
Drone dans l'entrepôt : bientôt également pilotable via des lunettes de réalité virtuelle (Source : Shutterstock)
Déploiement d'assistants volants dans la logistique et la production
Que ce soit pour la surveillance et l'inspection des flux de marchandises et des installations ou pour les livraisons, les avantages de l'utilisation des drones à des fins industrielles et logistiques sont aujourd'hui largement reconnus. Cependant, la plupart des discussions se concentrent sur le transport terrestre de marchandises et accordent moins d'attention à leurs applications potentielles dans les entrepôts ou les sites de production. Pourtant, les drones sont tout aussi adaptés à une utilisation en intérieur. Simplement, le pilotage de l'appareil peut parfois s'avérer un peu plus complexe dans les espaces clos.
Grâce aux progrès technologiques rapides, des drones de toutes tailles sont disponibles pour une grande variété d'applications. Même les petits appareils possèdent désormais une capacité d'emport suffisante, malgré leurs dimensions compactes, pour transporter des objets ou être équipés de caméras haute résolution et de technologies de numérisation.
Grâce à leur agilité en vol, les drones peuvent opérer dans des espaces restreints, ce qui les rend parfaitement adaptés aux entrepôts et aux halls de production. Leur atout : alors que le sol d’un entrepôt ou d’un hall d’assemblage est généralement encombré, l’espace aérien au-dessus est largement dégagé. Il est donc logique de l’utiliser pour la livraison rapide de marchandises par drone vers la chaîne de montage ou le centre d’expédition.
Contrôle des drones
Il est généralement plus simple de programmer les itinéraires des drones pour leurs vols transcontinentaux, parfois longs, que de leur tracer des trajectoires dans les allées étroites des entrepôts ou des halls d'assemblage, où le terrain est plus complexe et le risque de collision considérablement plus élevé. DHL avec le Parcelcopter n'en sont qu'un exemple parmi d'autres. À l'avenir, les vols en extérieur seront principalement contrôlés automatiquement grâce à des logiciels performants. Ces logiciels attribuent aux drones les tâches et les itinéraires les plus efficaces et veillent à ce que ces petits transporteurs n'entrent pas en collision entre eux, avec d'autres objets, voire avec des personnes. Cependant, cette technologie présente encore des inconvénients, notamment en cas d'imprévus ou de tâches complexes. Or, ce sont précisément les conditions qui prévalent en milieu industriel. Lorsqu'il s'agit de transporter des pièces sensibles d'une valeur de plusieurs milliers d'euros, les entreprises privilégient la sécurité et confient le pilotage à un expert.
L'époque où l'on pilotait des drones avec une console de jeux traditionnelle touche à sa fin. Fini les manettes encombrantes : on peut désormais les piloter avec un smartphone ou une tablette. Les commandes s'activent par inclinaison, rotation et rotation de l'appareil mobile, puis sont transmises au drone via une application et une connexion Wi-Fi ou Bluetooth.
Vol en réalité virtuelle
En alternative au pilotage par smartphone ou tablette, les drones peuvent également être pilotés à l'aide de lunettes de réalité virtuelle. Les commandes sont similaires à celles des appareils mobiles : si le pilote se penche dans une direction, le drone vole dans la même direction ; si sa tête est inclinée vers l'avant ou vers l'arrière, le drone suit le mouvement. Si le pilote tourne, le drone tourne en conséquence.
Comparativement aux smartphones et appareils similaires, les casques de réalité virtuelle offrent une expérience de vol plus immersive , le pilote contrôlant le drone en vue subjective. Au lieu d'un monde virtuel, le casque capte le signal d'une caméra fixée à l'avant du drone et retransmet le flux vidéo en direct. Le pilote bénéficie ainsi d'une expérience de vol extrêmement réaliste, comme s'il était assis dans le cockpit. Cette vue d'ensemble réaliste lui permet de piloter le drone avec une précision exceptionnelle et de réagir rapidement aux imprévus. Cette dernière capacité, notamment, n'est pas toujours possible avec les modèles pilotés par logiciel, malgré les progrès technologiques et l'évolution rapide du secteur.
Pour les tâches complexes, des solutions hybrides sont également envisageables : le drone se rend automatiquement à destination, puis le pilote prend le relais. Dans ce cas, l’intervention manuelle se limite aux tâches essentielles, ce qui permet de gagner du temps et de garantir que les tâches complexes soient réalisées par un expert, tandis que les vols de routine sont gérés par le logiciel. L’un des objectifs sera d’améliorer encore la coordination des drones entre eux et avec leurs partenaires humains afin d’obtenir des résultats encore plus performants.
Utilisation des drones dans la production et l'entreposage
Les drones sont adaptés à diverses tâches au sein des bâtiments, comme la gestion des stocks. Habituellement, les niveaux de stock sont vérifiés et comptés manuellement par les employés. Cependant, pour minimiser les interruptions de service, cette tâche doit être effectuée en parallèle des opérations quotidiennes. Souvent, cela n'est possible qu'en effectuant des heures supplémentaires en dehors des heures normales de travail, ce qui entraîne une baisse de productivité due aux coûts des heures supplémentaires et au risque d'erreurs accrues liées à la fatigue du personnel. C'est en partie pour ces raisons que le géant américain de la distribution Walmart effectue déjà des inventaires par drones.
Les drones peuvent automatiser le processus d'inventaire, permettant de le réaliser la nuit ou le week-end. Lors de leurs vols, ces appareils utilisent des caméras et des scanners pour recenser les stocks existants, effectuant simultanément un contrôle d'inventaire et transmettant les résultats directement au système de gestion des stocks. Un système spécifiquement conçu pour la réalisation d'inventaires a été développé par Linde Material Handling en collaboration avec l'expert français en automatisation Balyo . Ce système, baptisé « Flybox », vise à simplifier considérablement les processus d'inventaire, permettant ainsi aux entreprises de réaliser des économies de temps et d'argent considérables. Le drone, d'une cinquantaine de centimètres de diamètre et équipé d'une caméra et d'un lecteur de codes-barres, peut fonctionner de manière entièrement autonome, permettant ainsi de réaliser des inventaires en dehors des heures ouvrables.
Les drones sont également parfaitement adaptés au soutien des processus de production, notamment pour le transport de pièces détachées au sein d'une usine. La rapidité est essentielle pour minimiser les temps d'arrêt machine et les pertes de production. Le transport rapide et efficace de pièces détachées par drone dans les grandes installations industrielles contribue à relever ce défi. Là où les opérateurs ou les AGV peuvent rapidement perdre le fil des opérations ou subir de longs temps de trajet, ces systèmes de transport intelligents se dirigent directement vers les pièces recherchées et les livrent à destination dans les meilleurs délais.
Le constructeur automobile Audi teste des drones dans son usine d'Ingolstadt. La possibilité d'un transport automatisé de pièces par drones vers les chaînes de montage y est évaluée en parallèle des opérations courantes. Cette approche repose sur la rapidité de livraison par voie aérienne directe, comparée au transport terrestre. Si ces tests s'avèrent concluants, l'adoption généralisée des drones dans l'industrie pourrait être grandement facilitée.

