacles pour les entreprises européennes de robotique. Alors que les start-ups américaines bénéficient du capital-risque et les entreprises chinoises d'investissements publics, les entreprises européennes sont souvent dépendantes de quelques grands investisseurs. Le cas d'URG illustre la dangerosité de cette dépendance : lorsque la Fondation RAG a réduit son financement, l'ensemble du projet a été mis en péril. La diversification des sources de financement et la rentabilité rapide deviennent donc plus cruciales que jamais.
Y a-t-il un espoir de voir un champion européen de robotique ?
Le recentrage d'URG sur les applications de santé pourrait être porteur d'espoir. En privilégiant des applications concrètes comme l'automatisation des laboratoires plutôt que des robots humanoïdes visionnaires, l'entreprise adopte une approche plus pragmatique. Une collaboration étroite avec les fabricants d'équipements de laboratoire et des installations réussies dans plus de 30 laboratoires démontrent que des solutions spécialisées peuvent effectivement porter leurs fruits. Le robot humanoïde uMe, annoncé récemment, devra confirmer ou infirmer les leçons du passé.
Quelle importance revêt Bochum pour l'industrie de la robotique ?
Bochum est devenue un pôle robotique majeur de la Ruhr grâce à l'implantation d'URG et d'entreprises associées. Sa proximité avec l'Université de la Ruhr à Bochum, et notamment sa chaire des Systèmes de Production, a offert des conditions idéales pour la recherche et le développement. Même après la faillite d'URG, Bochum demeure un site important, la nouvelle holding URG y poursuivant ses activités. L'ancien site d'Opel, MARK 51°7, s'est transformé en pôle d'innovation et abrite aujourd'hui plusieurs entreprises technologiques.
Quelles leçons les autres pays européens peuvent-ils tirer du cas de l'URG ?
Le cas d'URG sert également d'avertissement aux autres pays européens qui souhaitent former leurs propres champions de la robotique. La France, forte de sa tradition en robotique humanoïde grâce à Aldebaran, l'Italie avec ses fabricants de systèmes d'automatisation, et les pays nordiques avec leurs entreprises technologiques sont confrontés à des défis similaires. La leçon à tirer de l'Allemagne est claire : il ne suffit pas de financer généreusement des entreprises individuelles. Le succès exige un écosystème durable de recherche, d'industrie et de politiques publiques.
Quel est l’impact de la concurrence internationale ?
La concurrence internationale en robotique s'intensifie rapidement. Les entreprises chinoises investissent les marchés européens avec des solutions abordables, tandis que les géants technologiques américains, grâce à leurs ressources considérables, établissent de nouvelles normes. Les fabricants allemands de robots doivent se demander s'ils peuvent survivre à cette concurrence mondiale ou s'ils doivent se concentrer sur des marchés de niche. L'expérience d'URG montre que même des financements importants ne garantissent pas le succès.
Du rêve à la réalité
L'histoire d'United Robotics Group est celle d'un rêve brisé : devenir champion européen de la robotique. Ce qui avait commencé comme un projet visionnaire visant à consolider un secteur de la robotique fragmenté s'est soldé par une faillite. Cependant, ce nouveau départ sous une nouvelle direction prouve que l'on peut tirer des leçons de ses erreurs. En se concentrant sur des applications spécifiques dans le domaine de la santé et sur des marchés de niche rentables, le nouveau URG pourrait bien connaître un succès plus retentissant. Ce cas, néanmoins, sert de mise en garde contre les ambitions démesurées et illustre la difficulté de réussir dans un secteur de la robotique aussi concurrentiel à l'échelle mondiale. L'Europe a toujours besoin d'un champion de la robotique, mais peut-être d'un champion qui privilégie l'innovation durable à la simple taille.
Nous sommes là pour vous - Conseil - Planification - Mise en œuvre - Gestion de projet
☑️ Accompagnement des PME en matière de stratégie, de conseil, de planification et de mise en œuvre
☑️ Création ou réalignement de la stratégie d'IA
☑️ Développement commercial pionnier
Je serais heureux de vous servir de conseiller personnel.
Vous pouvez me contacter en remplissant le formulaire de contact ci-dessous ou simplement m'appeler au +49 7348 4088 965 .
J'attends avec impatience notre projet commun.
Xpert.Digital - Konrad Wolfenstein
Xpert.Digital est un pôle industriel spécialisé dans la numérisation, le génie mécanique, la logistique/intralogistique et le photovoltaïque.
Grâce à notre solution de développement commercial à 360°, nous accompagnons des entreprises de renom, de la prospection à l'après-vente.
L'intelligence de marché, le marketing digital, l'automatisation du marketing, le développement de contenu, les relations publiques, les campagnes de publipostage, les médias sociaux personnalisés et la fidélisation des prospects font partie de nos outils numériques.
Vous trouverez plus d'informations sur : www.xpert.digital - www.xpert.solar - www.xpert.plus

